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    Sidney D. Gamble


    Sidney D. Gamble (1890-1968), un photographe amateur passionné, a commencé à prendre des photos en Chine lors de son premier voyage dans le pays avec sa famille en 1908. Il returnedthree plusieurs fois entre 1917 et 1932 et a continué à photographier la vie quotidienne des citoyens chinois .

     

    Un sociologue et spécialiste de la Chine célèbre, il a voyagé dans tout le pays pour recueillir des données pour les enquêtes socio-économiques et de photographier la vie urbaine et rurale, des événements publics, l'architecture, la statuaire religieuse, et la campagne.

    Gamble utilisé quelques-unes des photographies de sa vaste collection dans ses publications savantes et à des conférences de diapositives, mais la majorité des images ont été jamais publié ou exposé au cours de sa vie.

     

     

    Sidney D. Gamble

    La collection Photographies de numérique Sidney D. Gamble marque la première présentation publique complète de ce grand corps de travail qui comprend des photographies de Corée, Japon, Hawaii, San Francisco, et la Russie.

     

    Photos Anciennes:  La Chine 1917-1919 par le photographe Sidney David Gamble

    Crowd – watching picture being taken. China, Beijing, 1917-1919.

    (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Mr. Chia. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Child Collecting Fuel & Scared. China, Tianjin, 1917-1919.

    (Photo by Sidney David Gamble)



    A sa mort, il a laissé sa veuve, l'ex-Elizabeth Lowe, quatre enfants, Catherine, Louise, David et Anne, et dix petits-enfants. Sa fille, Catherine G. Curran, en 1986, a créé la Fondation Sidney D. Gamble, et les Sidney D. Gamble cours sont donnés chaque année à Pasadena, Californie 



    Man Riding Barrow. China, Guan Xian (Sichuan Sheng), 1917-1919.

    (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Selling Old Iron. China, Chengdu, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



    Gamble a visité en 1908 accompagnant ses parents, puis après avoir été diplômé de Princeton en 1912, a étudié le travail et l'économie industrielle à l'Université de Californie, Berkeley, passé six mois sur une bourse de travail dans une école de réforme pour les garçons délinquants.

     

    A cette époque, il a construit la maison qui est devenue connu sous le nom de Sidney D. Gamble House. 



    Lumber Carrier. China, Guan Xian (Sichuan Sheng), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)


    En 1917, il rejoint le travail de Princeton en Pékin et de Pékin YMCA où son ami

    Princeton John Stewart Burgess l'a invité à faire les enquêtes qui ont abouti à Pékin:

     

    Une enquête sociale, qui comprenait plus de cinquante photographies.

     

    En 1919, Gamble était sur place pour capturer des photos spectaculaires des mai quatrième manifestations étudiantes.

     

    La devise de la Quatrième Mouvement mai,

    «Pour sauver la Chine grâce à la science et de la démocratie», et l'idéal missionnaire de "Sauver la Chine à travers le christianisme" pendant un certain temps semblaient être unis. [4] Quand il est revenu avec son épouse, Elizabeth Lowe, en Chine en 1924, il a utilisé ses ressources familiales d'embaucher une équipe de chercheurs chinois pour étudier 283 familles. Le livre a été publié en 1933 Comment les familles chinoises Live in Peiping (comme Pékin appelait alors). En 1926, Gamble a voyagé pendant trois semaines dans l'Union soviétique avec Sherwood Eddy, un mentor de longue date.
     



    Funeral Feast. China, An Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Carrying Tea. China, Qushan, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Hillcoat Riding Fu Tu. China, An Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Sidney Gamble Chair & Corona. China, Chengdu, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Talley Keeper. China, Shanghai, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Old Gun. China, Mao Zhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Mr. & Mrs. Kao (Gao) in Tibetan. China, Zagunao, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Fur collar. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Brush Carrier (Bad). China, An Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Beggar Boy. China, Tai Mountains, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Boy Scouts House. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Harrowing. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    13,500 Cash to Shu Fu Tsang. China, Shu Fu Tsang (Sichuan Sheng), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Barbers on Bund. China, Yichang Shi, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Policeman in boat during a flood. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Two Grandmas, Salvation Army. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Children Carrying Firewood. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Soldiers. China, Guangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



    Alors que la Chine est devenue de plus en plus enflammée par l'agitation patriotique et chef de guerre des combats, il a trouvé l'espoir dans l'expérience Ting Hsien dans la reconstruction rurale menée par le Mouvement d'éducation de masse de James Yen.

     

    En 1931-1932 Gamble a voyagé en Chine pour la quatrième et dernière fois pour organiser les enquêtes dont il se servait pour trois volumes détaillés, Ting Hsien:

     

    Une Chine Communauté rurale du Nord (1954) et la Chine du Nord Villages (1963). Chinese Village Plays, publié en 1970, après sa mort, donner des traductions fondées sur des transcriptions uniques du village perdu yang ko joue, qui diffèrent des danses plus tard.

     

    Jonathan Spence conclut de Gamble que ses «conclusions étaient ouverts d'esprit, lucide, méthodologiquement intelligente (mais pas toujours au-delà de la critique par des chercheurs de différents points de vue), étonnamment imaginatives, et - lorsqu'il est présenté sous forme photographique - vigoureux, exubérants, unsentimental , et nettement, mais jamais cruellement, illustrative de la souffrance profonde et réelle qui se trouvait au cœur de la longue révolution de la Chine 



    Page & Children. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Pusiang Children at Table. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    $5,000 (Five thousand dollar) Check. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Victory Celebration, November 13, Diplomats etc. Baron Hayashi. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Man on Wheelbarrow. China, Kaifeng Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Prison, Making Matches. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



    Beggars, Beihai Park. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)

     

    Beggars, Beihai Park. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Student Arrest Soldiers on Guard. China, Beijing, June 4 1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Hangyang Iron Works. China, Hankou (Wuhan), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Stove. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Dr. Metcalf & Patients. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Needle Pagoda. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Child with Life Preserver. China, Guangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Woman & Baby. China, Tongliang Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Suspension Bridge. China, Mao Zhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Water Chestnuts. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Man on Rope Bridge. China, Zagunao, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Tsinghua Crowd & Poteat family. China, Kaifeng Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Wood Market and Canal. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Sui An Po – Mud. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Funeral Set, Paper Horse & Carriage. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    New Year's worship, Woman lighting Incense. China, Baoding Fu, February 1, 1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Honey Wagon. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Machine Shop. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Chi Hua Men Chapel & Reception Committee. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Buddhist Orphanage Reform School, Lithographing. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    November 29 student demonstration, Tiananmen Square. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    YMCA (Young Men's Christian Association) Building. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Sui An Po children, one picking nose. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Anti-Opium Inspectors. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Winnowing. China, Beidaihe, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    City God, Attendant & Boys. China, An Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Boys Fishing. China, Xindu Xian, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Making Sandals Sun Yien Dien. China, Sanyuan Zhen (Santai Xiang, Sichuan Sheng), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Grub Boxes. China, Chengdu, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Sawing Coffin Tops. China, Tongchuan (Sichuan Sheng), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Escort. China, Zhaozhen (Sichuan Sheng), 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Money Changer. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Nut Boys. China, Tanzhesi, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Charley. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Ferryman. China, Chongqing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Funeral Paper Servants. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Women Mr. Lie Camp. China, Tianjin, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Boat on Mud Slide. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Weaving Belts. China, Hangzhou, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Thanksgiving Day Review, President's Party at Hall of Supreme Harmony. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Thanksgiving Day Review, President Making Speech Telar. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Road to Temple Beggars. China, Baoding Fu, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Rickshas, Bicycle. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Tsinghua Scouts Cooking. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Opium burning, Group Behind Tables. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Old Man and children. China, Beidaihe, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    American Board District, Blind Beggar. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Mule Litter. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble)



     



    Wedding Carriages. China, Beijing, 1917-1919. (Photo by Sidney David Gamble) 


  • muraille de chine pékin

    Le Projet fou d’une Grande Muraille sous la dynastie Qin

     

     

    La dynastie des Qin fut la première dynastie chinoise.

    Son empereur, Shi Huangdi, unifiat les différents royaumes indépendant pour créer la Chine.

    Chaque royaume avait construit des pans de muraille pour se protéger des invasions barbares.

     

    L’empereur entrepris l’immense projet de relier tous les tronçons pour créer une immense fortification.

     

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    La Grande Muraille de Chine

     

     

    La Grande Muraille de Chine, classée au patrimoine de l'Unesco depuis 1987, fait partie des sept merveilles du monde. Elle reste incontestablement l'une des plus belles et des plus impressionnantes constructions sur notre planète. Tel un gigantesque dragon, la Grande Muraille domine déserts, vallées, montagnes et plateaux.

     

    Elle s'étend sur presque 9000 kilomètres, d'est en ouest.

     

    Construite il y a environ 2000 ans, certaines parties sont aujourd'hui en ruines ou ont carrément disparu mais la Grande Muraille de Chine continue néanmoins d'attirer chaque année des millions de touristes venus des quatre coins du globe grâce à sa grandeur architecturale et aux légendes qui l'entourent.

    Servant dans un premier temps de fortifications aux états de Yan, Zhao et Qin, la Grande Muraille a subi plusieurs extensions et réparations au fil des années.

     

    Dans un premier temps, les murs n'étaient pas rattachés.

     

    C'est l'Empereur Qin Shihuang qui a fait relier les différentes parties afin de repousser les Huns. Il n'y a cependant que très peu d'informations sur sa construction.

    On imagine que des matériaux régionaux ont été utilisés.

     

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    Parmi les ouvriers, on retrouve des soldats, des prisonniers et des autochtones.

    Encore aujourd'hui, la Grande Muraille de Chine joue un rôle important dans la culture du pays.

    Pour visiter la Grande Muraille de Chine, nous vous recommandons de passer par Pékin. Il y a trois sites qui se démarquent peut-être plus que les autres : Badaling, Mutianyu et Simatai. Ce sont les sites les plus fréquentés car les plus accessibles. Badaling est l'une des parties les mieux préservées de la Muraille, mais aussi la plus touristique. Elle se trouve à 70 kilomètres de Pékin et suit un chemin tortueux dans les montagnes, à 1000 mètres d'altitude. Les paysages, splendides, sont on ne peut plus verdoyants.

    Egalement très bien conservé, Mutianyu est un site remarqué pour ses 22 tours de garde, aussi appelés miradors.

     

    Cette section a été construite en granit et mesure 7 mètres de haut.

     

     

    La Grande Muraille de Chine

    On trouve de nombreux ruisseaux et forêts aux alentours. Le cadre est là encore très naturel et la nature luxuriante. Mutianyu, comme Badaling, se trouve à 70 kilomètres de Pékin.

    La Grande Muraille de Chine

     

     

    Elle a longtemps été intégrée à la mythologie et au symbolisme chinois.

     

    La légende la plus connue est sans doute celle de Meng Jiangnu qui aurait fait s'effondrer une partie du mur tant ses larmes de chagrin suite à la mort son époux lors de la construction étaient puissantes.

     

    Simatai est sans doute plus difficile d'accès mais moins envahie par les touristes et surtout plus authentique. Après 3 années de rénovation, cette partie a ré-ouvert en janvier 2014 mais a su garder son apparence originale datant de la dynastie Ming. Simatai est séparée par un lac avec deux sources différentes : une source chaude et une source froide. Elle se trouve à 120 kilomètres de Pékin.


     

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    A cette époque, la muraille était faite d’une superposition de couches de terre damée.

    Le pénible travail de construction exigea la participation de centaines de milliers d’ouvriers, dirigés par le Général Meng Tian.

    180 millions de mètres cube de terre aurait été nécessaires à la construction de la Grande Muraille.

     

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    Selon la légende, les corps des ouvriers morts à la tâche auraient également servis de remblai.

     

    Région de Sematai

     

     

    Intégrée de divers murs, de tours de guet et de tours de feu de signalement, la Grande Muraille est avant tout un système de défense redoutable. Photo © Saad Akhtar

     

     

    Pour certains, ceci n’est qu’une légende et les corps auraient été enterrés aux alentours de la muraille…

    La légende populaire chinoise de Meng Jiangnü, participa à entretenir cette croyance.

     

     

    grande-muraille-chine-4

    En effet, cette célèbre légende chinoise raconte l’histoire d’une femme dont le mari mourut d’épuisement à la construction de la Grande Muraille.

     

    Tronçon de Mutianyu

     

    Et cette histoire populaire raconte que le corps de son mari fut enseveli dans le cœur de la muraille…

     

     

    muraille de chine photo

     

    La Muraille de Chine et la Route de la Soie

    Les premiers empereurs de la dynastie suivante, la dynastie des Hans, abandonnèrent l’entretien de la Grande Muraille, préférant négocier avec les envahisseurs du Nord en leur offrant des filles plutôt que de se battre.

    Mais l’empereur Wudi relança la construction de la muraille ; d’une part pour repousser les nomades du nord et d’autre part pour favoriser le commerce et développer la route de la soie!

    Au final, au cours de son histoire, la muraille de Chine servit d’avantage de route pour le transport des hommes et des marchandises que de fortification défensive.

    En effet, malgré sa taille et sa robustesse, les gardes étaient corruptibles, et la muraille ne réussit pas toujours à contenir les envahisseurs!

     

     

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    Le nom de Cochinchine a été employé pour désigner une colonie française, conquise militairement en 1858, dans la partie Sud de l'actuel Viêt Nam.

     

    Par le traité de Saïgon en 1862, la dynastie Nguyễn reconnaît la conquête française.

     

    La France annexe directement le Sud de la Cochinchine - nom jusque-là donné à la moitié Sud de l'actuel Viêt Nam - et s'arroge les terres les plus riches du pays.

     

    Ce n'est que dans les années 1880 que la France conquiert le reste du territoire Vietnamien, divisé en trois parties et placé en 1887 sous l'autorité du Gouverneur général de l'Indochine française. 

     

     

    Histoire - Indochine : La Cochinchine

    La Cochinchine demeure séparée des deux autres parties du territoire vietnamien, l'Annam et le Tonkin, qui ont le statut de protectorats ; ce n'est qu'en 1949 qu'elle est réintégrée au reste du Viêt Nam. La Cochinchine était appelée par les Vietnamiens Nam Ky (« pays du Sud ») ou Nam Bo (« région du Sud »), ce dernier terme étant préféré par les nationalistes.
     

     

    En 1858, le Second Empire organise une expédition de quelques bateaux au royaume d'Annam gouverné par la dynastie Nguyễn), à l'instigation des milieux catholiques, qui dénoncent les persécutions dont sont victimes les catholiques annamites et des milieux d'affaires, qui jugent que la conquête du territoire aidera la France à développer son influence commerciale en Extrême-Orient. Au début de 1857, Mgr Diaz, évêque espagnol au Tonkin, est décapité sur ordre de l'empereur, ce qui fournit une justification à l'expédition de Cochinchine.

     

    Après la signature avec la Chine du traité de Tientsin qui met fin à la seconde guerre de l'opium, l'amiral Rigault de Genouilly est envoyé entamer le siège de Tourane. 

     

     

    Histoire - Indochine : La Cochinchine

    Après une première phase difficile, les Français prennent, en février 1861, la citadelle de Vĩnh Long et l'île de Poulo Condor. L'empereur Tự Đức, confronté dans le Tonkin à une révolte, se résout à négocier avec les Occidentaux ; les amiraux français, de leur côté, manquent de moyens pour aller au-delà de la « Basse-Cochinchine » et n'ont pas d'instructions précises de Paris. Le 5 juin 1862, le traité de Saigon est signé par la France et l'Annam ; la France annexe trois provinces, ainsi que Poulo Condor et trois ports, dont Tourane, sont offerts au commerce français et espagnol. La partie conquise par les Français, qui était jusque-là désignée par les Occidentaux du nom de Basse-Cochinchine (le nom de Cochinchine désignant l'ensemble du Sud de l'Annam et celui de Tonkin le Nord), devient la colonie française de Cochinchine, le nom la désignant désormais de manière exclusive.

     
     
     
    À la suite de la conquête, les Français sont confrontés à un vide politique dans un territoire sous-peuplé, l'administration annamite s'étant retirée. De nouveaux fonctionnaires indigènes sont alors recrutés pour aider à administrer le territoire. La Cochinchine est d'abord soumise à un régime d'administration militaire. Le parti anticolonial, qui trouve la conquête inutile et coûteuse, manque de remporter la victoire en faisant signer, en 1864, un traité de rétrocession de la Cochinchine, mais Napoléon III fait volte-face et dénonce le traité alors que celui-ci a déjà été signé. Le gouverneur de Cochinchine, l'amiral de la Grandière achève la conquête de la colonie dans les années 1860 et annexe de nouveaux territoires en 1867. En 1866-1868, l'expédition d'exploration du fameux lieutenant Francis Garnier sous le commandement du capitaine Doudart de Lagrée remonte le Mékong dans des conditions extrêmement précaires. Doudart de Lagrée meurt de maladie au bout de deux ans d'expédition, mais Garnier en revient convaincu que la bonne voie menant en Chine du Sud n'est pas le Mékong, mais le fleuve Rouge. En 1873, le lieutenant de vaisseau Garnier est envoyé en mission au Tonkin pour « protéger le commerce en ouvrant le pays et son fleuve à toutes les nations sous la protection de la France » ; il conquiert certains territoires, mais il est tué dans une embuscade tendue par les Pavillons noirs, pirates chinois que l'Annam utilise comme soldats mercenaires.
     
    En 1874, par le « traité Philastre », la France restitue à l'Annam les villes prises par Garnier et reconnaît la souveraineté de l'empereur Tự Đức sur le Tonkin ; en échange, l'empereur vietnamien reconnaît la souveraineté française sur l'ensemble de la Basse-Cochinchine, y compris les provinces annexées en 1867, et garantit la liberté religieuse, mettant fin pour un temps aux persécutions contre les missionnaires et leurs convertis. Mais la Chine, suzeraine de l'Annam refuse de reconnaître le traité, ce qui entraîne par la suite la guerre franco-chinoise.
     
    En 1880, les Français créent une assemblée élue, le Conseil colonial, où siègent quelques Annamites désignés par les chambres de commerce et d'agriculture. L'éligibilité et le suffrage sont réservés aux Français : les Annamites « sujets français » n'accèdent au suffrage que par la naturalisation, qui ne concernera jamais qu'un petit nombre de personnes dans toute l'Indochine (surtout en Cochinchine). Le Conseil colonial, principalement composé de petits fonctionnaires et de colons, devient en quelques années la principale instance dirigeante en Cochinchine. À partir de 1881, la Cochinchine est représentée à l'Assemblée nationale française par un député.
     
    Les incursions des Pavillons noirs, qui gênent notamment le commerce cochinchinois, provoquent en 1883, l'expédition du Tonkin : en 1885, le reste du territoire annamite est mis sous protectorat. Deux ans plus tard, les trois régions, Tonkin, Annam et Cochinchine, sont incorporées à l'Indochine française, dont le gouverneur-général devient le supérieur hiérarchique du gouverneur de Cochinchine.
     
    La Cochinchine demeure cependant régie par un régime distinct des deux protectorats d'Annam et du Tonkin : un indigène du Tonkin désirant se rendre en Cochinchine a besoin pour cela d'un laisser-passer, et le souverain vietnamien lui-même a besoin d'une autorisation du gouvernement colonial.
     
