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    Su Tong(1963) est un brillant écrivain chinois.

    Il a aussi écrit Visages fardés et Riz.

    Le livre « Epouses et concubines » est sorti en France en 1992, un an après le film de Zhang Yimou.

    L’action du livre, comme celle du film se déroule dans les années 20.

    Songlian est une jeune étudiante dont le destin a basculé le jour où son père, riche planteur de thé, meurt tragiquement. Sa belle-mère lui propose alors de travailler ou de devenir la 4ème épouse d’un riche seigneur.

      

      

    Pourtant rebelle, vive, et pleine d’espoir, Songlian choisit de se marier.

      

      

    Elle découvre rapidement, l’univers impitoyable du gynécée et de la guerre que se livrent les différentes concubines pour attirer leur seigneur et maitre dans leur lit.

    Chaque soir, les concubines se postent devant leur porte et attendent l’arrivée du majordome qui fait déposer une lanterne devant l’élue.

    Aussitôt les porteurs de lanternes se précipitent pour éclairer toute la cour et la maison de la concubine.

     

     

     

     

    Songlian, qui ne supporte pas le poids des règles qui régissent la maison, se sent de plus en plus prisonnière de cette tradition ancestrale qui brise peu à peu sa fragile vie.

    Les apparences ne sont pas toujours ce qu’elles sont, elle découvre le plan qui se trame contre elle et dirigé par la seconde concubine qu’elle croyait dévouée à sa cause.

     

     

    Utilisant, les mêmes armes qu’elle, Songlian se bat pour se maintenir à sa place et devient aussi cruelle et sans âme qu’elle perdra d’ailleurs définitivement quand la troisième épouse, infidèle, est tuée par le maitre à cause de ses confidences.

    L’univers de ces femmes est rempli d’intrigues, de violences et de codes.

    Ces lanternes qu’on allume et qu’on éteint selon les bonnes volontés du maitre des lieux est le signe de sa toute puissance.

      

      

      

    En fait, le seigneur a droit de vie et de mort sur ses gens, et les lumières représentent les vies qu’on allume ou qu’on éteint quand elles ne servent plus.

     

    Un endroit, sur les remparts de la maison, appelé la « chambre des morts » rappelle aux concubines, qu’elles ne sont pas maitresses de leur propre vie.

     

     

      

      

      

    Les codes, lois et règles abordés dans le film :

     

    La troisième épouse, jalouse de l’arrivée de Songlian perturbe la nuit de noce et les nuits suivantes en feignant d’être malade. Le seigneur, las de ce jeu, mettra un terme à cette mascarade. Dés le lendemain, la troisième épouse se déclarant libre, endosse alors une robe rouge et chante des airs d’opéra.

     

     

    Le rituel des lanternes est interrompu lorsqu’une nouvelle épousée arrive dans la maison. En effet, le maitre passe 7 nuits (à vérifier) avec elle. Durant ces jours et ces nuits, les lanternes de sa maison sont constamment éclairées.

    Au matin du 8ème jour, les lanternes sont retirées.

     

      

      

    Le soir, le majordome vient chercher Songlian et lui demande d’attendre devant le portail de sa cour. Il annonce alors le choix de son maitre. Un serviteur dépose une lanterne devant l’épouse élue, et aussitôt une cohorte de serviteur arrive en courant pour éclairer la maison.

     

     

    Toutes les épouses doivent manger ensemble. Celle qui a été choisie la nuit précédente, choisit le repas. Parfois le maître se joint à elles. C’est aussi l’occasion pour elles, de régler certains différents, voir de les envenimer.

      

      

    La première épouse, joue dans ce cas le rôle de médiatrice.

      

      

    Cependant, cette première concubine, n’étant plus choisie pour les nuit, n’est plus aussi importante et la lente dégradation des relations entre elle et ses serviteurs, est la pour nous le rappeler. L’importance des concubines se calcule aux nuits qu’elles passent avec le maître et c’est ce qui règlemente aussi les rapports avec les serviteurs.

     

     

    Lorsque qu’une épouse est en disgrâce, on couvre les lanternes d’une toile noire, chose qui arrivera à Songlian quand le maître découvrira qu’elle a feint d’être enceinte. Elle ne sera plus jamais choisie après cet événement mais sera obligée d’assister au cérémonial nocturne.

