• Un ECOSSAIS à la COUR DE PUYI....au coeur de la CITE INTERDITE..

      

     

     

    La Cité Interdite a longtemps été l’objet de nombreux fantasmes de la part des Occidentaux, qui, intrigués par les évènements qui se déroulaient au-delà de la Porte du Midi, ont entretenu les rumeurs les plus folles.

    Lorsqu’en 1919, Reginald F. Johnston est nommé précepteur du jeune empereur Puyi ; nonobstant le fait qu’il soit le premier « étranger » à obtenir ce poste ; il entame le récit de son séjour dans la Cité Interdite : Au coeur de la Cité Interdite, publié en 1934. Cet ouvrage, unique en son genre, dévoile au grand jour le fonctionnement d’une cour d’un autre temps, soumise aux rites centenaires qui la rythment, mais aussi une cour qui subit de plein fouet les mutations de son temps.

     

     

    Le 12 Février 1912, Puyi abdique pour la première fois (il abdiquera une seconde fois en 1917 après une restauration de 10 jours), laissant place à la République de Chine. Cette dernière, soucieuse de ne pas s’aliéner une frange de la population toujours favorable aux Qing, propose à l’Empereur les « Articles veillant au traitement favorable de l’Empereur après son abdication » : Puyi conserve son titre d’Empereur (mais ne gouverne plus), il a le droit de rester dans la Cité Interdite (seulement dans la cour intérieure), une rente lui est versée par l’état. De fait, la vie dans la cité ne change pas : Puyi, entouré d’eunuques et de servants, est à la fois prisonnier du cérémonial, mais aussi des murs de la Cité Interdite.

     

    Durant cette période, les précepteurs et les eunuques chargés de son éducation vont lui raconter les légendes chinoises et mandchoues, qui font de lui le fils du Dragon, élu des dieux et propriétaire du Mandat Céleste lui donnant le droit de régner sur l’Empire du Milieu. Cependant, après un certain temps, la Cour juge nécessaire que l’Empereur soit initié aux choses du monde, et notamment l’anglais. C’est pourquoi elle signe un accord avec les représentants du gouvernement britannique en Chine pour que ces derniers envoient à la Cour un lettré, qui sera chargé de l’enseignement de la langue et de la culture anglaise auprès de l’Empereur. Mais celui qui devait à l’origine n’être qu’un simple professeur de langues va vite s’imposer comme le tuteur et le conseiller de Puyi.

    Avant d’arriver en Chine, Réginald Johnston a étudié à l’université d’Édimbourg et d’Oxford. En 1898, il est envoyé à Hong-Kong travailler dans les services coloniaux, puis à Weihaiwei. C’est durant ce long séjour en Chine qu’il apprend le mandarin (qu’il parle couramment), et qu’il commence à s’intéresser à l’histoire de la Chine et à sa poésie. Il est donc un candidat tout désigné pour être envoyé auprès de Pékin par les plénipotentiaires britanniques.


    Son ouvrage commence avant son arrivé à la Cité Interdite, où il relate ses connaissances de la maison impériale mandchoue et la rencontre qu’il a vécu avec le père de Puyi avant son intronisation comme précepteur. Il le continuera même après la fin de sa mission, en 1924, donnant son point de vue sur la situation de la Chine des années 20-30.

    On découvre dans cet ouvrage un certain sentiment d’émerveillement de la part de Réginald Johnston, qui, on le voit au fil de la lecture, s’attache à la Cour Impériale, et notamment à la personne de l’empereur. On peut aussi voir l’influence bénéfique qu’il a sur le dernier des Qing : il réussit à le convaincre d’abandonner certaines traditions sur-années (comme le port de la natte), le détache de l’influence malsaine des nombreux eunuques de la cour (notamment après l’incendie du Palais de la Prospérité Réciproque, attribué aux eunuques qui ont ainsi voulu détruire les preuves des vols qu’ils commettaient), il l’initie à la politique internationale et à l’histoire du monde. Sous son influence, Puyi choisira même le nom de règne de Henry, comme les rois britanniques le faisaient à une époque.

     

     

    Le récit de Réginald Johnston est d’autant plus précieux qu’il nous montre, avec un regard extérieur, le fonctionnement de la Cour Impériale, qui n’a pas changé depuis des centaines d’années, ni même avec l’abdication de l’Empereur. On y voit alors que la Cour est cloisonnée, voir emmurée dans ses traditions, qui lui interdissent toute réaction spontanée, et qui explique comment la dynastie Mandchoue a pu se laisser déborder par les évènements qui ont conduit à sa chute.

    En 1924, Puyi est forcé de quitter la Cité Interdite et de se réfugier dans le palais de son père. C’est là que s’arrête la mission de Réginald Johnson, qui continuera à entretenir une grande amitié avec l’Empereur. Il le verra une dernière fois en 1930, avant son retour en Angleterre. Grand admirateur de la Chine, l’écossais plantera lui-même et aménagera un jardin chinois sur son domaine, où flotte jusqu’à sa mort le drapeau au dragon de la dynastie Qing.

    Pour ceux qui comme moi s’intéressent donc à cette époque troublée de la Chine et notamment à Puyi, je conseille fortement le livre de R.Johnston (disponible sur Amazon), ainsi que le film de Bernardo Bertolucci : Le Dernier Empereur, sorti en 1987, avec un magistral Peter O’Toole dans le rôle de Réginald Johnston.

     

    SOURCES et LIEN -

    http://www.chine-chinois.com/medias-chine/lire-la-chine/au-coeur-de-la-cite-interdite-un-ecossais-a-la-cour-de-puyi

      

      

      

     

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