    Alors que le Tonkin est le foyer administratif de l'Indochine et que l'Annam est peu développé, la Cochinchine est la région la plus dynamique économiquement, et le terrain privilégié de la colonisation agricole. C'est également en Cochinchine que la densité de population européenne est la plus forte. À partir de 1900, la culture de l'hévéa s'affirme comme une grande réussite économique de l'Indochine française, et devient la seconde production du pays, après le riz L'enseignement est développé et une bourgeoisie vietnamienne occidentalisée apparaît. La Cochinchine demeure cependant une société profondément inégalitaire : 50 % des terres sont possédées par 2,5 % de la population, qu'il s'agisse des colons - peu nombreux - ou des élites annamites qui vivent de la rente foncière.
     
    Dans la première moitié du xxe siècle, la Cochinchine est, comme le reste du territoire vietnamien, marquée par le développement d'une agitation nationaliste et indépendantiste. C'est principalement dans la colonie que prospèrent, dans les années 1920-1930, des organisations politico-religieuses comme le caodaïsme et la secte Hoa Hao.
     
    Durant la Seconde Guerre mondiale, la Cochinchine est, comme le reste de l'Indochine, occupée par l'armée du Japon, qui laisse cependant en place l'administration coloniale française, coupée de la métropole. En mars 1945, les Japonais s'emparent de l'Indochine : si l'Annam et le Tonkin sont unifiés au sein d'un nouvel Empire du Viêt Nam (nom remis à l'honneur par les Japonais) dirigé symboliquement par une monarchie vietnamienne officiellement indépendante, les Japonais conservent pour la Cochinchine un statut à part et l'administrent directement, en conservant à leur profit les structures de l'administration française. Ce n'est qu'en août 1945, peu avant la reddition du Japon, que l'unification de la Cochinchine au gouvernement indépendantiste vietnamien est proclamée ; cette annexion ne se fait que de manière théorique, car l'empereur Bảo Đại abdique quelques jours plus tard, tandis que le Việt Minh dirigé par Hô Chi Minh prend le pouvoir au cours de la révolution d'Août.
     
    L'Indochine vit à l'automne 1945 une situation chaotique : le pouvoir du Việt Minh est bien moins assuré qu'au Tonkin et au Nord de l'Annam et les groupes nationalistes s'agitent. Les troupes britanniques débarquent en Cochinchine, mais n'ont pas d'effectifs suffisants pour maintenir l'ordre et des Français sont massacrés à Saïgon. Ce n'est qu'en octobre 1945 que les troupes françaises, commandées par le général Leclerc, peuvent débarquer en Cochinchine, repousser progressivement l'ennemi et reprendre l'administration de la colonie, puis du reste de l'Indochine. Mais les Français reprennent difficilement l'administration de l'Indochine, faute d'hommes et de moyens dans ces années d'après-guerre.
     
    Dans le cadre des difficiles négociations entre la France et Hô Chi Minh sur le futur statut du Viêt Nam, la question de la Cochinchine demeure une pierre d'achoppement. En 1946, à l'instigation de l'amiral d'Argenlieu, une « République de Cochinchine » est proclamée, la colonie ayant désormais un statut politique hybride ; cette proclamation contribue à faire échouer la conférence de Fontainebleau par laquelle la France visait à régler avec le Việt Minh la question indochinoise.
     
    Le gouvernement cochinchinois, presque sans moyens, est de surcroit confronté à une guérilla menée par les troupes sudistes du Việt Minh.
     
    Le président de la Cochinchine, Nguyễn Văn Thinh, découragé, se suicide au bout de quelques mois ;
     
    Lê Văn Hoạch lui succède.
     
    À la fin 1946, Hô Chi Minh repasse dans la clandestinité et la guerre d'Indochine éclate. Alors que la France cherche une solution politique pour le statut du Viêt Nam, le Conseil colonial retire sa confiance à Lê Văn Hoạch en octobre 1947 ; le général Nguyễn Văn Xuân lui succède à la tête du gouvernement de la Cochinchine, qu'il rebaptisé Gouvernement provisoire du Sud Viêt Nam. La réticence d'une partie des milieux politiques cochinchinois, où existe un courant autonomiste, retarde le règlement du statut de la colonie.
     
    En mai 1948, Xuân quitte ses fonctions pour devenir le chef d'un Gouvernement central provisoire du Viêt Nam, réunissant l'Annam et le Tonkin en attendant que la question de la Cochinchine soit réglée, condition pour que l'ex-empereur Bảo Đại accepte de prendre la tête d'un Viêt Nam réunifié.
     
    Trần Văn Hữu succède à Xuân à la tête du gouvernement cochinchinois. Une assemblée territoriale est formée dans le but de voter le rattachement de la Cochinchine au reste du Viêt Nam, ce qui est fait le 23 avril ; le 20 mai, le Parlement français ratifie la décision. L'État du Viêt Nam est proclamé le mois suivant. Le terme Cochinchine est encore utilisé un temps pour désigner le Sud du Viêt Nam, mais tombe progressivement en désuétude.
     
    Sources : 
    Philippe Devillers, Histoire du viêt-nam de 1940 à 1952, Seuil,‎ 1952 
    Philippe Franchini, Les Guerres d'Indochine, Pygmalion - Gérard Watelet,‎ 1988 
    Pierre Brocheux et Daniel Hémery, Indochine : la colonisation ambiguë 1858-1954, La Découverte,‎ 2001
     
     
    Sources !
    http://www.cambodgemag.com/2016/05/histoire-indochine-la-cochinchine.html
     
     
     
     

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    Né dans un obscur village des bords du Yangtsé, C.T. Loo (1880-1957) devient, par son extraordinaire talent, le plus grand marchand d'art asiatique de son époque.

     

    Il crée un nouveau goût, là où l'Occident ne connaissait que les «chinoiseries»

     

     JE CONNAIS cette maison depuis mon enfance !

    Singulière sous le ciel de Paris, avec ses volumes élégants et sa peau « sang de boeuf » caressée par la lumière, la Pagode reflète la passion de son premier propriétaire, l'antiquaire Ching-Tsai Loo (1880-1957), pour les arts de l'Asie.

     

    Une pagode ? !! à PARIS ?!!
    IGNORANCE !

    Rien d’étonnant pourtant tant on trouve à Paris nombre de mosquées, temples, et autres édifices destinés à toutes confessions religieuses…!!

     



    Oui, mais le caractère original de la Maison Loo est qu’elle n’est en aucun cas un bâtiment religieux, mais simplement le résultat de l’amour d’un homme pour son pays d’origine

     

    – la Chine – et de sa volonté de le partager avec son pays d’adoption – la France. !

    Arrivé en 1902 à Paris, Ching Tsai Loo est un marchand d’art à la réussite fulgurante.

     

     

     

     

     

    Il rachète un hôtel particulier construit en 1880, de style Français classique, pour y exercer son activité à quelques pas du Parc Monceau. M. Loo a de la chance,


    Ce chinois ambitieux, originaire de la province méridionale du Zhejiang, s'établit à Paris au début du XXe siècle et devint le plus fameux spécialiste du commerce d'antiquités orientales que connut son époque.!!

     

    En 1926, Monsieur Loo un riche antiquaire chinois décide de racheter un hôtel particulier du 8ème arrondissement de Paris pour le transformer en pagode chinoise.

     

    Apres deux années de travaux, seule une pièce de l’hôtel particulier témoignait encore du passé haussmannien du bâtiment :

     

    cette pièce, jamais touchée est resté le bureau de la société pendant des années.

     

    PagodeParis2_Lutetiablog-Lutetia

     

    Rehaussée de deux étages, agrémentée d’un toit typiquement asiatique avec des tuiles vernis, la maison ressemble trait pour trait à une pagode chinoise.

     

    Un portique précède la porte, les deux entrées n’étant pas alignées pour éviter aux mauvais esprits de pénétrer dans la maison.

    Entrer dans ce bâtiment (aujourd’hui un musée / une gallérie d’art) permet de se sentir immédiatement dans un autre monde.

     

    Le plafond est décoré de stucs d’animaux sauvages, des frises représentent des animaux fantastiques ou des carrosses, chars ou cavaliers….

     

    L’ouverture en demi lune est aujourd’hui parfaitement alignée avec une œuvre d’art représentant un vase ce qui crée une perspective très intéressante.

     

     

     

     

    On continue le tour en visitant le premier étage avec des portes découpées dans des paravents du 18 ème et des peintures qui représentent des animaux, toujours par deux bien sur selon les croyances asiatiques pour avoir le Ying et le Yang.

     

    A l’époque où le bâtiment était encore un magasin, ces placards magnifiques contenaient des porcelaines Ming.

     

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    Arrivé en 1902 à Paris, Ching Tsai Loo est un marchand d’art à la réussite fulgurante.

    Il rachète un hôtel particulier construit en 1880, de style Français classique, pour y exercer son activité à quelques pas du Parc Monceau. M. Loo a de la chance,

     

     

     

     

     

    Le deuxième étage n’est pas visitable et le troisième étage ne garde aucune trace de son époque asiatique.

     

    Le quatrième étage héberge quand à lui une  merveille :

     

    une salle entière composée de boiseries et sculpture sur bois.

     

    Cette salle est unique par son intégralité : c’est une des seules anciennes pièces indienne au monde à ne pas avoir été découpé et vendue en petits bouts, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

     

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    Les boiseries proviennent du Rajasthan et les autels viendraient de Pondichery.

    Il reste la dernière salle et le chemin de ronde au niveau du toit, malheureusement non ouverts au public.

     

     

    Cette visite insolite à Paris est également l’occasion d’admirer des œuvres d’artistes asiatiques.

     

    Sont actuellement exposées des œuvres de Ran Hwang une coréenne qui fait des réalisations à base de boutons, d’épingle et de fils, Li Xiaoffeng qui crée des objets à partir de porcelaine chinoise cassée et Chan Dany qui utilise la technique de la mosaïque pour réaliser des tableaux en taillures de crayons de couleur.

     

     

     

     

     

     

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    Dominé par les hôtels particuliers à la française et par l’imposante architecture haussmannienne, cet espace unique et inattendu a de quoi étonner les passants.

     

     

    A l’origine, au 19ème siècle, il s’agissait d’un hôtel particulier “classique” qui se fondait dans la masse.

     

    Mais en 1925, un collectionneur d’art asiatique achète le bâtiment. Ching Tsai Loo, par amour pour sa patrie, décide de transformer cet endroit et d’en faire

    un hôtel particulier pour remercier la France !

     

     

     

     

    Cet espace devient un véritable écrin de la collection d’art asiatique.

     

    A la mort de Monsieur Ching Tsai Loo, en 1957,

    la pagode ferme ses portes et baisse ses rideaux.

     

     

    Mais en 2012, un investisseur privé décide d’ouvrir ce trésor architectural au public.

     

     

     

     

     

     

    A quelques pas du Parc Monceau, la Maison Loo détonne dans ce quartier haussmannien du VIIIe arrondissement.

    un bel immeuble d’architecture extrême orientale, la maison de Monsieur Ching Tsai Loo

     

     

     

    A l’angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt,

    Arrivé en 1902 à Paris, Ching Tsai Loo est un marchand d’art à la réussite fulgurante.

     



    Il rachète un hôtel particulier construit en 1880, de style Français classique, pour y exercer son activité à quelques pas du Parc Monceau. M. Loo a de la chance,

     

     

     

     

     

    Une folie que l'on doit à monsieur Loo, marchand et collectionneur d'art asiatique qui décide de transformer son hôtel particulier en pagode chinoise rouge vif.

     

     

     

     

    En 1926, l'édifice devient l'écrin de la collection d'art asiatique présentée

    par la galerie C.T LOO et Cie.

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    L'édifice a aujourd'hui gardé sa vocation première et accueille

    une galerie d'art et des expositions.

     

     

     

     

     

     

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    Voici la formidable aventure d’un orphelin né dans un obscur village des bords du Yangtsé qui devint le plus grand marchand d’art asiatique de son époque.

    Au début du XXe siècle, C.T. Loo (1880-1957) crée un nouveau goût, là où l’Occident ne connaissait que les « chinoiseries ».

    Dans sa pagode parisienne ou sa galerie new-yorkaise, Européens et Américains découvrent la grande statuaire, les fresques bouddhiques, les jades et bronzes archaïques chinois.

    Honoré en Occident pour avoir enrichi les grandes collections publiques et privées, cet homme si discret est honni en Chine pour avoir pillé les trésors nationaux.

    La vie extraordinaire de ce « Kahnweiler chinois » offre un éclairage passionnant sur la rencontre de la Chine avec l’Occident

     

     

     

    - ces bibelots étranges et abâtardis mis à la mode par les frères Goncourt.

     

     

     

    Dans sa pagode parisienne

     

    ou sa galerie new-yorkaise sur la Cinquième Avenue, Européens et Américains découvrent le «véritable art chinois» :

     

     

    la grande statuaire, les fresques bouddhiques, les jades et bronzes archaïques.


    Derrière la figure respectée du grand marchand s'en cache une autre, plus controversée. Honoré en Occident pour avoir enrichi les plus grandes collections publiques et privées, cet homme discret et volontiers manipulateur est accusé en Chine d'avoir pillé les trésors nationaux.

     

     

     

     

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    Au lendemain de la révolution de 1949, il parviendra miraculeusement à échapper aux représailles mais ses associés connaîtront tous une fin tragique.

     

     

     

     

     

     


    Le parcours éminemment romanesque de cet homme hors du commun constitue un tableau saisissant du monde de l'art dans la première moitié du XXe siècle, de ses grandes figures et de ses pratiques, entre Paris, Londres, New York et Shanghai, tandis que sa vie extraordinaire, ponctuée par les grands événements de l'Histoire, offre un éclairage passionnant sur la rencontre de la Chine avec l'Occident.

     

     

     

     

     

    Année après année, la Pagode a attiré les collectionneurs et les artistes, venus y nourrir leur imagination.

    Janine Loo, la quatrième fille de monsieur Loo, prit en 1947, à la demande de son père la direction de la Pagode. Née dans un train, en 1920, entre Poitiers et Angoulême, la jeune femme avait hérité la passion de sa famille pour l'art et les voyages.

    Elle épousa le poète et journaliste Pierre Emmanuel (1916-1984), en 1952 et se lia d'amitié avec le psychiatre et psychanalyste Jacques Lacan (1901-1981).

     

    Cette maison d'antiquités a été tenue par le petit-fils
    de Monsieur Loo, MICHEL CORDOSI , mais, trop endommagée par les griffes du temps, elle a dû subir une importante réfection.

     

     



    Géraldine Lenain est historienne de l'art.

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    Elle a vécu une grande partie de son enfance en Chine.

    Installée depuis 2010 à Shanghai, elle dirige les activités liées aux objets d'art chinois d'une grande maison de vente aux enchères internationale.

     

     

     Cette maison d'antiquités a été tenue par le petit-fils
    de Monsieur Loo, MICHEL CORDOSI , mais,

    trop endommagée par les griffes du temps, elle a dû subir une importante réfection.

     

     

     

    Après deux ans de travaux, elle a rouvert ses portes
    au public le 12 Octobre 2012.

    Elle est désormais destinée à accueillir des expositions, des évènements culturels et des ventes d’art asiatique.

    Les visiteurs pourront également découvrir la bibliothèque privée de Ching Tsai Loo,

    un lieu exceptionnel qui abrite plus
    de 2000 livres, 3000 catalogues d’art, 3000 photographies

    et la correspondance de l'ancien maître des lieux.

     

     

     

     

     

    On aperçoit au premier étage, derrière les fines colonnes qui rythment la façade, un petit balcon où se retrouvaient autrefois les collectionneurs venus rendre visite à Ching Tsai Loo.

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    Une fois par an, le célèbre marchand organisait dans
    son « palais des arts » de fastueuses fêtes mondaines,

    prisées du tout-Paris et de ses clients internationaux.

     
     
     

     

     


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    Marché de l’art. Les secrets du plus célèbre des marchands d’art chinois, Ching Tsai Loo, qui fit connaître l’art de son pays en Occident, révélés dans la biographie que lui consacre Géraldine Lenain, experte chez Christie’s à Shanghai.

     

    Longiligne, des cheveux lisses et blonds, des mains fines qui bougent sans brusquerie lorsqu’elle parle, Géraldine Lenain se livre avec délicatesse et des faux airs de Sandrine Kiberlain dans le salon de thé parisien où nous la rencontrons. Elle s’apprête à prendre un vol pour New York. Elle est de passage en France. Directrice internationale des départements de céramiques et d’objets d’art chinois de Christie’s, elle vit à Shanghai et voyage beaucoup.

     

     

    « Elle a un “oeil” », loue l’expert Thierry Portier,spécialiste des arts asiatiques, qui l’a formée avant qu’elle n’entre dans une maison de vente aux enchères. Un “oeil”, c’est le mot-clé qui revient dans la bouche de Géraldine Lenain pour parler de Ching Tsai Loo (1880-1957) plus connu sous le patronyme de “C. T. Loo”, le plus célèbre marchand d’art asiatique, le “Kahnweiler chinois”. « Celui entre les mains de qui passent, pendant plus d’un demi-siècle, les pièces les plus extraordinaires d’art asiatique », tient-elle à préciser.

     

    Elle lui consacre une biographie, Monsieur Loo, qui relève parfois du roman.

     

     

    Se pencher sur ce qu’était, en Occident, la perception de l’art chinois avant “Monsieur Loo”, donne la mesure de son influence :

     

    « On ne connaît alors que les “chinoiseries” — ces bibelots étranges et abâtardis mis à la mode par les frères Goncourt. » C. T. Loo va former le goût des puissants. On découvre grâce à lui la grande statutaire, les jades archaïques, les fresques bouddhiques.

     

     

    Il n’est que le “serviteur” d’un riche Chinois lorsqu’il arrive à Paris, en 1902, mais dès lors qu’il trouve sa vocation dans l’art, son ascension est fulgurante.

     

     

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    Dès les années 1920, il a pour clients les Rockefeller, les Morgan, les Vanderbilt. Il enrichit les plus grandes collections privées et publiques.

     

    Il est incontournable pour de prestigieuses institutions comme le musée Guimet, à Paris, ou le Metropolitan Museum of Art de New York.

     

    En 1915, il y ouvre une galerie sur la 5e Avenue.

     

     

    Entre 1926 et 1928, il fait construire La Pagode, immense villa chinoise dans la rue de Courcelles, dans le VIIIe arrondissement.

     

    C’est ici que le travail de « reconstitution d’une vie » commence pour Géraldine Lenain.

     

     

    « En 2006, j’ai été invitée par ses descendants à consulter ses archives, retrouvées par hasard à La Pagode. J’ai consulté ces milliers de pages de correspondance sur place. Le puzzle était complexe.

     

    L’enquête m’a demandée six années de travail. »

     

    Elle met à profit ses qualités professionnelles : des recherches méthodiques, de l’opiniâtreté pour mener un travail au long cours.

     

    Autre atout, pour avoir vécu une partie de son enfance en Asie, la Chine lui est aussi familière qu’elle le fut pour Lucien Bodard.

     

    Géraldine Lenain parle le mandarin et fut le premier expert occidental à travailler pour une maison de ventes chinoise, Guardian.

     

    Avec une proximité singulière, elle chemine au coeur des choix de cet homme de l’art chinois, distingué, résolu, énigmatique, défendant au mieux ses intérêts.

     

    Elle décortique son parcours qui fut « éminemment romanesque », alors qu’il brouille les pistes constamment, mentant sur ses origines, cachant sa double vie — chinoise et française —, cultivant maintes contradictions : il est fier de son pays natal mais pille sans vergogne ses trésors, il est à la fois un affairiste et un philanthrope.