      

      

      

    Les intrigues :

      

      

    Dés son arrivée, Songlian comprend que le monde qu’elle vient de quitter est loin derrière elle. La seconde épouse l’accueille avec joie et effusion. Elle comprendra plus tard que cette femme est cruelle et joue un jeu trouble et cruel dans le seul but d’être celle qui sera choisie par le maitre.

      

      

    La servante de Songlian, qui jusqu’à son arrivée dans la maison, « divertissait »le maître, espérait devenir la quatrième épouse.

      

      

      

    Elle éclaire sa chambre avec des lanternes usées et fabrique une poupée au nom de sa maitresse. Elle sera sévèrement punie par Songlian, punition qui la mènera à la mort. Les autres femmes lui reprochent de n’avoir pas su se maîtriser.

      

      

      

    La violence :

     

    La violence dans ce film n’est pas celle que l’ont peut voir dans les tournages actuels. Il n’y a ni coup de poing, ni arme à feu, ni chute libre, ni torture mais la violence est la.

     

    Elle est présente dés le début de l’histoire. D’abord avec le choix qu’on impose à Songlian, puis dans ses rapports avec sa servante et avec les autres concubines et enfin avec son mari……sans oublier la violence des lois qui régissaient la vie dans le gynécée !!

     

      

      

    Voila, je ne suis pas un très bonne critique de film, mais je voulais parler de celui-ci. Si vous écrivez sur le net « Epouses et concubines »

      

    vous trouverez des remarques bien mieux construites que les miennes……….

      

    Bonne lecture à tous et surtout regardez ce film !

     

     

     

     http://www.carnetdevoyagedejosephine.com/pages/

    cinema-theatre-livres-b-d/epouses-et-concubines.html

     

     

     

    Epouses et concubines

     



      

    Avant Hero (2002) ou Le secret des poignards volants (2004), Zhang Yimou fit sensation dès ses débuts avec Épouses et Concubines qui lui permit de remporter un Lion d’argent à La Mostra de Venise en 1991. Aujourd’hui, le film est réédité en DVD remasterisé et disponible pour la première fois en qualité Blu-Ray, de quoi vouloir remonter les aiguilles du temps et se faire une idée neuve de ce qu’on pourrait communément appeler :

      

    un chef d’œuvre !

      

    Par Dorian Sa. 

     

    « Que sommes-nous ici ? Des chiens, des chats, des rats ?

    Pas des humains, certainement pas. »

    Songlian à sa meilleure ennemie Meishan.

    Le récit se situe dans la Chine des années 1930, à huit-clos dans le faste d’un Palais traditionnel où co-habitent les femmes et les servantes d’un riche propriétaire : Maître Chen Zuoqian.

     

     

    Songlian (Gong LiAdieu ma concubine (aussi édité dans une magnifique édition Blu-Ray que l’on critiquait ici – ndlr), 2046…), est une somptueuse paysanne de 19 ans, instruite mais sans fortune, qui vient d’enterrer son père et se voit contrainte d’épouser Zuoqian pour éviter la misère.

      

    Pauvre, elle ne peut prétendre qu’au rang de 4ème épouse, un statut en-dessous de ses ambitions auquel elle essayera de s’accommoder sans jamais y parvenir.

     

     

     

    Développée sur quatre saisons, la vie communautaire de la Résidence initie l’héroïne aux coutumes ancestrales qui lui imposent de courber l’échine pour préserver l’équilibre des rapports avec ses co-locataires.

    Alors recluse comme ses consœurs dans un appartement individuel, elle doit satisfaire aux exigences de Zuoqian, figure machiste omnipotente à qui il est très dangereux de désobéir. Tenue à sa disposition, elle attend patiemment qu’il décide avec laquelle de ses subordonnées il assouvira ses pulsions nocturnes.

     

     

      

      

    Fondre dans un bain, se faire masser les pieds et se parer des plus jolis atours sont les rituels qui font de l’élue d’un soir une Reine pour la nuit. De la sorte, toutes les faveurs pourraient bien lui être accordées si celle-ci sait s’offrir totalement à son Maître. Ainsi, la plus populaire des mariées dirigera la maison à sa guise tant que ses charmes le lui permettront.