     

    « En Chine, il est considéré comme un traître pour avoir exporté des stèles de Taizong, deuxième empereur de la dynastie des Tang. »

     

    L’auteur révèle un homme parfois manipulateur, qui, au lendemain de la Révolution de 1949, sera le seul « à échapper aux représailles ». Sacrifiant son guanxi (“réseau”) et défendant vaille que vaille l’idée que « les objets d’art parcourent le monde tels des ambassadeurs silencieux ».

     

     

    Voici la formidable aventure d’un orphelin né dans un obscur village des bords du Yangtsé qui devint le plus grand marchand d’art asiatique de son époque.
    Au début du XXe siècle, C.T. Loo (1880-1957) crée un nouveau goût, là où l’Occident ne connaissait que les « chinoiseries ».

     

    Dans sa pagode parisienne ou sa galerie new-yorkaise, Européens et Américains découvrent la grande statuaire, les fresques bouddhiques, les jades et bronzes archaïques chinois.
    Honoré en Occident pour avoir enrichi les grandes collections publiques et privées, cet homme si discret est honni en Chine pour avoir pillé les trésors nationaux.

     

    La vie extraordinaire de ce « Kahnweiler chinois » offre un éclairage passionnant sur la rencontre de la Chine avec l’Occident.

     

    Monsieur Loo.

    Le Roman d’un marchand d’art asiatique, de Géraldine Lenain, Éditions Philippe Picquier, 272 pages, 19 €. En librairie le 29 mars.

    Photo © SHANGGI NET

     

    Géraldine Lenain est historienne de l’art et spécialiste de l’art chinois.

    Elle a vécu une grande partie de son enfance en Chine.

    Installée depuis 2010 à Shanghai, elle dirige les activités liées

    aux objets d’art chinois d’une

    grande maison de vente aux enchères internationale.

    www.afhongkong.org

     
     

  • Regard d'un dirigeant métropolitain sur ses ouvriers indochinois en 1933...

    "LES ANNAMITES CHEZ EUX" 

    René Bouvier (La Revue des deux mondes, octobre 1933)

     

    Voici un témoignage fort intéressant sur la perception d'un français de métropole sur les Annamites.

     

    Les défauts annoncés sont ceux couramment avancés par les colons, qui se plaignent d'être les victimes fréquentes de divers larcins. Le colonialisme a peut être encouragé ce "défaut", car la délinquance n'a jamais été trait culturel chez le vietnamien.

     

    En revanche l'analyse des autres qualités et défauts méritent le détour !

     

    J'ajouterai, à titre personnel, un trait de caractère non repris ici mais j'ai trouvé dans un ouvrage ancien et que je trouve toujours d'actualité:

     

    "mais l'Annamite n'est qu'un grand enfant que l'expérience ne rendra jamais plus sage" 

     

     

    René Bouvier est issu de la haute Société protestante (HSP), administrateur de la SFFC (future SOFFO), filiale de la Banque de l’Indochine dirigée par Edmond Giscard d’Estaing (note A.L.)].

     

    Les notes entre crochets sont d'Alain Léger. 

    Merci à Alain Léger pour cette contribution !     

     Texte en version pdf (95k)

     

    Texte 

    Quelques défauts.

    "Commençons par leurs défauts, pour déblayer le terrain. Jamais je n'oublierai le spectacle étrange, à l'aube, dans un demi-sommeil alourdi de fièvre, de mon pantalon courant affolé par la chambre. Je bondis à sa poursuite, la fenêtre le happa?; je sortis dans la cour, plus rien. Fuite définitive: des mains invisibles, comme dans la Chatte blanche, avaient commis ce rapt; entendez : pêcher mon vêtement sur ma chaise au moyen d'une longue perche en bambou. 

    Un ami revenant de France ne retrouve plus son service de table; il a la satisfaction de manger dedans le lendemain chez un ami, magistrat par-dessus le marché. Où l'as-tu acheté? — Rue de la Porcelaine: je tiens à te donner l'adresse, car c'était une remarquable occasion: devine combien je l'ai payé?. Mon camarade n'insista pas

    On connaît l'histoire de ce boy d'un haut magistrat du Tonkin. Il promettait, moyennant finances, son appui à l'un des plaideurs, s'engageant à rendre l'argent si son intervention était inefficace. Sa femme tenait le même langage à l'autre partie. À l'issue du procès, tout le monde était satisfait, même le perdant auquel on restituait, avec force excuses et regrets, les arrhes qu'il avait versées. 

    Pas une usine, pas une plantation où le contremaître et les fournisseurs ne cherchent à faire main basse sur une partie de la paye de I’ouvrier et du coolie, à prélever une impitoyable dîme. Si ce dernier veut être engagé, il devra promettre tant pour cent sur son salaire, et s'il ne s'exécute pas, il n'est pas chassé, — car alors la vigilance des dirigeants serait mise en éveil, — mais des menaces le font disparaître mystérieusement. La moindre approbation, la moindre promotion de grade est interprétée par son bénéficiaire comme une possibilité de pressurer impitoyablement ses compatriotes. 

    Un des aspects de cette exploitation, c'est l'usure. Le malheureux paysan annamite succombe littéralement sous le poids des dettes qu'il a dû contracter pour se procurer des semences, un buffle, quelques instruments aratoires. Nous avons ouvert la culture du riz, par un magnifique effort de colonisation, des surfaces nouvelles immenses?; nous avons créé des Caisses de crédit agricole. Or les terres n'ont pas été réparties entre ceux qui vraiment les travaillent, ou leur ont été ensuite arrachées; notre argent ne leur est pas davantage parvenu. Il leur est finalement prêté, par ceux auxquels nous avons fait des avances, à des taux et à des conditions qui constituent pour eux un écrasement parfois définitif. Espérons que nous saurons profiter de l'occasion unique offerte par la crise actuelle, qui a fini par mettre à mal cette classe de spoliateurs,. pour tenter d'établir un contact direct entre le capital, — notre capital, — et le travail. La lutte contre cette néfaste exploitation d'un peuple pauvre et souvent affamé est I'une des raisons, parmi tant d'autres, de la nécessité du maintien intégral de notre autorité en Indochine. Si nous commettions la folie, pour des raisons prétendues humanitaires, de relâcher tant soit peu notre surveillance, I'Indochine se trouverait livrée, comme autrefois, à des exactions odieuses, survivance des abus des mandarins, qui réapparaissent dès que vigilance se trouve quelque peu en défaut. 

    Souhaitons que les hommes d'intelligence et de bonne volonté dont le jeune Empereur de l'Annam vient de s'entourer, — à la suite d'une révolution de palais qui eût alimenté, par ses péripéties multiples et pittoresques, la verve d'un Saint-Simon, —fassent partir de haut d'indispensables exemples et contribuent à cet affranchissement d'un peuple digne d'estime, en ledébarrassant d'habitudes centenaires qui paralysent son essor

    Autre petit défaut des Annamites. Dans une usine de papier [Papeteries de l’Indochine*, du groupe SFFC], une malfaçon grave a été commise, entraînant un accident mortel. Il importe absolument. de sévir. Or, impossible de dégager la vérité et de découvrir le responsable. C'est la conspiration du silence; personne n'a rien entendu, ni rien vu. Enfin, vous mettez la main sur un chef dé fabrication qui était là, vous en avez la certitude. Vous allez pouvoir faire aboutir votre enquête, car, au surplus, il entend fort bien le français. Du coup, il l'a brutalement oublié, bredouille des heures entières sans que notre impatience paraisse en quoi que ce soit le troubler; poussé à bout, il vous égare sur une fausse piste. Inutile de vous mettre en colère, la perte de votre contrôle tournerait à votre entière confusion. Il semble que la vérité ait pour les Annamites quelque chose de brutal et de dangereux et que sa précision même les rebute. C'est une lumière qui brûle. 

    Les Qualités

    Les qualités vont maintenant prendre leur revanche. 

    Tout d'abord le courage. Les Annamites sont admirablement courageux. Un excellent petit apprenti, un becon comme on les appelle, tourne depuis quelques jours avec admiration autour d'une nouvelle machine à papier; la bouche ouverte, il darde des heures entières ses petits yeux noirs vers ce monstre qui siffle et qui fume. Il interroge, veut comprendre comment l'appareil fonctionne. Une curiosité soudain le saisit et pour voir «comment cela fait», il glisse sa main entre deux cylindres de la sécherie, et en sort un chiffon émacié et sanglant. Il court vers nous sans un cri, sans flancher. Tant bien que mal, car il n'y a pas une minute à perdre, nous l'amputons, le ligaturons, sans une plainte de sa part. Il regagne à pied, en tenant son moignon, la can nha paternelle. Huit jours après, à son retour, il demande à travailler au service du monstre qui l'a blessé.

    Au cours de la révolte de Vinh, fanatisées par les extrémistes, les bandes ont marché sur les mitrailleuses, tranquillement, en se tenant la main. C'est au courage des Annamites qu'est due en partie leur remarquable expansion en Indochine. Ils ont chassé les Cambodgiens du delta, largement contribué à la chute des Khmers, réduit à rien le royaume des Chams, et maintenant les Laotiens reculent devant eux, tant cette race a de rayonnement et de mordant. Si toutes les conditions requises par la religion sont remplies, si l'Annamite a l'assurance que ses mânes seront révérées, qu'elles trouveront un asile, il songe à la mort avec une sérénité parfaite. Son fils, légitime ou adoptif, lui donnera, s'il le peut, un beau cercueil qu'il fait admirer aux visiteurs. Puis, il se commande un tombeau, dans un lieu riant, au pied d'une colline, près d'un bouquet d'arbres, et si possible d'un ruisseau. ... 

    Mais la race annamite, en dehors de son courage, est servie par bien d'autres qualités hors pair: adresse, patience, esprit d'observation. Nous partons dans la brousse pour quelques jours. Mon cuisinier (bep) me demande avec insistance de lui prêter ma montre. J'hésite, me souvenant de l'histoire toute récente du pantalon. Enfin je me décide. — Qu'en as-tu fait?? dis-je, la lui réclamant dès mon retour. Il me la rapporta intacte. — Moi, en avoir fait une. — Montre-la. Alors il me présente fièrement une sorte de gros réveil, bricolé au moyen de boîtes de conserves, de morceaux de bambou, d'un vieux ressort d'acier donné par le chef d'atelier. À ma stupéfaction, le réveil marche... à la condition d'être remonté toutes les trois heures. J'entends le soir, dans la cuisine, le grincement de crémaillère qui redonne du souffle à ce nouvel et bruyant habitant de mon bungalow solitaire.  

    Dans une imprimerie importante, à Hanoï [Imprimerie d’Extrême-Orient (SFFC)], des enfants de douze à seize ans deviennent en quelques mois d'excellents compositeurs, étonnamment rapides et soigneux, dans une langue qui n'est pas la leur et qu'ils ont souvent apprise au hasard. Une importante verrerie est mise en marche à Haïphong pour fabriquer des glaces [Verreries d’Extrême-Orient (SFFC+St-Gobain)]. La mise au point d'une telle fabrication en Belgique et aux États-Unis comporte souvent des semaines de casse. Au bout de quinze jours, la main-d’oeuvre est formée, les ouvriers ont attrapé le tour de main voulu, les pertes sont presque insignifiantes [arrêt de la prod. de verre plat en 1933].Une usine de pâte de bambou [à Vietri], dont la marche doit être ralentie en raison des circonstances, est confiée entièrement à des Annamites. Ils observent de près I'un des points délicats de la fabrication, la récupération de la soude, et obtiennent des rendements égaux sinon supérieurs à ceux des usines analogues d'Europe les mieux menées au point de vue technique. 

    Passons à l'agriculture. Le greffe des hévéas dans les plantations de caoutchouc, — ce greffage dont on parle tant depuis quelques années, non seulement dans les rapports spéciaux, mais aux assemblées générales d'actionnaires, — et la saignée de l'arbre à caoutchouc, opérations des plus délicates, sont effectuées dans les plantations de Cochinchine de manière généralement remarquable. Après un court apprentissage, les coolies réussissent couramment deux cents greffes par jour et les hévéas en production sont bien rarement blessés par cette entaille qu'on leur fait subir tous les deux jours en leur enlevant, afin que le latex s'écoule, une mince lanière d'écorce dont l'épaisseur doit être réglée à un millimètre près. La canne à sucre [Sucreries et raffineries de l'lndochine*] est à ses débuts en Cochinchine; sa culture s'est heurtée aux pires difficultés dans le delta dont le sol n'est pas encore désacidifié, où les inondations sont fréquentes; les qualités de cannes locales étaient, au surplus, assez inférieures, le rendement à l'hectare était décevant. Devant tous ces obstacles, une plantation décide de s'adresser à des métayers pris dans les rizières voisines: ils s'installent, échouent d'abord, observent, travaillent le sol motte à motte, sélectionnent les cannes, comprennent l'intérêt des engrais et déterminent quels sont les meilleurs. Peu à peu cette culture s'améliore, s'intensifie, devient payante. Certes, les champs parcourus avec ces paysans ne valent pas encore ceux de Java ou des Hawaï. Nulle part cependant ils ne sont cultivés avec plus d'amour et d'intelligence. Le thé [lndochinoise de cultures tropicales, puis Plantations indochinoises de thé] se développe actuellement dans la haute région de Dalat et du Kontum, produisant d'ailleurs une qualité hors pair qui rivalise avec les meilleurs produits de la région de Ceylan et de I'Himalaya. On sait combien la cueillette, au début surtout, est délicate. Un expert hollandais réputé, qui vient de visiter à fond ces plantations, déclare qu'il n'a pas constaté uns seule faute dans la récolte des feuilles. 

    Mais est-il besoin d'insister davantage? Ne suffit-il pas, pour se convaincre de l'adresse du peuple annamite, de parcourir cette ville du moyen âge qu'est le quartier des artisans d'Hanoï, d'observer les brodeurs sur soie qui travaillent tard dans la nuit, au tambour, souvent à la clarté de petites bougies qu'ils déplacent sur la soie. Passez à la rue des sculpteurs, examinez comment, pour incruster la nacre dans l'ébène, ils poussent, sans se servir d'aucun modèle, la gouge dans le bois dur, à petits coups, sans qu'aucune malfaçon ne se produise; vous serez convaincus. Avant de quitter les arts mineurs, il faut nous arrêter un instant à la pittoresque corporation des cuisiniers, de ces cuisiniers qui se passent vaisselles et recette d’une maison à l'autre, qui, toujours accroupis au milieu des casseroles et des plats sans que vous ayez jamais à vous occuper ni du fourneau, ni des achats, ni de rien, en ville ou en pleine brousse, vous préparent ce que vous voulez pour le nombre d'invités que vous voulez et savent disposer sur la table avec un goût sûr et sobre des jetées de fleurs et de charmants bouquets. Le mien, qui adore les sucreries, m'impose chaque soir un gâteau richement décoré. Je lis dessus «Vive les usines» ou «Vive le patron», en sucre et en moka, ou encore, une douloureuse nouvelle m'étant parvenue, cet avis compatissant «Bon courage». Ils vous troussent des langoustes rutilantes, dans une gamme insoupçonnée de sauces multicolores et d'oeufs mimosas. Le domestique en vous servant vous susurre aux oreilles les mots «Timbale Richelieu», « Rôti à la Talleyrand», toute notre histoire et notre géographie y passent! 

    On dit que, pour bien connaître un peuple, il faut rechercher ce qu'il fait lorsqu'il n'a rien à faire. La fête du Têt, la grande fête annamite qui immobilise la vie pendant plusieurs jours et parfois des semaines, a commencé ce matin à la plantation de caoutchouc de B... L..., hier encore en plein travail, est totalement silencieuse et déserte aujourd’hui. Nous venons de la parcourir et nous nous reposons sur la terrasse de la maison du directeur, M. d'A... [d’Aboville > Terres rouges, selon Yvonne Pagniez], d'où l'on découvre tout le domaine. Au premier plan, les caféiers d'un vert sombre et lustré, et, au loin, la ligne bleue et légère des montagnes; comme un rideau, en quelques minutes, la nuit tombe. — C'est le mauvais moment pour nous, dit d'A., celui du phonographe qui grince dans le silence, des lettres que l'on relit; parfois la fièvre oubliée au cours des tournées de la journée commence à vous sonner dans les oreilles et à vous battre dans les poignets. N'y pensons pas ce soir; vous êtes là et nous aurons une distraction inattendue. Restez, dit-il en insistant. Nous entendons alors un bruit lointain qui gronde parmi les arbres; puis des lumières paraissent, se groupent, se rapprochent et voici sortant de la forêt un long serpent multicolore qui, le long des allées, rampe vers nous. — C'est le concours des lanternes, la farandole du premier soir, je vais vous demander de distribuer les prix. Notre embarras est grand tandis que les coolies vêtus de blanc, pieds nus, au son de leurs instruments monocordes et de leurs gros tambours, défilent. Nous sommes bien loin, en effet, de nos deux types de lanternes indéfiniment répétées depuis toujours, celles du 14 juillet ou des bals de barrières, les rondes et les cylindriques à accordéons. Nous hésitons entre une véritable pagode lumineuse à deux étages, un tigre qui remue la tête en tournant des yeux terribles, un grand diable d'éléphant bleu qui secoue sa trompe, un phare qui, mû par un mouvement d'horlogerie, projette des feux intermittents bleus et roses; vraie fête à la vénitienne, ruisselante de couleurs, tout emmêlée de banderoles, d'oriflammes, de panneaux coloriés. J'ai la vision, un moment, de l'une de ces folies nocturnes peintes par Pietro Longhi. Ils défilent, défilent toujours, la musique devient plus grave, scandée, les petites figures jaunes se tendent, le rythme exerce son emprise, nous nous sentons nous-mêmes entraînés. Un gong résonne comme un tonnerre. Un dragon, de plusieurs mètres de long, sort alors du bois, annelé, au chef énorme couvert de bosses et d'antennes, il est porté par quatre Annamites, l'un dans la tête, les trois autres dans le long corps ondulant. Il commence sous nos yeux une danse folle, se roule et se tord, sa croupe se distend brusquement, sous une affreuse colique, il bondit vers nous, menace le balcon, fait mine de sa grosse gueule ouverte de mordre les poteau qui le soutiennent. Deux jeunes picadors, serrés dans un vêtement de jersey blanc, ceints d'une écharpe de soie rouge, armés alternativement de bâtons et de sabres, surgissent à leur tour. Avisant ses ennemis, le dragon se jette sur eux; une sorte de danse et de voltige gracieuse et preste, réglée comme un impeccable ballet, commence alors. Le dragon reçoit en cadence des coups de matraque sur la tête ou de sabre en plein coeur. Un arrêt: I'occupant de la tête, étourdi par la bastonnade, passe ce poste de choix à son collègue de la partie caudale. Enfin, le dragon rend l'âme, chiffe incolore affalée par terre, symbole des mauvais génies errants dans la plantation, rôdant autour de la maison, et dont on vient d'avoir raison. Puis il se ravise, saisit deux bâtons et se hisse lentement vers nous pour ouvrir une gueule affamée dans laquelle nous glissons cinq piastres en guise de dragées qui secouent tout son long corps de satisfaction. Alors, le long serpent de lumière, glissant le long des allées, regagne sa forêt. 

    Intelligence et faculté d'assimilation 

    Mais ces qualités natives, ces dons si rares que nous venons d'observer, que donnent ils lorsqu'on les cultive et les développe. On sait combien les Annamites aiment et respectent les études; la hiérarchie dépendait autrefois du degré d'instruction, les premiers ministres étaient choisis, suivant une doctrine vraiment renanienne, parmi les forts en thème et les premiers prix d'un véritable concours général qui se tenait tous les quatre ans à Nam-Dinh. 

    Il faut voir à Hanoï, Ia ville universitaire de l'Indochine, défiler graves, avec des airs recueillis de séminaristes, les jeunes étudiants en pantalon blanc, en robe de soie noire rappelant un peu une chasuble par sa forme, n'était la doublure de soie bleue de ciel que l'on découvre de temps en temps. Leurs familles les entretiennent à grands frais, les revenus de maintes rizières laborieusement travaillées y passent; le soir, pour économiser la lumière, mâchant du riz ou une patate bouillie, ils apprennent leurs leçons dans les jardins publics, sous les lampes électriques. 

    Nous entrons dans une école au moment où une petite voix flûtée nous apprend que Clovis, pour faire plaisir à saint Rémy et donner une preuve décisive de sa foi, a tranché de haut en bas le voleur du vase de Soissons. Pauvre vase, te, revoilà! Je t'avais laissé en France: je ne me doutais certes pas que tu étais un article d'exportation. Les petits Jaunes, pétrifiés par nous, regardent du coin de l'oeil tandis que nous admirons leurs cahiers si bien tenus, à l'écriture soignée, sans une tache. C'est là toute une génération nouvelle que nous formons avec un grand luxe de professeurs, d'écoles, de Lycées, d'examens. Ne conviendrait-il pas de développer ces dons-là où il sera possible de les utiliser? Les Annamites pourront assurer peu à peu nos services d'ingénieurs praticiens; déjà ils font le plus clair de ceux du cadastre et des travaux publics; les cadres professionnels de l'industrie naissante de la colonie pourront sans doute leur être à peu près confiés. Ils sont aptes à devenir d'excellents mécaniciens, électriciens, dessinateurs, chimistes. 

    Enfin, ils sont déjà, et doivent devenir plus encore, des médecins au diagnostic sûr et des chirurgiens pleins de sang-froid et de dextérité. Nous en avons trouvé des preuves décisives chez les infirmiers chargés des hôpitaux des plantations. Le médecin inspecteur de l'une d'elles déclarait que, sur soixante-huit malades ou blessés soignés ce jour-là, il ne relevait pas une erreur de diagnostic sur les feuilles de visite. Le domaine ayant été attaqué par des pirates, un chef de village avait, reçu à bout portant la décharge d'un fusil qui lui avait brisé la jambe et enlevé le bout du nez. Il gisait le visage couvert d'un énorme pansement. On le lui enlève: — Mais il a un nez! — Oui, répond l'infirmier, moi avoir voulu faire greffe, moi avoir pris morceau fesse et lui avoir collé là; moi l'avoir fait bien plus joli qu'avant; sa femme très contente. 

    Voilà dans quel sens il faut orienter ces jeunes étudiants, en se préoccupant de leur trouver un gagne-pain quand leurs familles se seront saignées à blanc pour leur permettre de triompher aux examens, sans pouvoir comprendre ni admettre qu'ensuite ils ne soient pas pourvus d'un poste correspondant à leurs sacrifices et leurs efforts. Aussi, les laisser venir nombreux en France, où le spleen les guette, où ils perdent leur jolie tenue et leurs manières courtoises pour laisser pousser leurs cheveux, porter lunettes, errer de la Coupole à la Rotonde, et palabrer interminablement à la russe, en faisant soi-disant du droit, des lettres ou de la philosophie, nous paraît être une erreur lamentable. Nous leur communiquons cette aigreur, ce besoin de dominer des primaires dont sauront tirer parti les quelques mandataires de Vladivostok qui errent encore de port en port et cherchent à tout prix à pénétrer dans cette Indochine, qu'un service de sûreté, organisé de main de maître, s'efforce de préserver. 

    Nous contribuons souvent à détruire le foyer annamite, à effacer d'admirables traditions qui s'estompent comme les plus fins dessins sur les vieilles laques, alors qu'il fallait les leur restituer peu à peu. Quelle erreur d'enlever leur âme supérieure à l'autel familial où elle habite, pour l'orienter vers une idéologie sèche et raisonneuse qui conduit à des impasses et couvre de mots creux la violence et la rébellion ! N'exagérons d'ailleurs rien; le mal n'est pas irréparable; ce n'est là qu’une erreur de méthode, il semble que l'on commence à s'en rendre compte. Des artistes ! oui, peu à peu il en est qui lèvent parmi les artisans, à force de travail et d'attention. Méfions-nous d'aller trop vite; chez eux le trait précède la tâche, ils sont mieux doués pour un dessin personnel, fouillé, souvent nerveux, que pour le choix des couleurs et la détermination des valeurs. Si nous leur mettons le pinceau trop vite à la main, — et quel que soit le remarquable talent du maître qui les oriente actuellement dans ce sens, — ils ne donneront pas leur pleine mesure.

     

    Or, l'on peut fort bien espérer, aux résultats acquis déjà, que les expositions de l'Agence économique de l'lndochine nous révèlent, voir apparaître quelque jour un Jongkind du fleuve Rouge ou un Puvis de la rizière! 

    Nous avons essayé de dégager bien incomplètement quelques traits du caractère annamite. Il faudrait mentionner aussi, en effet, leur sobriété, leur grande sociabilité qui se traduit non seulement par d'interminables conversations, mais par cette volumineuse correspondance qui fait que, chaque jour, dans telle usine du Tonkin, le courrier des secrétaires est plus important que celui de la Société.

     

     

    Que de lettres, mon Dieu, sur grand papier, d'une écriture soignée, habillant de métaphores plus ou moins heureuses tous les potins de la ville, de la brousse ou de la rizière ! L'un, avant de vous demander un service, vous compare à la clarté douce et bien`faisante de la lune; un autre, qui fait du catalogue de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne son livre de chevet, vous envoie des «salutations polies et finement nickelées».

     Y a-t-il dans ce pays aux aspects si divers, mais toujours si imposant par l'amplitude de ses paysages, qu'est l'lndochine, un point où, en dépit de leur existence de lutte et de misère, les Annamites ont pleinement donné leur mesure et exprimé leur âme imaginative et complexe. Ils ne sont pour rien dans l'art khmer, ultime témoin de l'art indien aux confins de la zone d'influence chinoise, art chargé d'impressionnantes réminiscences assyriennes et grecques. Ils ont abattu les Chams, dont les temples de briques roses, qui dressent encore dans le Sud-Annam, au haut des collines, leurs tours simples, de style vertical, très pures de lignes, n'ont pas grand sens pour eux.

     

    Mais on les retrouve vraiment dans la plaine des tombeaux des environs de Hué, où palpite un animisme de féerie. Cette solitude peuplée, ces jardins fleuris où l'on s'égare dans un labyrinthe de temples, d'escaliers, de terrasses, de portes de porcelaine multicolore qui s'ouvrent sur le ciel, où les eaux sont voilées d'herbes et de lotus en fleurs, laissent une impression d'attente inquiète. Nulle part au monde on n'a su rendre plus présente une absence. Au moment où vous allez trouver certains détails puérils, une forte impression vous arrête. Voici, au milieu de cette villa aménagée pour le maître, une colline sombre, entourée, comme par un anneau sacré, d'un immense mur gris, dont la lourde porte est hermétiquement close et pour toujours. C'est le tombeau même du roi. Vous sentez alors parmi ce paysage, où le culte et le divertissement alternaient, une sorte de souffle romantique, wagnérien, qui passe.

     

    Ce contraste, que vous observez surtout dans le tombeau de Ming-Mang, me paraît marquer un sommet de l'art annamite moderne et la plus forte expression qu'il nous ait donnée de sa pensée dans ce qu'elle a de plus charmant et de plus élevé."

     

    Sommaire

     

    http://belleindochine.free.fr/RegardsSurLesAnnamites.htm

     

     

     

     


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    Une femme planteur : Mme de la Souchère

    La Princesse de l'hévéa ! 

     

    S'il y a bien une femme de caractère en Indochine, c'est la marquise de La Souchère ! 

    Planteur dès 1909 à une époque où les femmes sont encore rares à la colonie, elle a réussi l'exploit de forger de ses propres mains l'une des plus vastes exploitations d'Indochine..  

     

    Les quelques lignes qui suivent lui rendent hommage.

     

     

     

     

    Société des plantations des Hévéas de la Souchère.

    Mme de la Souchère, Planteur et Présidente du Conseil d'Administration de la société

     

    1926

     

     

     

    Extraits du livre "La femme française dans les colonies" de Chivas Baron, 1929

     

    "La Princesse de l'Hévéa"

     

    "Il y a 20 ans, Mme de la Souchére n'a pas craint de s'installer en brousse cochinchinoise. Aidée de quelques coolies, elle fit ses premières plantations. Mais, aux 1eres espérances, succédèrent les premières déceptions. L'incendie qui détruisit 50.000 plants d'Hévéas ne la découragea point. Ne la découragérent pas davantage les énormes difficultés financières auxquelles se heurta sa ténacité.

    La plantation de la Souchére est, actuellement, un modèle du genre : 2000 hectares en plein rendement, coupés de plusieurs kilomètres de routes.

    A la place des huttes primitives, de jolies maisons, un village.. infirmerie, pagode, chapelle.

    Tout le confort moderne colonial, toute l'élégance. Tout le progrès mécanique appliqué.

    Et plus de 250 tonnes de caoutchouc par an."

     

     

     

    villa réservée au Conseil d'Administration de la société (1931)

     

     

    Extraits du livre "Promenade en Indochine" d'Henriette Célariè, publié en 1937

     

     

    "Madame de la Souchère est vice-présidente du syndicat des Hévéaculteurs.

    Elle fut dans la colonie la 1ere femme planteur.

     

    Au début du siècle, en 1909, Mme de la Souchère acheta quelques terrains dans la région de Saigon : 300 hectares de terres grises et seulement ½ hectare de « terres rouges ».

    -         « Rien que de la grande forêt. Beaucoup d’arbre d’essence précieuse et partout, autant dire à chaque racine, des termitières géantes dures comme de la pierre »

     

    La-dedans, elle met un millier de coolies :

    -         Ce qui leur donnait le plus de mal, c’était les bambous males, à cause de leurs longues épines acérés. Les termitières, on les faisait sauter à la dynamite. On défrichait par fractions ; au fur et à mesure, l’on plantait.

    Vous étiez là ?

    Je veux dire, sur place ?

    -         Pendant 3 années, tous les jours, depuis l’aube jusqu’à la nuit, avec seulement une heure pour la sieste, bottée comme vous me voyez, je me perchais, munie d’un parapluie, sur une termitière.

     

    Mes coolies disaient :

    -         Madame « caoutchouc », pas bon pour toi. Pluie tomber. Toi rentrer..

    Trop de soleil pour toi… »

     

    Je leur répondais :

    -         Mes enfants, la pluie, le soleil sont les mêmes pour tout le monde.

    Ou habitiez vous ?

    -         Comme mes coolies, dans une paillote, sur le sol nu. Pas une fois, durant les 3 années du défrichement, je suis allé à Saigon. Si je l’avais fait, je n’aurais pas eu le courage de retourner à la plantation.

     

     

    Du courage ! le mot n’est pas excessif. Rendons nous compte : Seule, au milieu de travailleurs indigène, Mme de la Souchère a connu ce que l’épaisseur de la grande forêt recèle de terrifiant : les fauves, les attaques de pirates.

     

    Elle a subi les chaleurs qui épuisent, la puanteur des pourritures tropicales, la privation de tout ce qui rend la vie agréable et, pire que tout, la fièvre :

     

    -         Des accès, dit elle, à vouloir me jeter par la fenêtre.

    Dans certaines plantations – les plus malsaines – on comptait alors jusqu’à 30% de décès.

    Aujourd’hui, il n’y a pas 15 malades par semaine."

     

     

    Au bout de 3 ans, les hévéas étant plantés et déjà, d’une belle venue, le feu éclate dans la plantation : une cigarette jetée par malveillance, par imprudence plutôt ; avec cela, comble de malchance, un vent de typhon. En deux heures, tout a été nettoyé.

    - Qu’avez vous fait ?

    - J’ai recommencé.

     

     

    La marquise de la Souchère avait fini par posséder l’un des plus beaux domaines de la Cochinchine. Il s’étendait sur 1500 hectares. On le visitait comme un modèle. Plusieurs centaines de familles y vivaient de leur travail.

    Pour ses coolies, elle avait fondé un dispensaire, une infirmerie. Elle avait construit une église, des pagodes. Une école maternelle avait été ouverte et une école élémentaire.

    Des sœurs de Saint Paul de Chartres les dirigeaient ainsi que les institutrices laïques. Il y avait des terrains de jeux, un cinéma et un théâtre.

     

    La crise s’est abattue ; la ruine totale…

     

    - Mon mari, murmure Mme de la Souchère, est enterré dans ce qui fut mes terres.

     

    Quant il m’a fallu tout vendre, au moins on m’a laissé cela : une tombe.

    C’est là que je viendrai me reposer, à mon tour."

     

     

     

     Dispensaire de Long Than - Don de Madame de la Souchère

     

    La crise de 1929

     "En 1927, lors du boom, le kilo valait 20 francs. En 1932, il se vendait 2,10 Frs et il revenait au planteur à 6 francs.

     Le nombre de ruine qu’il y a eues, alors, soupire Madame de la Souchère. Je suis qualifiée pour en parler. Du jour au lendemain, je me suis trouvée avec un déficit de 600.000 piastres.

     

    Autour de moi, on me disait :

    -         Abandonnez. Rentrez en France…

    C’était mal me connaître. Je ne suis pas de celles qui s’en vont en laissant des dettes. Payer ce que je devais ! Seigneur ! Cela semblait impossible. J’y suis presque arrivée…

     

    Sans doute, poursuit elle, nous avons été victime du ralentissement de l’industrie ; mais nous devons faire notre mea-culpa. Durant la période de prospérité, nous avions subi la griserie que cause l’afflux d’argent. On s’étalait dans le bien être. Rien n’était trop beau. Rien n’était trop cher. …

     

    « Le plus modeste des fonctionnaires ou des commerçants rêvait d’avoir, sinon sa plantation, du moins une part de plantation. Des sociétés de fondaient. Il n’était que d’entreprendre pour devenir milliardaire. On le croyait.

    On l’a cru jusqu’au delà des limites de l’espérance.

     

    Le réveil en a été plus douloureux.

     

    Devant l’imminence du désastre, le gouvernement indochinois intervint.

    Il intervint comme il l’avait déjà fait pendant la guerre. Plus de 2 milliards avaient été investis dans les plantations ; elles occupaient 80.000 coolies.

    Le premier geste d’assistance fut de consentir de larges avances pour permettre aux planteurs d’entretenir leur domaine.

    L’assistance donnée sous forme de prêt se révélant insuffisance, le Gouvernement décide en novembre 1930, de payer une prime qui mettait à parité le prix de revient du caoutchouc et son prix de vente (ce système fonctionna jusqu’en 1934).

    Insensiblement mais sûrement l’amélioration espérée par les planteurs s’est produite. Aujourd’hui [vers 1936], le caoutchouc trouve preneur aux environs de 5 francs le kilo.

     

    Depuis le 7 mars 1934 , et en vertu d’un accord signé à Londres entre la France, l’Angleterre, les Pays bas et le Siam, il est interdit d’augmenter les étendues plantés en hévéas.

     

    Les conséquences de cette décision ont été heureuses : les plantations ont repris de la valeur et l’on voit à présent ce qui n’existait plus depuis quelques années :

     

    des amateurs se présentent pour l’achat d’un domaine."

     

     

     

    "Voulez vous que nous fassions le tour de la plantation ?

    Je vais chercher la Torpédo.

     

     

     

    "L'usine" de Suzannah, vers 1926 : plantation de Suzannah

     

     

    Mme de la Souchère rêve :

     

    -         Une Torpédo ! De mon temps, nous nous déplacions à cheval ou dans un char à bœufs. La nuit, on allumait des torches aux quatre coins, à cause des fauves.

     

    Pas de pain frais, pas de glace, sauf deux fois par mois. Aujourd’hui, d’une plantation à l’autre, on reçoit à dîner, on bridge, on organise des sauteries. Les intérieurs ne sont pas seulement confortables, ils sont élégants, et souvent d’un goût raffiné.

     

     

     

     

     

    vers 1926 : plantation de Suzannah

     

      D’ou viennent les travailleurs ?

    -     nous employons un assez grand nombre de tonkinois, répond monsieur Berthier. Les indigènes de la région ont le défaut d’être instables. Point d’ennuis de ce genre avec les Tonkinois, mais il faut leur payer le voyage d’aller et de retour.

     

    Ce sont de gros frais, et en ce moment, nous visons à diminuer ceux ci.

     

     

     

     

     

    Combien gagnent vos coolies ?

    -      En « 26 », ils se faisaient jusqu’à 25 piastres par mois.

     

     

    Maison pour les surveillants indigènes

     

    Depuis la crise, leur salaire est tombé à 12 piastres :

    celui d’avant le « boom ».

     

     

     

    De larges avenues coupent géométriquement la plantation. ..

    Les belles colonnes des hévéas s’alignent, majestueuse, comme dans un temple.

     

    Les jeunes sont tous luisants de leur feuillage aux transparences d’émeraude.

     

    Les autres ont un tronc rugueux. Tous montent d’un seul jet, fiers de leur force audacieuse. "

     

     

     

    maison type d'un coolie

     

     

    PAGODE

     

     

     

     

    HOTEL PARTICULIER de Madame de la SOUCHERE

     

     

     

     

     

    Dans l'Asie qui s'éveille - 1923 - François de Tessan

    En 1910, Mme de la Souchére, ayant décidé de créer quelque chose, et quelque chose de bien, de grand , d'utile, de beau, s'installait dans une modeste paillote autour de laquelle le tigre venait souvent roder. Tout autour d'elle, le fouillis hostile des hauts bambous, la forêt et ses menaces, la solitude. Quand les Saigonnais apprirent qu'une jeune et charmante femme prétendait vivre ainsi à la manière des rudes pionniers, ils crurent à une gageure.. Mais ce n'était point fantaisie de citadine éprise d'une romanesque retraite. Mme de la Souchére, avec une troupe réduite de coolies, élargit peu à peu son domaine. Pour défendre les vergers naissants autour de sa demeure, contre les animaux sauvages, elle était parfois obligés de faire le coup de feu. Cerfs, chevreuils, sangliers, porcs-épics lui rendaient plus souvent visite que les personnes avec lesquelles elle était naguère en relation à Saigon. Pendant des mois et des mois, elle batailla contre la terre et les éléments hostiles. Elle avait juré qu'elle ne reviendrait à la ville que quand les hévéas auraient remplacé .. les énormes bouquets de bambous. Habillé en homme, chaussée de hautes bottes, un large feutre l'abritant contre le soleil, elle exercait son métier de planteur avec une surprenante autorité. Parlant couramment l'annamite, s'intéressant à la vie de ses coolies, les soignants lorsqu'ils étaient blessés ou malades, elle savait tout obtenir de son personnel.