     

     

    Tandis que les lanternes rouges de la chambre choisie se consument, les concubines délaissées essuient leur jalousie en préparant les mesquineries vengeresses du lendemain. Pourtant, plus elles se haïssent plus leur Maître les garde sous contrôle. Réduites à de vulgaires objets de désir, il ne leur reste plus qu’à se disputer le cœur de Zuoqian pour se sentir exister.

     

     

      

      

    Probablement en avance sur son monde, Songlian subit chaque rite comme une cruelle atteinte à son intégrité. Jetée dans l’arène, où tout du moins, dans le harem, elle participe forcée aux plus viles manipulations, afin de contrer les attaques de ses compétitrices. Mais là où son arrogante jeunesse crée l’animosité de son entourage, elle révèle tantôt son manque d’expérience, tantôt son besoin d’attention.

      

    Des faiblesses qui ne manquent pas de profiter à ses plus ingrates rivales (la méchante Meishan – troisième épouse ex-favorite), et Yan’er (soubrette privilégiée et maîtresse de Zuoqian, qui briguait le poste de Songlian avant qu’il ne lui passe sous le nez.

     

     

      

      

    Prise entre deux combats, Songlian livre une guerre des générations contre ses émules tout en engageant un mano a mano avec Zuoqian, fervent défenseur d’une polygamie hédoniste sans gêne ni morale. Ce faisant, elle dénonce une société rétrograde qui ne se soucie guère de l’égalité des sexes. Mais quelque soit la légitimité de sa rébellion, le cloisonnement séculaire est tel que ses idéaux se heurtent à une grande muraille conservatrice. Progressivement épuisée par ses opposants, Songlian mesurera trop tard le pouvoir de ses tortionnaires…

     

     

      

      

    Issu d’un roman de Su Tong, Épouses et concubines est un magnifique témoignage historique filmé à la manière d’un conte incisif.

      

      

    Comme dans Le Sorgho rouge, Zhang Yimou analyse les inégalités sociales et les pratiques inadmissibles de la vieille Chine sans pour autant user du discours solennel de la revendication. En outre, il pose un regard tendre sur les princesses de ce siècle et leur rend hommage à sa façon avec beaucoup de subtilité. Allant crescendo de l’intime à l’universel, il signe sans complaisance une mise en scène sobre et savamment orchestrée.

     

    Alors que l’action se déroule dans une prison dorée, l’auteur se gare intelligemment d’y enfermer le spectateur en variant au maximum ses prises de vues ou en peaufinant ses cadrages. Un décor simple, de beaux costumes et des airs d’Opéra sont les seuls accessoires soulignant le ressenti des actrices. Au centre de ce casting parfait, Gong Li irradie l’écran par son talent et sa grâce. Elle mène une partie d’échec à la fois tragique et jubilatoire, assurément l’un de ses meilleurs rôles et dans l’absolu, un incroyable cadeau pour les fans de septième art…

     

     

    Les bonus DVD :

    - Évolution d’un cinéaste

    Hubert Niogret, (rédacteur pour Positif, écrivain et spécialiste du cinéma asiatique) évoque Zhang Yimou dans le contexte des grands réalisateurs Chinois. Cela nous permet d’apprendre qui étaient ces frères d’armes, les obstacles qu’ils ont rencontrés ou ce qu’ils ont légué à leurs successeurs…

    Clair et exhaustif, ce documentaire répond aux questions essentielles qu’on se posera sur « la 5ème génération ». Il ravira autant les passionnés que les novices curieux.

    - Gong Li

    Damien Pacciellieri (Directeur des Éditions Écrans) brosse le portrait de la singulière et courageuse Gong Li qui inspira les actrices Chinoises de 1987 à nos jours. Reliant et sa filmographie et sa biographique, il commente ses liens avec Zhang Yimou (son ex-mari) et leur collaboration professionnelle…

    Cette interview dévoile la vie d’une muse par le prisme de la censure chinoise des 40 dernières années. Captivant !

    - Galerie photo

    Un album à mon avis un peu léger, mais dont les quelques clichés constituent une mine d’or pour les collectionneurs de pépites…

    Dorian Sa

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     





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