    En 1912, un incendie détruisit 50.000 jeunes arbres ! Mme de la Souchère subit ce désastre sans broncher. Elle recommença la lutte dès le lendemain.. Et enfin, sa constance fut récompensée comme dans les romains moraux.

     

    Après 10 années de labeur et d'épreuve de toute sorte, la plantation qu'elle avait dirigé en personne, commença à lui apporter les satisfaction attendues.

    Quand on se rend de Saigon au Cap St Jacques sur la route coloniale n°2, on aperçoit au kilomètre 53 des maisons rayés de blanc et de noir au milieu des alignements d'hévéas, une jolie demeure blanche à étage qui jette une note gaie dans les terres grises :

     

    c'est la plantation de la Souchére.

     

    Plusieurs km de routes la parcourent intérieurement. Il y a, sur les 1000 hectares en plein rendement, environ 600 hectares à caoutchouc et aussi une quantité considérable de cocotiers et de bananiers. 

     

     

    C'est un Kipling qu'il faudrait pour décrire les épisodes de ce duel entre une femme et la brousse rebelle.

     

     

    Grande est la popularité de Mme de la Souchère en Cochinchine.

     

     

    Elle mérite de dépasser les limites de la colonie.

     

    C'est une exemple de vaillance et d'endurance qui doit être connu en France même, pour qu'il serve à nos futures "coloniales".

     

    Daniel Hémery, Révolutionnaires vietnamiens et pouvoir colonial, Paris, Maspero, 1975, p. 29 n
    (contribution Alain Léger)

    On notera l'indignation des colons lors de la vente aux enchères de la célèbre plantation De La Souchère à Long Thanh le 28 septembre 1933 : estimée à 2.000.000 $ [piastres], elle est adjugée pour 100.000 $ au groupe de la Banque de l'Indochine 
    [plus précisément à la SIPH (A.L.)].

     

    « La plaie de la colonie ? c'est la Banque de l'Indochine ! »,

     

    écrit De Lachevrotière, principal porte-parole du colonat,

    dans La Dépêche d'Indochine du 26 octobre.

     

     

    Histoire de Mme de la Souchère, d'après le revue Sernamby, avril 1998

     

     

    Âgée de 23 ans, Janie Bertin, originaire de Normandie, débarque à Saigon le 15 décembre 1904. Elle vient rejoindre son mari, Charles Rivière de la Souchère, Capitaine au long cours, en formation sur la rivière de Saigon.

     

    Ils sont installés dans une villa confortable dans la rue Testard.

     

    Charles obtient son brevet de pilote en 1905, ce qui lui permet d'être affecté à la liaison maritime entre le Cap Saint Jacques et Saigon. Le couple vit une vie mondaine, et participe notamment aux nombreuses fêtes données au Cercle des Officiers.

     

     

    En 1909, lassée de cette vie festive, Mme de la Souchère propose à son mari de créer une plantation.

     

    Il finit par céder, connaissant la ténacité de sa femme.

     

    A une condition : que la plantation ne soit pas trop loin de Saigon,

    car ils ne possèdent pas de voiture.

     

     

    Le lieu de Long Than, à 55 km de Saigon, est choisi.

    Les conditions de vie durant la phase de défrichage sont particulièrement difficiles.

     

    Logement spartiate, approvisionnement tous les 15 jours, présence du tigre, accès de fièvre.

     

    La plantation compte 1000 hévéas fin 1910. Le coup de fusil doit être fréquemment tiré contre les sangliers, lièvres et autres cerfs qui endommagent les jeunes pousses.

     

     

    Au bout de 2 ans, 200 hectares sont défrichés et plantés, soit un total de 60.000 hévéas.

    Mais un incendie ruine les 3 ans d'efforts. Tout est à recommencer.

     

    Craignant de ne pas avoir le courage de revenir, la femme planteur ne se rendra pas une seule fois à Saigon en 3 ans...

     

    Un village est construit, ainsi qu'une infirmerie.

    Une école est confiée aux Sœurs.

     

    Plus tard, une pagode et une chapelle verront le jour.

     

     

    Par arrêté du Gouverneur de la Cochinchine,

    ce village prendra le nom de "Bertin Rivière de la Souchère".

     

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    En 1916, un télégramme arrive sur la plantation :

    Charles, son mari, est brusquement hospitalisé.

     

    Il meurt 3 jours plus tard. Malgré son immense chagrin, elle décide de poursuivre seule l'œuvre entreprise avec son époux.

     

    Elle lui succéde au sein du Syndicat des planteurs de Caoutchouc (elle sera plus tard vice présidente puis présidente d'honneur). 

     

     

    En 1920, elle engage un directeur européen, ce qui lui permet de se consacrer avec plus d'ardeur à son rôle social. Sa porte est ouverte à tous.

     

    Ses coolies l'appellent "Maman".

     

    Elle sait les annamites joueurs : elle crée alors un carnet de pécule, alimenté par des versements mixtes et égaux.

     

    En 1922, elle reçoit la Croix de la légion d'Honneur.

     

     

    En 1927, la simple "cagna" du début est remplacée par une jolie

    maison à colombage meublée avec goût, possédant l'électricité et le téléphone.

     

    La plantation s'étend sur 1000 hectares.

     

    Elle prend un premier congé en métropole.

     

    Avant de partir, elle offre 12000 piastres et un terrain pour la construction d'une maternité.

     

    Elle emmène avec elle un enfant annamite de 6 ans, confié par une famille de notable. Elle l'adoptera plus tard à la demande de ses parents et lui donnera le nom de Charles Bertin Rivière de la Souchère.

    En 1930, la crise éclate.

     

    Les emprunts succèdent aux emprunts.

     

    En 1932, le prix de vente du caoutchouc est de 2.1 piastres

    (contre 20 en 1927) pour un coût de revient à 6 piastres...

     

     

    Pour les banques, le fruit est mûr !

     

    Elles exigent le remboursement des sommes dues et rachètent en dessous de la valeur réelle les plantations concernées.

     

    Mme de la Souchére fait partie des victimes et perd sa plantation.

     

    Le prix de vente ne couvre pas les dettes accumulées.

    Beaucoup lui conseillent alors d'abandonner.

     

    Pugnace, aidée par des amis, elle fait face et, en 1939, ses dettes effacées, se retrouve propriétaire d'une plantation de 200 hectares de caféiers et d'hévéas.

     

     

    Une cruelle épreuve la frappe à nouveau :

    son fils adoptif jean, 13 ans, meurt brusquement à la Seyne sur Mer.

     

     

    Très affectée, elle règle ses affaires, confie sa plantation à William Bazé et rentre en France avec deux autres enfants adoptés, Marie Josée et Pierre, le frère naturel de Charles.

    En juin 1940, elle est installée dans un petit château près de Saumur.

     

    En 1942, elle part pour la France libre à Mont Auroux, dans le Var.

     

    Ses 3 enfants s'engagent dès le débarquement

    dans les campagnes de France,

    d'Allemagne et d'Indochine.

     

    Elle ne retournera plus en Indochine malgré son désir.

     

    Après Dien Bien Phu, elle fera rapatrier les cendres de son mari.

    Promue au grade d'officier de la légion d'honneur en 1952.

     

     

    Elle sera toujours très attentive aux faits politiques de l'Indochine ainsi qu'à tout ce qui concerne l'adoption.

     

     

    Elle termine sa vie à Grasse le 31 octobre 1963.

     

    Elle repose au cimetière de la Seyne sur Mer.

     

     

     

     

    http://www.cambodgemag.com/2015/01/indochine-une-femme-planteur-mme-de-la.html

     

    http://www.bartko-reher-cpa.fr/ak/93-carte-postale-ancienne/18374-autres-villes-et-communes

    -43-Haute-Loire/5470681-CPA-La-Souchere-les-Bains-Parc-du-Family-Hotel

     

     http://belleindochine.free.fr/MmeSouchere.htm

     

     


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    Les courtisanes japonaises en Indochine
     
     
     
    Elle prête son corps, elle ne loue pas son coeur!
     
    Au cours du XIX e siècle, de nombreuses japonaises se sont expatriées dans les pays asiatiques de l'Est et du Sud Est pour y travailler comme prostituées.
     
    Cette "activité" prendra fin en 1920 lors que la prostitution a été déclarée hors la loi par le Japon.
     
    A cette date, les maisons de tolérance ont été fermées à l'étranger et la plupart des femmes sont rentrées au pays. 
     
    Concernant l'Indochine, si de nombreuses cartes postales de japonaises ont circulé, on ne trouve pas beaucoup de récits les concernant.
     
    Les "congais" de l'Indochine et les "poussaos" du Laos étaient suffisamment évocatrices pour remplir les romans coloniaux sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à ces beautés venues de l'étranger..
     
     
    Ci dessous de larges extraits d'une description intéressante écrite par le Professeur Roux en 1905,
     
    "la Prostitution Japonaise au Tonkin" pour la Société d'Anthropologie de Paris, 16 mars 1905 (disponible sur le site Gallica). 
     
     
    On y apprend notamment que les prostituées japonaises (les "moussmés") ne fréquentent que des occidentaux et jamais les annamites.
     
     
    Elles sont très soignées et accordent beaucoup d'importances à l'ordre et l'hygiène....  et très EXPERIMENTEES !
     
     
     
     

    Origine

    "La Japonaise a depuis longtemps envahi les ports de l'Extréme-Orient: le Tonkin, depuis l'occupation française, a attiré l'attention des tenanciers et, actuellement, les maisons de prostitution s'élèvent jusqu'à la frontière de Chine, dans tous les centres où se trouve une agglomération européenne suffisante." 

     

    "On a dit et répété que les prostituées japonaises qui vont chercher, en dehors de leur pays d'origine, ie droit d'exercer leur industrie spéciale, visaient à se constituer une dot pour rentrer ensuite dans leur pays, y choisir un époux et se consacrer exclusivement, par la suite, aux devoirs du foyer, à l'éducation des enfants qu'elles peuvent concevoir. La vérité n'est pas conforme, en général, à cette opinion.

     

    La Japonaise du Tonkin est issue de famille pauvre, elle est devenue l'esclave d'un tenancier parce qu'elle s'est engagée pour une somme fixée par contrat et dont le montant doit venir en aide à ses malheureux parents.

     

     

    Elle contracte ainsi une dette qui va devenir l'origine de stratagèmes sans nombre de la part de son créancier pour qu'elle ne parvienne jamais a t'éteindre et il est probable qu'elle mourra à la peine, si un ami généreux ne vient un jour solder cet arriéré et lui rendre sa liberté. [...]

     

     

    Enfin les déceptions amoureuses, la crainte de la colère paternelle, les offres alléchantes des tenanciers racontant que la vie est plus facile et le mariage plus commode de l'autre coté des mers, sont autant de causes qui agissent sur l'esprit des jeunes filles pauvres pour permettre aux agents de prostitution de pratiquer à leur aise la traite des jaunes. Le paupérisme, ici comme ailleurs, est donc à la base de la prostitution : mais un caractère original doit être retenu qui dérive du système d'adoption des enfants et de la piété filiale envers les parents poussée jusqu'à l'engagement des jeunes filles comme caution d'une avance d'argent."

     

     

    Arrivée à Haiphong

    "Ces recrues féminines, accompagnées de l'agent qui les conduit, arrivent ainsi à Haiphong où elles sont reçues à la maison publique de la ville où se trouve l'agent général de la prostitution japonaise au Tonkin.

     

    Les nouvelles arrivées rencontrent, de la part de leurs camarades qui les ont précédées dans la région, un accueil enthousiaste et les conversations ont leur train sur le pays natal auquel on pense toujours.

     

    Mais le répartition commence il serait peu pratique de laisser improductif ce capital précieux et les sous-maitresses, qui dirigent ailleurs des maisons secondaires, viennent chercher leurs pensionnaires pour Hanoï, Yen-Bay, Lao-Kay et Mong-Tsé.

     

    Ce dernier poste fut en effet créé au milieu de l'année 1904."

     

     

    "Cette répartition n'est pas définitive si la mousmé du Haut-Tonkin est fatiguée par le climat, on la fera descendre dans une région plus saine, de même que tes femmes contaminées d'Haiphong et d'Hanoi essayeront parfois un voyage dans le haut Fleuve Rouge pour échapper à la surveillance médicale du lieu et constater si le médecin de leur nouvelle résidence aura la même sévérité que son collègue du Delta."

     

    Organisation de la maison

    "La prostitution japonaise, en Indo-Chine, est étroitement réglementée. Les femmes sont enfermées dans une maison bâtie en un quartier spécial et ordinairement dirigée par une ancienne courtisane qui jouit d'une grande autorité sur ses pensionnaires et qui intervient, dans tous tes cas, comme responsable, vis-à-vis de l'Administration. Elle s'est substituée au tenancier d'Haïphong qui lui a passé ses créances, sans aucun doute majorées. Les jeunes femmes qu'elle a recrutées lui obéissent très exactement, sans jamais murmurer et la traitent avec déférence.

     

    Elle-même, quoique sachant rire a propos, garde une tenue très décente et ne se commet jamais avec les clients.

     

    Elle dirige ta maison au point de vue domestique, exige que les chambres soient d'une propreté rigoureuse, surveille l'alimentation et s'ingénie à entourer ses étèves d'un cadre spécial leur donne l'illusion d'une maison de là bas.

     

    C'est ainsi que leur papier à lettres, leurs livres, les étoffes, tout vient du Japon et elles augmentent d'autant plus leurs dettes qu'elles se confectionnent davantage de kimonos voyants et de ceintures de soie."

     

     

    "Elles ne sortent guère que le jour de visite médicale, une fois par semaine ou plus souvent si le docteur le prescrit, revêtues de leurs plus belles toilettes, se dandinant sur leurs " gétas " de bois, elles se rendent ainsi en groupe jusqu'au dispensaire où toutes, même les plus jeunes, se laissent examiner sans récrimination, trouvant au contraire très naturel qu'en protégeant la société on les protège elles-mêmes contre des maladies dont elles connaissent fort bien les graves conséquences."

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    "La dette qui les lie à la tenancière est en moyenne de 180 piastres. Si un Européen veut en solder le prix, la prostituée est libre elle se louera alors à son nouveau maître pour 30 piastres par mois et deviendra une maîtresse de maison sur le zèle de laquelle on peut absolument compter.

     

    Ce n'est que de cette façon qu'elle peut arriver à faire des économies et revoir le pays natat car, dans la maison de prostitution, les tenanciers ne songent que rarement à exécuter l'article 30 de la loi japonaise de 1896 disant "

     

    En traitant avec les courtisanes, les tenanciers tâcheront de les ramener à une vie plus vertueuse et les empêcher de gagner

    de l'argent de pareille manière. "

     

     

     

     

    "L'âge de ces Japonaises est très variable, il va de 14 à 30 ans.

    Mais le plus grand nombre des recrues est aux environs de la dix-huitième année.

    La loi japonaise interdit la prostitution réglementée au-dessous de 16 ans."

     

    Beauté et qualités

     

    "Ces femmes sont en général petites et mal faites. Le buste est long, mais deux de ses éléments, la poitrine et le bassin, sont mal proportionnés […]

     

    Les cheveux sont longs, épais et ramenés en des torsades savantes qui représentent un grand travail.

     

    Aussi la Japonaise tient-elle à sa coiffure et dort, la nuit, le cou appuyé sur un oreiller en forme de fer à repasser, de façon à ne pas déranger cet édifice capillaire péniblement et laborieusement échafaudé. "

     

     

     

    "A propos du système génital, il convient de dire combien les Japonaises sont propres et soignées de toutes les prostituées que j'ai examinées, en différents pays, je n'en ai jamais rencontré qui arrivent à l'examen du médecin sous un aspect de propreté aussi partait."

     

    "L'intelligence est vive, éveillée, elles sont curieuses de rapprocher les mœurs de leurs pays des nôtres et questionnent volontiers sur nos habitudes et nos usages.

     

    Toutes celles que j'ai examinées savaient lire et écrire et leurs moments de loisir se passaient à coudre, à lire ou à écrire à leurs parents.

     

    Elles apprennent assez facilement le français ou l'annamite et sont douées de beaucoup de mémoire."

     

     

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    "Il est courant d'entendre nier la sensibilité chez la prostituée japonaise et il est convenu de dire que c'est une femme de marbremais cette réserve dans tes ébats amoureux, dont on lui fait un reproche, pourquoi l'enfreindrait-elle?

     

    Elle exerce un métier, par raison, par nécessité de quel droit exige-t-on du sentiment dans une occasion où il n'a que faire?

     

    La Japonaise sait qu'elle est ta prêtresse d'un sacrifice indispensable par lequel elle contribue, dans une certaine mesure, à l'assouvissement de cet instinct sexuel par lequel nous sommes nés, pour lequel nous vivons et au moyen duquel nous assurons, la pérennité de l'espèce."

     

     

     

    "Elle prête son corps, elle ne loue pas son coeur.

     

    Mais si un protecteur paye ses dettes et la libère de sa tenancière, il ne tarde pas à constater que cette poupée orientale ne craint pas de faire du sentiment et que, autant par affection que par reconnaissance, elle lui témoignera son contentement par des caresses et des étreintes passionnées.

     

    En cas de maladie, elle se transforme en une infirmière dévouée, qui est aux petits soins pour son malade et fait exécuter à la lettre les prescriptions du médecin."

     

    "Enfin, même dans la maison commune, ses sentiments affectifs trouvent à s'épancher dans de longues lettres quelle écrit très régulièrement à sa famille et dont elle attend la réponse avec impatience. La Japonaise rit facilement, mais se fâche très vite.

     

    Elle a son caractère, je veux dire qu'elle est têtue.

     

    Dans le genre des petites ménagères de chez nous, elle aime l'ordre, la propreté et tient à régir de très près tout ce qui ressortit à une femme, dans l'administration d'une maison. N'allez pas déranger une série de mouchoirs vous auriez à coup sur une scène.

     

    Faites des observations aimables sur le repassage défectueux de votre veste blanche vous auriez sans cela à subir, pendant quelque temps, l'ennui relatif d'un mutisme complet."

     

     

    "Il faut que cette femme, comme tant d'autres, fasse sentir sa volonté de temps en temps ! "

     

      "A défaut d'un client ou d'un protecteur, c'est aux serviteurs annamites qu'elle s'en prend, car elle a le plus profond mépris pour cette race, qu'elle considère comme une race de boys, et les Annamites ne sont pas reçus dans les maisons de prostitution où sont employées les Japonaises."

    Femmes de principes

    "Mais le coté le plus intéressant, à mon avis, de la prostituée japonaise, réside dans sa morale. Tout au moins dans les premières années de sa réclusion, la courtisane ne pense pas que son métier puisse être taxé d'infamie : ses jours de sortie, promenée dans son pousse-pousse, elle ne cherche pas à éveiller l'attention des passants, bien différente en cela des " maison Telliers " que l'on voit parfois, en province, se faire voiturer tapageusement dans des costumes criards. Et pourquoi serait-elle honteuse d'elle-même?

     

    Son métier la force à changer de maître très souvent, il l'expose à subir des maladies dont elle est la première à pâtir mais, en somme, elle n'est pas une dégénérée génitale.

     

     

    Les rapports qu'elle autorise sont conformes à la loi naturelle et les érotomanes n'ont rien à faire à ses cotés.

     

    Combien de nos pauvres filles de la ville, prostituées, pourraient se montrer sous cet aspect, alors que la plupart d'entre elles se prêtent à toutes les exigences de personnes déséquilibrées et oublient si facilement l'usage physiologique de certains de leurs organes?"

     

     

    "Ce fonctionnement génital normal, quoique hyperactif, lié à un état psychique héréditaire, explique, à mon sens, que la prostituée japonaise conserve des quatités morales que nous ne trouvons sans doute pas au même degré parmi les autres races. L'honnêteté, par exemple, est fort en honneur chez elle, sous ses diverses formes.

     

    Le prix convenu, dans une maison, n'est jamais majoré.

     

    Si le médecin a reconnu une femme malade et lui ordonne de garder ta chambre. il est absolument certain que la femme malade n'aura aucun rapport, malgré les offres tes plus tentantes, avant que te docteur ait levé l'interdit qui pèse sur elle et j'insiste sur cette observation, qui est a coup sûr peu banale, et que j'ai eu l'occasion de faire plusieurs fois."

     

     

    "Mais le patriotisme de ces jeunes femmes est aussi un trait bien original de leur vie psychique nous irions, dans une maison de prostitution française, calomnier et insulter un de nos hommes d'Etat les plus en vue, que les pensionnaires s'en soucieraient probablement fort peu et mettraient ces paroles acerbes sur le compte d'une douce folie sans intérêt pour elles.

     

     

    N'allez pas proférer des injures, dans une maison japonaise du Tonkin, à l'adresse du Mikado et mettre en doute sa supériorité intellectuelle :

     

    vous seriez très mal reçu et Mme Chrysanthème aurait tôt fait de vous mettre à ta porte si vous ne reveniez bientôt à des sentiments plus japonophile et à l'observance plus stricte des convenances et des égards que vous lui devez."

     

    [...]" Dans le Haut.Tonkin, elles paient un large tribut à l'endémie palustre : dans les premiers mois l'anémie est rapide les muqueuses se décolorent, le teint se fane et elles essayent vainement de le relever en mettant du rose sur leurs pommettes ou en se carminant les lèvres. Les cheveux tombent aussi et c'est là un de leurs déboires tes plus douloureux, car la coiffure joue un grand rôle dans la vie de ces courtisanes.

     

    Enfin quelques-unes meurent là-haut de cachexie palustre ou d'accès pernicieux mais d'autres viennent les remplacer et ces remplaçantes continueront de monter vers ces pays lointains tant que le Japon sera trop petit pour ses habitants et que le peuple y sera voué a la misère."

     

     

     

     

     

     

  •  

     

     

    Ce jeune homme si triste c'était Thanh-Tai, l'empereur !..

     

    Il y a 20 ans, la cours d'Annam était encore solennellement close aux regards des profanes.

     

    Quand l' Ambassade française arriva, en 1875, c'est à peine si elle put contempler, pendant 5 minutes, le glorieux Thu-Duc, immobile en son trône, sa tiare endiamantée, sa robe de satin, lamée d'ors et de pierreries, brochée de dragons bleus, ses quatre eunuques qui l'éventaient, ses femmes qui brûlaient des parfums de myrrhe sous son nez, ses premiers officiers... [...]

     

     

    Mais aujourd'hui, ce pauvre jeune Thanh-Taî a été si mal élevé, en de si déplorables formules européennes, qu'il en a oublié un peu son trône, sa tiare, ses portes sabres et ses hérauts.

    Il n'a guère conservé que ses eunuques.

     

    Il fait de la bicyclette, de la photographie ; il vient au - devant de ses visiteurs et les reconduit, jusqu'à la porte, comme un ministre républicain.

     

     

    Thanh-Taî n'a t-il point ses femmes si, par hasard, ce mal européen menaçait de l'atteindre ?

    Elles sont là pour obéir à tout ce que peut imaginer son impériale cervelle.

     

    A-t-il envie de leur couper le cou ? Elles tendent le cou (mais cela arrive rarement).

     

    Sa distraction préférée, entre le bicyclette et la photographie, consiste à les faire battre les unes contre les autres, en costume de soldats d'infanterie de marine.

     

    Celles qui sont vaincues, ils les emprisonnent et souvent, m'a t-on dit, les oublie au fond des cachots de la citadelle...

     

    [NDLR : l'empereur sera destitué en 1907 pour ces raisons]

     

    Comme cette légende est FAUSSE !!

     

     

     

     

     


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    Vous-êtes vous déjà demandé pourquoi certains parlaient du Japon comme du "Nazi de l'Asie" ?

     

     

     

    Un peu avant le début de la Seconde guerre mondiale, en 1931, a eu lieu l'incident menant à la seconde guerre sino-japonaise.

     

    Les Japonais, souhaitant occuper la Chine pour sa terre fructueuse et riche, installent en Mandchourie une voie de chemin de fer, censée transporter des vivres.

     

    C'est lors de l'incident de Mukden que la violence a commencé à se réinstaller entre les deux pays, déjà en tension : Une voie de chemin de fer appartenant aux Japonais explose. Les militaires japonais accusent les civils chinois de sabotage, et si l'accident semble mis en scène - comme beaucoup d'autres incidents à l'époque -, il est le prétexte de l'invasion immédiate de la Chine par les troupes japonaises.

     

    La Mandchourie est annexée, renommée  Mandchoukouo, et le Japon place un dirigeant de paille pour gérer le nouvel état. L'expansionnisme japonais se satisfait, pour l'heure, de cette annexion.

     

    En 1937, après un second incident douteux, l'empereur du Japon Hirohito donne son accord pour envahir le reste du territoire chinois, et la seconde guerre sino-japonaise commence. La guerre stagne quelques mois, jusqu'à ce que l'Empereur ordonne à l'armée de prendre la ville de Nankin, à l'époque capitale de la République de Chine.

     

    Si, comme durant toutes les guerres, les Japonais ont pillé, violé et massacré, l'histoire de la ville de Nankin, qui a mis un terme à la guerre et dégoûté les Japonais de la violence de leur propre armée, est particulièrement horrifiante.

     

    Si l'armée chinoise prétend au début qu'aucune reddition ne sera envisagée et que la défense de la capitale sera leur souci principal, elle se rend très vite compte que cette ville n'a qu'un rôle symbolique, en tant que capitale, et l'armée abandonnera très vite ses civils aux Japonais de l'époque, devenus des monstres après les années de guerre et de propagande décrivant les autres habitants de l'Asie comme du "bétail" (家畜).

     

    Nous conseillons vivement aux personnes sensibles de ne pas poursuivre la lecture de cet article, car les faits qui y sont relatés peuvent choquer, et induire des crises de panique. Cet avertissement est à prendre au sérieux.

     

    1. Les viols

     

     
    les femmes massacrées à nankin empilées sur les marches

    Source photo : bataillescelebres

     

    L'estimation du tribunal militaire international de l'extrême orient porte les victimes au nombre de 20 000 femmes, y compris petites filles, personnes âgées, et femmes enceintes. Les viols y étaient si systématiques que l'autre nom du Massacre de Nankin est le Viol de Nankin.

     

    Les femmes étaient sorties de force des maisons et violées collectivement. Souvent victimes de mutilation et de barbarie (objets introduits de force dans le vagin, membres arrachés...), elles étaient finalement tuées à la baïonnette, ou poignardées.

     

    La ville de Nankin abritait beaucoup d'étrangers, dont la plupart ont réussi à communiquer les atrocités commises à Nankin, via des lettres ou des journaux. Le révérend James McCallum écrit ainsi : 

     

    Je ne sais pas quand cela se terminera. Jamais je n'ai entendu ou lu autant de brutalité. Viol ! Viol ! Viol ! Nous estimons au moins 1 000 cas par nuit et beaucoup de jour. En cas de résistance ou tout ce qui ressemble à une réprobation, il y a un coup de baïonnette ou une balle... Les gens sont hystériques... Les femmes sont emportées chaque matin, après-midi et soir. Toute l'armée japonaise semble libre d'aller et venir comme elle veut et de faire ce qui lui plaît.

    Source citation : Hua-ling Hu, American Goddess at the Rape of Nanking: The Courage of Minnie Vautrin, 2000, p. 97

     

    De même, le chirurgien Robert O. Wilson écrit à sa famille en 1937 :

     

    Le massacre de civils est épouvantable. Je pourrais écrire des pages de cas de viol et de brutalité presque incroyables. Deux corps passés à la baïonnette sont les seuls survivants de sept balayeurs qui étaient assis sur leur siège lorsque les soldats japonais sont arrivés sans avertissement ou raison et ont tué cinq d'entre eux et blessé les deux qui ont réussi à trouver le chemin de l'hôpital. 

     

    Laissez-moi raconter certains cas qui ont eu lieu ces deux derniers jours. La nuit dernière la maison d'un des membres chinois du personnel de l'Université a été détruite et deux des femmes, qui sont parentes avec lui, ont été violées. Deux filles d'environ 16 ans ont été violées à mort dans un camp de réfugiés. Dans l'Université où se trouvent 8 000 personnes, les Japonais sont venus dix fois dans la nuit, passant au-dessus du mur, pour voler de la nourriture, des vêtements et violer jusqu'à satisfaction. Ils ont donné cinq coups de baïonnette à un petit garçon de huit ans dont un dans l'estomac, une partie de son épiploon (partie de l'intestin grêle, ndT) se retrouvant hors de son abdomen. Je pense qu'il va vivre.

     Source citation : Kaiyuan Zhang, Eyewitness to Massacre: American Missionaries Bear Witness to Japanese Atrocities in Nanjing, M. E. Sharpe, 2001.

     

     
    photo d'un soldat japonais qui transperce un bébé à nankin

    Source photo : Pinterest, Japanese soldiers in Nankin

     

     
    un soldat japonais jetant un petit enfant

    Source photo : Pinterest, rape of  Nankin photos

     

    D'autres rapports font montre que les atrocités des Japonais ne s'arrêtaient pas là : d'après Iris Chang, auteure de The Rape of Nanking, ils forçaient les familles à commettre des actes d'inceste, en forçant des fils à violer leurs mères, et des pères leurs filles. Robert B.Edgerton, dans Warriors of the Rising Sun, décrit le viol d'une femme enceinte qui a accouché quelques heures après, à cause du choc. La mère comme l'enfant semblent avoir eu la vie sauve.

     

    Des hommes de foi, ayant fait vœu de célibat, sont également forcés à violer des femmes.

     

    2. Les massacres des civils

     

    Sur la route de Nankin, les Japonais ont aussi commis des crimes dont le cynisme ferait frissonner le moins sensible d'entre nous.

     

    Une atrocité parmi les plus connues est le concours de meurtres, auquel se sont adonnés deux officiers japonais. Couvert par plusieurs journaux comme un évènement sportif, le concours portait sur celui qui serait le plus "productif" à la baïonnette : 

     

     
    concours de deux officiers japonais

    Source photo : Wikipedia. 

     

    Publiée dans le Tokyo Nichi Nichi Shimbun, cette photo met en valeur les deux officiers, Mukai et Noda, ayant un score respectif de 106 décapités pour Mukai, contre 105 pour Noda. On peut y lire "Record incroyable", et que les deux officiers se sont mis d'accord sur une manche supplémentaire :

     

    - puisqu'il était difficile de savoir qui était arrivé à 100 en premier, ils ont décidé de recommencer, avec cette fois pour but d'atteindre les 150 décapitations.

     

    Le 10 février 1938, le secrétaire de légation de l'ambassade allemande décrit certains clichés pris par le révérend John Magee :

     

    Durant le règne de la terreur japonais à Nankin – qui en tout cas continue à ce jour dans des proportions incroyables – le révérend John Magee, membre de la mission de l'église épiscopale américaine qui est sur place depuis près de vingt-cinq ans, a filmé des images qui sont un témoignage éloquent des atrocités perpétrées par les Japonais...

     

     

    Nous allons maintenant attendre et voir si les hauts officiers japonais réussiront, comme ils l'ont promis, à stopper les activités de leurs troupes, qui continuent encore aujourd'hui. 

     

    Le 13 décembre, environ 30 soldats sont venus à la maison chinoise au 5 rue Hsing Lu Koo, dans le quartier sud-est de Nankin et ont demandé à entrer.

     

    La porte a été ouverte par le propriétaire, un musulman appelé Ha.

     

     

    Ils l'ont tout de suite tué avec un revolver et également Mme Ha, qui s'est agenouillée devant eux après

     

    la mort de son mari, les suppliant de ne tuer personne d'autre. Mme Ha leur a demandé pourquoi ils ont tué son mari et ils l'ont abattue. Mme Hsia a été traînée de dessous une table dans la salle des invités où elle a tenté de se cacher avec son bébé âgé d'un an. Après avoir été déshabillée et violée par un ou plusieurs hommes, elle a reçu un coup de baïonnette dans la poitrine et une bouteille a ensuite été introduite dans son vagin. Le bébé a été tué à la baïonnette.

     

    Certains soldats sont ensuite allés dans la pièce suivante, où se trouvaient les parents de Mme Hsia, âgés de 76 et 74 ans, et ses deux filles de 16 et 14 ans. La grand-mère a essayé de protéger les deux filles du viol des soldats. Ils l'ont tuée avec un revolver.

     

    Le grand-père a saisi le corps de sa femme et a été tué.

     

    Les deux filles ont été ensuite déshabillées, la plus âgée violée par 2 ou 3 hommes et la plus jeune par trois hommes.

     

    La fille la plus âgée a été poignardée et un bâton introduit dans son vagin.

     

    La plus jeune a reçu des coups de baïonnette mais a été épargnée du traitement horrible subi par sa sœur et sa mère.

     

    Les soldats ont ensuite donné des coups de baïonnette à une autre sœur de 7-8 ans qui était aussi dans la pièce. Les derniers meurtres dans cette maison sont ceux des deux enfants des Ha, âgés respectivement de 4 et 2 ans. Le plus âgé a été tué à la baïonnette et le plus jeune à l'épée.

     

     
    une femme tient un bébé, après qu'ils aient tous deux reçu un coup de sabre

    Source photo : Dessin représentant les atrocités du Viol de Nankin, Demeureduchaos.skyrock.com

     

     

    Voici un témoignage de Tang Junshan : 

     

    La septième, et dernière personne de la première rangée était une femme enceinte. Le soldat pensait qu'il pourrait tout aussi bien la violer avant de la tuer, alors il l'a tirée hors du groupe à un endroit situé à une dizaine de mètres. Alors qu'il essayait de la violer, la femme a résisté avec vigueur... Le soldat l'a violemment poignardée dans le ventre avec sa baïonnette. Elle a poussé un dernier cri lorsque ses intestins sont sortis. Ensuite, le soldat a poignardé le fœtus, encore accroché par son cordon ombilical, et l'a jeté à côté.

    Source citation :  Cecilia Yang 

     

     
    un bébé pleure sur le cadavre de sa maman, nankin

    Source photo : Literaturesalon.wordpress.com.  Un bébé pleure sur le cadavre de sa mère, empilé sur celui de son père.

     

    3. L'abolissement des lois internationales à Nankin

     

    L'empereur Hirohito approuve en août 1937 la demande des grands généraux de l'armée d'annuler les lois internationales protégeant les prisonniers de guerre. Le terme même de prisonnier de guerre disparaît.

     

     
    Soldats chinois enterrés vivants

    Source photo : Wikipedia. Des soldats chinois sont attachés avant d'être enterrés vivants.

     

    Ainsi, à la chute de la ville, les troupes japonaises reçoivent l'ordre de retrouver tous les anciens soldats, et des milliers de jeunes hommes sont capturés. Ils sont pour la plupart exécutés à la mitrailleuse.  Le plus gros massacre de prisonniers reconnu est celui du 18 décembre : pendant toute la matinée, les soldats japonais lient les mains des prisonniers ensemble, afin de les empêcher de s'enfuir. Ils les divisent en quatre colonnes, et au crépuscule, ouvrent le feu.

     

    Les prisonniers, incapables de bouger, voient leurs morts arriver, pleurent, crient, ou prient. Pendant une heure, les mitraillettes retentissent. À l'issue de cette heure, les survivants sont massacrés à la baïonnette. Les corps sont ensuite jetés dans le fleuve. Environ 57 500 prisonniers chinois ont été tués.

     

    Une autre façon d'exécuter les Chinois à Taiping - décrit dans un article de la BBC NEWS, Nanjing remembers massacre victims de Michael Bristow - a été de les exploser avec des mines, avant de les asperger d'essence, et les brûler vivant. Les quelques malchanceux à survivre aux deux, étaient achevés à la baïonnette.

     

     
    Un soldat menace un homme incapable de se défendre

    Source photo : Vg.no.  Un homme japonais va exécuter un prisonnier chinois qui se remettait de ses blessures.

     

    4. La fin du massacre et ses conséquences sur les relations internationales

     

    En fin janvier 1938, l'armée japonaise reconduit de force les réfugiés vers Nankin, en avançant que « l'ordre est rétabli ». Un gouvernement de collaboration est mis en place, pour essayer d'endiguer le phénomène. Les derniers camps de réfugiés ferment en mai de la même année.

     

    Il n'y a pas de données précises quant au nombre de victimes : Si Lewis S.C. Smythe, habitant à Nanking lors du massacre et y ayant vécu jusqu'en 1951 avance un nombre de 6 600 victimes, là ou le Tribunal Militaire International pour l'Extrême-Orient avance 200 000 victimes civiles et militaires dans les 6 premières semaines d'occupation japonaise (cette estimation paraît la plus probable, car confirmée par les sociétés et organisations mortuaires, portant preuve de plus de 150 000 corps enterrés, sans tenir compte des brûlés, ou des noyés).

     

    Le tribunal des crimes de guerre de Nankin parle de 190 000 civils et soldats assassinés, et 150 000 victimes d'actes de barbarie, portant le tout à plus de 300 000 victimes. Les estimations des historiens varient trop pour que leurs chiffres soient d'une quelconque utilité.

     

    Les jugements commencent en 1946 après la défaite du Japon pendant la seconde guerre mondiale, et beaucoup de criminels de guerre, en position de pouvoir au moment du massacre, ne seront jamais jugés. Le général Matsui est mis en examen pour avoir "délibérément et imprudemment" ignoré "un devoir légal de prendre des mesures adéquates pour assurer l'observation et prévenir les infractions". Le Lieutenant général de la 6e division de l'armée japonaise à Nankin est jugé par le tribunal des crimes de guerres de Nankin.

     

     
    photo de matsui et tani

    Source photo : Wikipedia; à gauche le Général Iwane Matsui, à droite le général Hisao Tani.

     

    Le prince Asaka, officier dans la ville au moment des faits, bénéficiera d'immunité, du fait de sa haute naissance, et de son lien de parenté avec l'empereur. Asaka nie avec ferveur que ces faits aient eu lieu et prétend officiellement n'avoir jamais eu vent d'un souci de comportement de ses troupes.

     

    Le tribunal des crimes de guerre de Nankin ne condamnera que huit accusés. Matsui est décrit auprès du Tribunal de Tokyo comme ultime responsable, puisqu'il a "délibérément négligé de tenir compte et de leurs obligations légales [en vertu de leurs bureaux respectifs] à prendre des mesures adéquates pour assurer [le respect des lois et coutumes de la guerre] et prévenir les violations de celui-ci, et ainsi violé les lois de la guerre ".

     

    Le deuxième condamné principal sera le ministre des affaires étrangères, Hirota Koki, reconnu coupable d'avoir "élaboré un plan ou complot", menant à "une guerre d'agression en violation des lois internationales, traités, accords et des assurances contre la République de Chine", ainsi que du même chef d'accusation que Matsui.

     

    Tous deux sont condamnés à mort par pendaison.

     

    Ce n'est qu'en 1995 que le gouvernement japonais de Tomiichi Muramaya fera des excuses orales, reconnaissant officiellement le massacre de Nankin. Si une majorité des Japonais reconnaissent l'existence du massacre de Nankin, une partie conséquente des hommes politiques, notamment de droite, nient son existence, jusqu'à avancer que le massacre de Nankin serait pure "fabrication" : en effet, dans certains milieux privilégiés, mentionner le massacre de Nankin est une atteinte à la fierté légendaire du Japon.

     

    Si les relations sino-japonaises s'améliorent depuis 1995, la plupart de leurs conflits proviennent des atrocités de guerre commises durant l'année 1937, et notamment le massacre de Nankin. 

     

    Si les militaires japonais ont commis des atrocités, ce sont les civils japonais qui en ont payé le prix, huit ans plus tard : Les photos choc des effets du Nucléaire, 70 ans après Hiroshima et Nagasaki


  •  
     
     
     
    La Seconde Guerre sino-japonaise est un conflit entre l'Empire du Japon et
    la République de Chine, en proie à des troubles politiques entre le
    Parti communiste chinois (de Mao Zedong)
    et le Parti nationaliste Kuomintang (de Tchang Kaï-Chek) alors au pouvoir.
     
     
     
     
     
     
    Cette guerre démontre donc la volonté d'expansionnisme du Japon en Asie de l'Est.*

     
     
     
    Les historiens ne sont pas unanimes sur le jour de début de la guerre,
    certains la font commencer le 7 juin 1937 à cause de 'l'incident du
    pont Marco Polo', où les forces japonaises accusèrent les chinois d'avoir enlevé un de leurs soldats et demandèrent le droit de fouiller les maisons, ce qui fût refusé par les Chinois.
     
    Les Japonais utilisèrent donc ce prétexte pour faire venir des renforts.
     
     

    La plupart des historiens pensent que la guerre commence le 18 septembre 1931 lors de l'incident de Mukden où l'armée du Guandong envahit le nord-est de la Chine (région de la Mandchourie) et créa l'Etat du Mandchoukouo en février 1932, en réalité contrôlé par l'Empire du Japon.

    Voici la carte du territoire japonais et du Mandchoukouo en 1932:

     
     
     


    Cependant en décembre 1936, les deux partis politiques chinois décidèrent de s'unir contre l'envahisseur nippon. D'ailleurs, les chinois surnommaient cette guerre "Guerre anti-japonaise" ou encore "Guerre de résistance" alors que les Japonais évitèrent soigneusement d’utiliser le mot «guerre» pour se soustraire aux sanctions de la Société Des Nations et des puissances occidentales.
     
     
     
    Ils appelèrent ce conflit "Incident de la Chine septentrionale".
     
     
    La guerre fut officiellement déclarée à la Chine après l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941.
     
     
     
     
     
     


    Les villes de Pékin et de Tianjin furent pris dès août 1937. Mais les troupes communistes, déjà mal équipées, et les troupes nationalistes coalisées sont défaits à la bataille de Taiyuan puis à la bataille de Xinkou.
     
     
     
     
    En septembre 1937, les communistes réussissent malgré tout à remporter la bataille de Pingxingguan, mais cela n'empêche pas les Japonais de prendre le contrôle du nord du pays, où les communistes poursuivent malgré tout une campagne de guérilla.
     
     
     
     
     
     
     




    En novembre, les japonais occupent Shangaï après de nombreux bombardements ayant entraîné de nombreuses pertes civiles. Ensuite, l'Armée impériale japonaise envahit Nankin et la région du Shanxi.
     
     
    En 1940, les combats n’étaient plus que de la guérilla.

    Et une carte des conquêtes japonaises en Chine en 1940:
     




    Les Japonais n’avaient ni l’intention ni la capacité d’administrer la partie de la Chine qu’ils occupaient. Le but des dirigeants nippons était de mettre en place des Etats 'fantoches' (des Etats indépendants mais en réalité contrôlé par l'Empire du Soleil Levant, comme le Mandchoukouo par exemple) favorables aux intérêts japonais. Cependant, la brutalité de ces derniers les rendit très impopulaires et enlevait toute crédibilité aux administrations pro-japonaises qui était vu comme des instruments de propagande.

    La plupart des analystes militaires pensaient que les Chinois ne pourraient pas continuer le combat étant donné qu'une grande partie des usines de matériels militaires était située dans les zones sous contrôle japonais. Les puissances étrangères hésitaient à fournir un soutien car elles estimaient que les Chinois allaient perdre la guerre. Cependant, l'Union soviétique aida les chinois afin d'empêcher les Japonais d'attaquer la Sibérie, et l'Allemagne nazie aida les nationalistes chinois durant la guerre civile jusqu'en 1939.

    Malgré de nouvelles offensives japonaises, la résistance chinoise continuait. En août 1940, les troupes communistes surprirent les Japonais par une offensive de grande ampleur dans le nord de la Chine, ce qui aboutit à des combats jusqu'à la fin de l'année.
     
    En 1945, l'armée chinoise parvint à reprendre l'initiative et lança une offensive dans le Guangxi (sud).
     
    L'Union soviétique déclara la guerre au Japon conformément aux accords de Yalta et pût reconquérir la Mongolie-intérieure et la Mandchourie. Même les troupes chinoises remportèrent la victoire dans le Guangxi et enfoncèrent les lignes japonaises dans les autres provinces.
     




    Le conflit se termina par la victoire chinoise à la capitulation du Japon devant les Alliés le 15 août 1945, et par la reprise de la guerre civile entre communistes et nationalistes.
     
     
    L'île de Taïwan, la Mandchourie et les îles Pescadores furent rendus à la Chine.
     


    Durant la guerre, les chefs militaires japonais se rendirent coupables de nombreux crimes de guerre notamment le massacre de Nankin, où des soldats japonais tuèrent de nombreux civils et soldats désarmés.
     
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    Les chiffres officiels chinois font état de 300'000 victimes, alors que les japonais dénombrent de 40'000 à 200'000 victimes.
    Cela s'explique par le fait que l’empereur japonais autorisa la suspension des conventions internationales sur la protection des prisonniers de guerre pour faciliter l'avancée des troupes.**


    *Pour plus d'informations, voir mon précédent sujet sur l'expansionnisme du Japon Shōwa
    **Et aussi par d'autres raisons idéologiques et ethniques expliquées dans le sujet surl'expansionnisme du Japon.


    Sources:
    http://www.japoninfos.com/la-seconde-guerre-sino-japonaise.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_sino-japonaise_(1937-1945)
     
     
    « Deux cœurs entrelacés surmontés d’une couronne et d’une croix. »
     
     
    SOURCES LIEN - 
    https://strategietotale.com/forum/87-avant-l-eclatement/88325-la-seconde-guerre-sino-japonaise-1937-1945

     

     

     

     


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    Invasion japonaise de la Mandchourie GUERRE SINO JAPONAISE

     

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    L’invasion japonaise de la Mandchourie a commencé le 19 septembre 1931, lorsque la Mandchourie a été envahie par l'Armée japonaise du Guandong de l'Empire du Japon immédiatement après l'incident de Mukden.

     

    Les Japonais y ont créé un État fantoche, appelé Mandchoukouo, et leur occupation a duré jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

     

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    Invasion

    Article détaillé : Incident de Moukden.
     

    Immédiatement après l'explosion, les Japonais cernèrent la garnison chinoise toute proche et attaquèrent les troupes qui y étaient cantonnées, sous prétexte que toute propriété du Japon devaient être protégée des assauts des troupes chinoises.

     

    Cinq cents soldats japonais s'en prirent donc à une garnison chinoise forte de quelque sept mille soldats à Beidaying.

     

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    Zhang Xueliang, avec l'approbation implicite du gouvernement de Tchang Kaï-chek, avait déjà prévenu ses hommes de ne prendre part à aucun combat et de mettre les armes hors de portée des Japonais dans l'éventualité d'une invasion.

     

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    Du coup, les Japonais ne rencontrèrent aucune résistance à Beidaying, et procédèrent le 19 septembre à l'occupation complète de la garnison et des villes principales de Mukden (Shenyang), Changchun, Antung (aujourd'huiDandong), et des environs directs.

     

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    Lorsque des combats eurent lieu, ce fut en général dû à des malentendus entre le gouvernement central chinois et ses troupes, qui étaient supposées avoir reçu l'ordre de ne pas résister. En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situait Mukden) furent contrôlées par les Japonais.

     

     

    « Il est hors de doute que le gouvernement japonais, mis devant le fait accompli, était impuissant […].

     

    Le premier ministre expliqua au souverain qu'il avait ordonné à l'armée du Guandong de regagner ses bases ».

     

     

    De son côté, le ministre de la Guerre, Minami, envoya « un télégramme à Moukden dans lequel il approuvait l'action […] mais souhaitait aussi que l'affaire ne prît pas d'autre ampleur ».

     

    « Les activistes de l'armée du Guandong décidèrent de passer outre, et ce fut de leur propre initiative qu'ils lancèrent l'offensive contre Chanchun le 20 » du mois, déclenchant l'invasion de la Mandchourie.

     

     Description de cette image, également commentée ci-après

     

    Les militaires l'avaient emporté sur le pouvoir civil, une situation qui annonçait la pression grandissante des militaires sur les civils au cours des années trente (assassinat du premier ministre en 1932, tentative de coup d'état du 26/02/1936), jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

     

     

    En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situe Mukden) sont contrôlées par les Japonais.

     

     

    Le 20 novembre, une conférence du gouvernement chinois se met en place.

     

     

     

    La faction de Guangzhou duKuomintang y insiste pour que Tchang Kaï-chek démissionne, vu la débâcle en Mandchourie et le manque de résistance sérieuse des troupes chinoises. Tchang démissionne le 15 décembre. Sun Ke, le fils de Sun Yat-sen, prend le poste de Président de la République de Chine, et fait le vœu de défendre Jinzhou, une autre ville du Liaoning, rapidement perdue en janvier 1932.

     

     

    « S'il ne fait aucun doute que les conspirateurs lancèrent l'incident de leur propre initiative, le gouvernement nippon, et l'empereur en personne, ne devaient pas tarder à considérer la nouvelle situation en Mandchourie avec sérénité », et à reprendre à leur compte les conséquences de l'invasion de la Mandchourie.

     

     

     

    Le 18 février 1932, l'État duMandchoukouo est proclamé sur le territoire de la Mandchourie. Formellement indépendant, il n'est en fait qu'un protectorat japonais.

     

     

    Les acteurs de l'opération furent promus, démontrant que si les conspirateurs militaires avaient agi de leur propre initiative, ils l'avaient fait dans un contexte japonais plus vaste, favorable à une politique de puissance sur le continent asiatique.

     

     

     

    L'Empire du Japon poursuivit sa politique expansionniste en Chine, déclenchant en 1937 la seconde guerre sino-japonaise puis en 1939 une attaque ratée contre la Mongolie pro-soviétique lors de la bataille de Khalkhin-Gol.

     

     

    L'opinion publique chinoise s'en prit sévèrement à Zhang Xueliang pour son manque de réaction, même si le gouvernement central se trouvait indirectement responsable de cette stratégie.

     

    Nombreux furent ceux qui soulignèrent que l'armée du Nord-Est de Tchang, forte de près de cinquante mille hommes, aurait pu ne faire qu'une bouchée de l'armée du Guandong, seulement forte de onze mille hommes, et que la perte de trois provinces sans même opposer aucune résistance était une honte pour le peuple chinois.

     

     

     

    De plus, l'arsenal militaire de Zhang en Mandchourie était à l'époque considéré comme le plus moderne de Chine, et ses troupes possédaient quelques chars, une soixantaine d'avions, quatre mille fusils et un ou deux bataillons d'artillerie.

     

    En réalité, la force à première vue plus importante des troupes de Zhang était diminuée par un certain nombre de facteurs.

     

    D'abord, l'armée du Guandong possédait une importante réserve de forces qui pouvaient être rapidement amenées de Corée, alors une colonie japonaise. Ensuite, plus de la moitié des troupes de Zhang se trouvaient stationnées au sud de la Grande Muraille, dans la province duHebei, et de ce fait ne pouvait pas être déployées assez rapidement pour s'opposer aux Japonais, au nord de la muraille.

     

     

    Enfin, les troupes de Zhang étaient relativement mal entraînées et mal commandées par rapport à leurs ennemis japonais.

     

     

    Mais le plus important, peut-être, reste que des agents japonais avaient noyauté le commandement de Zhang, grâce à sa dépendance passée (et celle de son père Zhang Zuolin) à des conseillers militaires japonais pour équiper l'armée du Nord-Est à ses débuts, et ses chefs de guerre.

     

     

    Ainsi, les Japonais connaissaient l'armée du Nord-Est de fond en comble, et pouvaient conduire leurs opérations à leur guise.

     

    Par exemple, les Japonais détinrent les pilotes de Zhang dans la nuit de l'incident, rendant ainsi son aviation inutile.

     

     

    Surtout, le gouvernement chinois ne résista pas parce qu'il était préoccupé par des problèmes internes, notamment le nouveau gouvernement indépendant de Guangzhou, dirigé par Hu Hanmin, les insurrections communistes, et la terrible inondation du Yang-tsé, qui fit plusieurs dizaines de milliers de réfugiés.

     

     

    Ensuite, Zhang Xueliang se trouvait dans un hôpital de Pékin, soi-disant à cause d'un problème de dépendance à la drogue. Dans ces circonstances, l'ambassade de Chine protesta fermement auprès du gouvernement japonais, appela à l'arrêt immédiat des opérations japonaises en Mandchourie et en appela à la Société des Nations, le 19 septembre.

     

     

    Le 24 octobre, la Société des Nations passa une résolution demandant le retrait des troupes japonaises, et que celui-ci soit effectué pour le 16 novembre.

     

     

    Le Japon rejeta la résolution et insista pour négocier directement avec le gouvernement chinois.

     

     

    Les négociations prirent place de façon intermittente sans véritable résultat. Le 20 novembre, une conférence du gouvernement chinois prit place où la faction de Guangzhou du Kuomintang insista pour que Tchang Kaï-chek démissionne étant donnée la débâcle en Mandchourie.

     

     

    Tchang démissionna le 15 décembre.

     

    Sun Ke, le fils de Sun Yat-sen, prit le poste de Président de la République de Chine et fit le vœu de défendre Jinzhou, une autre ville du Liaoning, qui fut rapidement perdue en janvier 1932. Wang Jingweiremplaça Sun Ke par la suite.

     


     
    Artillerie japonaise en action en Mandchourie (octobre-novembre 1931). Remarquez le haut niveau technologique des armes (canons à frein de recul, télémètre) et l'équipement de bonne qualité (vêtements adaptés au froid) des soldats
     
     

    Le 7 janvier 1932, les États-Unis, par la voix de leur Secrétaire général Henry Lewis Stimson, déclarèrent qu'ils ne reconnaîtraient aucun gouvernement établi sous la pression des Japonais en Mandchourie. Le 14 janvier, la commission de la Société des Nations, sous l'égide de Lord Lytton, arriva à Shanghai afin d'examiner la situation.

     

     

    En mars, l'État fantoche du Mandchoukouo vit le jour, avec à sa tête le dernier empereur de Chine, Puyi. Le 2 octobre, le rapport Lytton fut publié, rejetant la thèse japonaise que l'incident de Mukden était une simple opération défensive.

     

     

    Le rapport assurait aussi que le Mandchoukouo était un produit de l'agression japonaise en Chine, même si le Japon pouvait avoir de légitimes intérêts en Mandchourie étant données ses implantations économiques dans la région.

     

     

    La Société des Nations refusa donc de reconnaître le Mandchoukouo comme une nation indépendante.

     

    Cela causa le départ du Japon de la Société des Nations en mars 1933.

     

     

    Les Japonais poursuivirent et amplifièrent leur politique expansionniste en Chine, en déclenchant en 1937 la seconde guerre sino-japonaise.

     

     

    En 1945, l'invasion soviétique de la Mandchourie mit un terme au contrôle japonais sur la région ; la Mandchourie fut ensuite rétrocédée à la République de Chine. L'instabilité de la région, consécutive à la guerre, en fit l'un des principaux théâtres d'opération de la dernière phase de la guerre civile chinoise.

     

    wikipedia

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Colonisation de la CHINE par les EUROPEENS déjà au XVIè siècle...

     

     

    La Chine ne fut pas à proprement parler colonisée par les puissances occidentales, mais elle a été fortement dominée, militairement, économiquement et politiquement, et une grande partie de son territoire fut grignoté.

     

    On peut parler de semi-colonisation de la Chine.

     

    Epoque moderne : prémisses

    XVIème siècle : arrivée des Portuguais

     

     

    Dès le décollage de la puissance commerciale européenne à l'époque moderne, la Chine, comme le reste de l'Asie, voit l'Occident tenter de s'imposer avec arrogance.

    C'est d'abord le Portugal qui est au début du XVIème siècle la première puissance à atteinde une envergure mondiale. La flotte navale portuguaise contrôle la route qui longe les côtes africaines et indiennes, et de nombreux comptoirs commerciaux sont installés (Goa en Inde, Malacca en Malaisie, Nagasaki au Japon). Comme en Afrique, les portuguais capturent des chinois sur les côtes, souvent des enfants, et les utilisent comme esclaves, un traffic qui durera jusqu'au XVIIIème siècle.

     

     

    Parfois ils n'hésitent pas à construire des forts sur le sol chinois, sans même en avoir obtenu la concession.

     

    Ils tentèrent même d'exiger même que le Portugal ait la priorité dans le commerce sur les pays d'Asie.

     

     

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    Le Portugal n'était toutefois pas en mesure de faire plier l'Empire chinois à toutes ses volontés. Les autorités répliqueront à plusieurs reprises lorsque les étrangers se comportent en envahisseurs, en les emprisonnant, les tuant ou les repoussant à la mer. Des compromis furent établis, et les portuguais, après une première tentative infructueuse à Liambo, parvinrent à s'établir dans le Guangdong en 1555, en échange d'une taxe annuelle. Le nouveau comptoir, Macao, allait rapidement prospérer, essentiellement en favorisant les échanges entre le Japon et la Chine. Il allait aussi être un foyer des missionnaires catholiques vers le reste de la Chine.

    XVIIème - XVIIIème : un commerce freiné et déséquilibré

    D'autres puissances européennes arrivèrent plus tardivement, l'Espagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne... L'Empire chinois reste néanmoins plutôt fermé, commercialement et culturellement. Cet immense pays est auto-suffisant, et la grande bureaucratie étatique qui le contrôle a beaucoup à craindre dans les échanges avec l'extérieur. C'est pourquoi l'idéologie tradtionnaliste est invoquée par le pouvoir pour repousser les "inutiles marchandises occidentales". L'administration est l'interlocuteur unique des marchands étrangers, et leur interdit d'apprendre le chinois et de communiquer avec les habitants.

    En revanche, les classes dominantes européennes, gagnées par l'exotisme, réclament toujours plus de produits chinois (porcelaines, thé, soie...), ce qui créé un fort déséquilibre commercial. L'Etat chinois, qui ne veut pas d'échange libre marchandise contre marchandise, demande d'être payé en or ou argent.

     

     

    Cela peut convenir à l'absolutisme espagnol, qui possède les mines d'Amériques du Sud, mais cela pénalise les britanniques.

     

     

    D'où une ambassade de Lord MacCartney en 1793, ou encore de Lord Amherst en 1816, toutes deux vaines.

     

     

     

    Mais le fait même que les européens eux s'intéressent aux marchandises chinoises va entraîner des boulversements du pays.

     

    Par exemple, les britanniques achètent massivement du thé, et beaucoup en Chine vont reconvertir les terres pour se lancer dans ce marché lucratif, en particulier au détriment de cultures vivrières.

    XIXème siècle : domination accrue

    Mais c'est surtout au XIXème siècle avec la Révolution industrielle que les européens, bénéficiant d'un avantage technologique conséquent, vont user de leur puissance.

    La guerre de l'opium

    A partir du XVIIIème siècle, les anglais vont réussir à commercialiser massivement en Chine l'opium produit dans leurs colonies en Inde, notamment en corrompant les fonctionnaires locaux chargés du contrôle. La dépendance et les ravages dans la population augmentent en flèche, et la balance commerciale s'inverse rapidement, les anglais récupérant au passage les lingots d'argent qu'ils avaient cédés.

     

     

    ChineImpérialisme.png

    Après une série de prohibitions inefficaces, l'Etat chinois parvient en 1839 à mettre un coup d'arrêt au traffic. Presque aussitôt, suite à un lobbying de centaines de compagnies commerciales, le Royaume-Uni déclare la guerre à la Chine, au nom de la liberté de commerce... C'est la première guerre de l'opium.

     

    En 1842, la Chine cède et signe le traité de Nankin, premier d'une série de traités inégaux.

     

     

    Soldats impériaux entraînés à l'européenne dans les années 1867-1868.

     

     

    Peu après, la Chine fait mine de se révolter, et se voit infliger une autre défaire lors de la Seconde guerre de l'opium (1856-1860).

     

     

    Les occidentaux en profiteront pour "ouvrir" davantage le Nord du pays, où le commerce était beaucoup moins effectif qu'au Sud.

     

     

    De nouvelles indeminisations seront exigées (alors que ce sont les dégâts sont surtout en Chine, avec notamment l'incendie du Palais d'Eté par les Français et les Anglais), Tianjin (port de Beijing) sera "ouvert", et la "liberté de culte" pour les chrétiens sera réaffirmée. Ce sera aussi le début des coolies chinois exportés vers les colonies françaises ou anglaises.

    Les traités inégaux

    En plus de se faire rembouser les saisies d'opium qu'avaient réalisés les chinois, les anglais obtiennent Hong-Kong, l'ouverture de ports, la droit de co-décider des droits de douane de la Chine, le droit de juger les britanniques par un tribunal anglais en cas de litige en Chine...

     

     

    Mais un tel privilège et une victoire militaire si facile aiguise l'appétit des impérialismes rivaux. Les Etats-Unis décrochent en 1844 les mêmes droits avec les traité de Wangxia. Les Français font de même en 1846 avec le traité de Whanpoa, obtenant de plus le droit de construire des églises et des cimetières.

     

    Quelques jours après, ils obtiennent le droit d’évangéliser.

    Suite à l'endettement de l'Etat chinois, les impérialistes vont aussi exercer une domination par la dette publique sur le pays, en lui imposant des emprunts à taux élevés.

     

     

     

    Démembrement du territoire

    Chine-Impérialisme-1898.jpg

    Mais le développement du capitalisme engendre toujours plus de besoins pour les impérialistes de contrôler directement les matières premières et les débouchés. Dans l'arrogance militaire d'alors, cela va se traduire par des annexions du territoire chinois.

     

     

    Déjà à partir de 1843, une grande partie de Shanghai devint concession anglaise, concession états-unienne, ou concession française.

     

    Les Japonais vinrent se joindre à la fête après la guerre sino-japonaise de 1894-1895.

     

     

     

     

     

    Puis entre 1856 et 1860, avec la Seconde guerre de l'opium, le Royaume-Uni grignote Kow-Loon au Nord de Hong-Kong, et la Russie tsariste profite de la déroute chinoise pour déplacer sa frontière au delà du fleuve Amour.

     

     

     

     

    En 1885, le pays est contraint par la France de céder le Tonkin.

    Le Japon, nouvellement entré dans le cercle des impérialistes suite à sa Révolution Meiji, lui démembre la Corée en 1895, officiellement en la "rendant indépendante".

    Sentiment anti-occidental et discrédit du pouvoir

    S'ensuit un boom des importations (celles d'opium doublent en 25 ans), et des exportations (dominées par les sociétés européennes.

     

     

     

    L'argent se raréfie en Chine, et l'inflation est galopante, et les impôts explosent.

     

    Dans les campagnes, les paysans s'endettent de plus en plus vis à vis des propriétaires fonciers.

     

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    En ville, de nombreux artisans sont ruinés et poussés au chômage. C'est une véritable saignée du pays, et le pouvoir central est totalement décrédibilisé aux yeux des masses chinoises. Cela mena à de nombreux soulèvements, dont la révolte des Taiping en 1850, et la Révolte des Boxers en 1900.

     

     

    XXème siècle : nationalisme et communisme

    Montée du nationalisme  et du prolétariat

     

     

    ChineFranceGBRussie.jpeg

    L'afflux de capitaux étrangers eut aussi pour effet d'industrialiser la Chine. Mais ce développement n'était pas auto-centré, et une bonne partie de la bourgeoisie, moderniste et anti-impérialiste, avait d'autres projets politiques.

     

     

    Reprenant en cela l'idéal des révolutions occidentales,

    elle s'opposait au régime féodal et à l'Empire déclinant, qu'elle jugeait incapable de défendre les intérêts du pays.

     

     

    La Révolution de 1911 fut la première tentative de cette "bourgeoisie" organisée autour du Kuomintang de Sun Yat-sen.

     

     

    La République fut proclamée dans le Sud, mais ne réussit pas à s'étendre à tout le pays.

     

     

    Le Nord, économiquement et socialement plus arriéré, resta entre les mains de nobles, que l'on nommait seigneurs de la guerre.

     

    Cette absence d'Etat "bourgeois" central laissait les mains libres aux occidentaux, qui pouvaient jouer sur les divisions internes et la corruption pour continuer à se partager le pays.

     

     

    L'armée impériale pendant la guerre franco-chinoise

     

     

    Parallèlement, le mouvement ouvrier s'organisait, et il fut d'emblée liée au jeune Parti communiste chinois (PCC).

     

     

    Dans une optique de Front unique anti-impérialiste, les communistes s'allièrent auxnationalistes bourgeois, contre les féodaux et les envahisseurs, notamment japonais. Mais la politique suicidaire du PCC, dictée par les staliniens, conduisit à la tragique défaite de ce qui aurait pu être une révolution socialiste en Chine.

     

     

    Développement étatique et ouverture maîtrisée

    Par la suite, le PCC changea profondément de nature. Il cessa d'être un parti prolétarien, et abandonna de fait la révolution socialiste.

     

    En revanche, il surpassa son traître allié du Kuomintang, en réalisant une révolution nationaliste radicale en 1949.

     

    A la fin du XXème siècle, la Chine s'insère à nouveau dans le marché mondial. Si dans une large mesure cela entraîne immédiatement des formes typiques de l'impérialismecontemporain (multinationales exploitant la main d'oeuvrecorvéable à merci), la bureaucratie étatique parvient remarquablement à défendre ses intérêts, notamment en imposant des transferts technologiques, et grâce à ses très forts investissements publics passés et présents.

     

     

     

    De nombreux débats subsistent parmi les communistes révolutionnaires à propos du degré d'autonomie qu'a atteint la Chine face aux principales puissances mondiales. La Chine est devenue le second PIB mondial, et son importance économique est reconnue par tous. Elle est même une puissance impérialiste de second ordre, notamment en Afrique.

     

    Cependant, son PIB par habitant est encore loin derrière celui des pays de la Triade (Europe, Etats-Unis, Japon), et son économie encore très dépendante de l'extérieur (des exportations, ou des capitaux étrangers, comme l'a encore montré la baisse des bourses en 2011 suite aus rapatriements de nombreux investisseurs).

     

     

     

     

    Notes et sources

    Lettres des prisonniers portuguais à Canton, 1534-1536

     

    sources / http://wikirouge.net/Semi-colonisation_de_la_Chine

     


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    La mission Lagrené

     

    En 1844, Louis-Philippe envoie en Chine un diplomate expérimenté, Lagrené, pour négocier un traité de commerce, sur le modèle de celui que les Anglais ont signé à Nankin en 1842 pour mettre fin à la première guerre de l'Opium.

     

    La mission conduite par Lagrené comprend des diplomates, parmi lesquelsCharles de Montigny, futur consul de France à Shanghai, un interprète, un médecin, plusieurs délégués du ministère du Commerce et des Finances et des Chambres de commerce et un inspecteur général des Douanes, Jules Itier qui est aussi photographe.

     

     

    C'est à bord du vapeur L'Archimède stationné sur la rivière de Canton (près de Huangpu) , que les plénipotentiaires français et chinois fixent les termes du premier accord franco-chinois politique et commercial.

     

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    Les Français sont autorisés à s'installer dans cinq ports, Canton, Shanghai, Amoy, Fuzhou et Ningbo, sous la protection de leurs consuls.

     

    Ils peuvent y commercer librement, sans intermédiaire.

     

     

    Ce n'est pas un hasard si la ville est choisie parmi les cinq ports dont les occidentaux ont revendiqué, à l'issue de la guerre de l'opium, l'ouverture.

     

     

     

    Elle bénéficie d'un site très privilégié : située sur la rive gauche du Huangpu, affluent du Yangzi, elle reste proche du grand fleuve qui permettrait la diffusion au plus profond du continent les produits manufacturés occidentaux ;

     

    de multiples cours d'eau et canaux lui ménagent également une liaison facile vers le nord, vers Suzhou, capitale de la soie, plus loin, vers Pékin, par le grand canal, et son approvisionnement est assuré par une plaine fertile.

     

     

    Au début du XIXe siècle, elle est devenue un centre de

    commerce du coton de 300.000 habitants, qui s'étend déjà au delà

    de ses murailles, vers l'est et le sud.

     

     

    Photo ancienne shanghai

    carte ancienne shanghai

    Charles de Montigny et les débuts de la concession

     

     

    Le 20 janvier 1848, Charles de Montigny, récemment nommé agent consulaire, débarque à Shanghai.

     

    Quelques dizaines de commerçants anglais l'y ont précédé.

     

    La concession britannique a vu le jour en 1845, avec la signature des Land Regulations qui réglementent l'acquisition des terrains et immeubles : moyennant dédommagement versé aux propriétaires chinois, les étrangers pourront conclure des baux perpétuels.

     

     

     

     

     

    La Chine conservera un droit de propriété éminent, reconnu par le versement d'une taxe annuelle.

     

     

    A son arrivée, Charles de Montigny ne trouve guère de commerces à soutenir mais des missions catholiques dont il doit assurer la protection.

     

    La communauté française compte à peine une trentaine de personnes, parmi lesquels des jésuites, installés à Shanghai dès 1842.

     

     

    Esprit libre et audacieux, Montigny va prendre des initiatives pour fixer les conditions pratiques de résidence des Français. !!

     


     
     

     

     

     

    C'est à la demande de Dominique Rémi, horloger et commerçant en vins venu de Canton pour développer ses activités à Shanghai, que le consul négocie avec le magistrat chinois, le daotai, une concession officielle de terrain.

     

     

    Le 6 avril 1849, il obtient du daotai Lin Kouei une proclamation qui  fixe l'emplacement du territoire de résidence des Français.

     

     

    La concession est située au nord de la ville chinoise.

     

    Elle est limitée, à l'est par le Huangpu, au nord, par la concession britannique dont elle est séparée par un canal, le Yangjingbang.

     

     

     

    Ses dimensions (66 hectares) sont nettement plus modestes que celles de sa consœur anglaise (199 hectares).

     

     

    Pour les Français, cette proclamation, affichée sur les murs de la ville, sanctionne la reconnaissance officielle de leur droit de résidence et garantit leur sécurité. Pour l'autorité locale chinoise, l'attribution d'une concession est certainement conçue comme un moindre mal, le moyen d'isoler les " barbares " pour mieux les contrôler et éviter des frictions avec la population, génératrices de troubles de l'ordre public.

     

     

     

    Concession Française à Shanghai 1851 - 1853

     

     

     

    Le statut et l'organisation générale des concessions se modifie sous la contrainte des évènements.

     

     

    Le soulèvement des Taipings (1851-1864) plonge le pays dans la guerre civile. Fuyant les violences et les pillages, plus de 20.000 réfugiés des campagnes environnantes s'installent dans les zones initialement réservées aux étrangers.

     

     

     

    Leur présence rend nécessaire l'organisation de services administratifs appropriés et l'extension des limites de la concession.

     

     

    En 1854, alors que la bureaucratie locale chinoise a cessé de fonctionner, les consuls britannique, américain et français élaborent en commun des règlements municipaux qui donnent aux communautés étrangères représentées par l'assemblée des propriétaires fonciers le droit de s'auto-administrer.

     

     

     

    Elu par cette assemblée, le Shanghai Municipal Council fixe le montant des taxes imposées aux résidents, y compris chinois, pour financer les travaux d'urbanisme et entretenir une force de police indispensable au maintien de l'ordre.

     

    En 1861, le gouvernement français refuse de ratifier les nouveaux règlements municipaux et fait échouer le projet de concession unique :

     

    la concession française disposera d'un conseil municipal indépendant, placé sous l'autorité directe du consul, et donc du Quai d'Orsay.

     

    " La concession internationale (issue de la fusion, en 1863, des concessions américaine et anglaise) et la concession française se distinguent par leur philosophie politique et leurs pratiques gestionnaires, que la première emprunte au libéralisme britannique et la seconde à la tradition jacobine "

    (M.C. Bergère).

     

    Le gouvernement impérial perd donc de facto la possibilité de prélever des impôts sur les résidents chinois.

     

    Par ailleurs, l'institution en 1864 d'une cour mixte, où siège un représentant consulaire à côté d'un juge impérial, enlève au pouvoir impérial une part de ses pouvoirs juridictionnels.

     

    In fine, les concessions, où les Chinois sont désormais plus nombreux que les Occidentaux, sont devenues de véritables enclaves, qui échappent à un pouvoir impérial affaibli.

     

     

     

    Les relations entre le consul et le conseil municipal ne vont pas sans heurts.

     

    Le conseil s'élève contre la nomination des conseillers par le consul et réclame la haute main sur la police.

     

     

    Cette rivalité conduit à une crise ouverte et à la promulgation en 1866 d'un règlement qui, approuvé par le ministère des Affaires étrangères et périodiquement révisé,

    sert de charte à la concession française.

     

     

    Le conseil municipal est élu au suffrage censitaire, parmi les résidents français et occidentaux de la concession.

     

    Il est responsable devant le seul consul qui, en cas de conflit,

    a le droit de le dissoudre.

     

     

    SOURCES lien - 

    http://chine.in/guide/consulat-municipalite-francaise_1621.html

     

     

    Les notables chinois et la concession française

    L'absence de représentation chinoise est inscrite dans le règlement d'organisation municipale de 1866 : les Français et étrangers, sont en vertu de la lettre des traités, les seuls à résider dans la concession et donc les seuls électeurs. Or, très vite, les notables chinois, séduits par la tranquillité du lieu, souhaitent y habiter et y acquérir des terrains. Ne pouvant en droit accéder à la propriété du fonds (il doivent alors recourir à des prête-noms occidentaux), ils n'en sont pas moins assujettis au paiement des taxes et impôts. Leur absence du conseil municipal peut d'autant moins se justifier et une revendication se fait jour : Pas de taxation sans représentation.

    En 1914, les autorités françaises, qui viennent d'obtenir une extension de la concession, admettent, en contrepartie, le principe de la nomination de deux conseillers chinois. Mais ceux-ci ne siègent pas au conseil municipal et ne sont que très rarement appelés à donner leur avis. Après mai 1925, la question se pose avec plus d'acuité sous la pression des évènements politiques, et après l'annonce de l'octroi prochain d'une représentation chinoise au sein du conseil du settlement international.

     

    Le consul général Meyrier défend l'idée d'une association plus étroite des Chinois à la gestion des affaires municipales, avec l'arrière-pensée de les amener ainsi à désirer d'eux-même le maintien de l'administration française mais aussi de contrebalancer avec l'appui chinois l'influence grandissante au Conseil des autres occidentaux.

     

    Il laisse à son successeur, P.E. Naggiar, le soin de faire des deux conseillers en titre, Lu Baihong et Lu Songhou, des membres du Conseil municipal à part entière (avril 1926). Tout naturellement, c'est parmi les vieilles familles catholiques francophones, médiateurs traditionnels de la société chinoise et vecteurs de la culture française, que sont choisis les conseillers.

     

    Le premier d'entre eux, Lu Baihong, convoqué dès 1919, est présent au conseil jusqu'en 1937.

    Catholique fervent, très actif par ses oeuvres philanthropiques (il a contribué à la création, avec Nicolas Tsu (Zhu Zhiyao)de la branche shanghaienne d'une Union pour l'action catholique chinoise en 1912), c'est aussi un homme d'affaires prospère dans le transport maritime notamment. Parmi les autres conseillers, on trouve aussi un diplomate (Wu Zonglian, ancien ministre de Chine en Italie, entré au Conseil en 1927), un ancien membre de l'administration locale (Lu Songhou, ancien président de la municipalité de Nantao), un pédagogue (Zhu Yanzhi, co-directeur de l'Institut technique franco-chinois), un banquier (Wei Tingrong), directeur du Crédit franco-chinois et gendre du président de la chambre de commerce chinoise) .

    La question de l'ordre public - l'opium

     

     


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    Biographie de Jules Itier

    Par Éric Karsenty

     

    (à retrouver dans le catalogue de l’exposition, pages 78 à 80) Alphonse Eugène Jules Itier est né à Paris le 8 avril 1802 d’un père militaire, JeanJoseph-Paul Itier, et d’une mère issue d’une famille de douaniers, Zoé Dubois.

     

     

    Quatrième d’une fratrie de cinq enfants, Jules Itier commence ses études à Paris en 1809, les termine à Marseille en 1819, et entre dans l’administration des douanes sous la protection de son oncle Dubois-Aymé, polytechnicien membre de l’expédition d’Égypte de 1799 à 1801. Sa carrière dans les douanes l’entraîne successivement à Belley, Lorient, Marennes, La Rochelle, Oloron, Prades, puis retour à Belley en mai 1836.

     

     

     

     

    1844 La grande Pagode 

    Jules Itier, Porte de la Grande Pagode de la ville chinoise à Macao,

    daguerréotypie, novembre 1844

     

    C’est probablement à cette époque que s’éveille sa curiosité pour les sciences, il adhère alors à plusieurs sociétés savantes où ses travaux seront récompensés. Géologie, agronomie, sciences naturelles…

     

    sa curiosité semble sans limite. Un daguerréotypiste-voyageur

     

    Le 15 novembre 1842, ses connaissances et compétences douanières le mènent en mission au Sénégal, en Guyane et aux Antilles dans le but de contribuer à l’expansion commerciale et coloniale de la France.

     

    Le 7 janvier 1843, à Saint-Louis du Sénégal, il note dans son journal :

     

    “Je reçois mon daguerréotype.”

     

    Dès lors, en plus de sa culture héritée du Siècle des lumières, Jules Itier entame une œuvre de daguerréotypiste-voyageur qui mettra en images ses explorations.

     

    De 1843 à 1846, il s’embarque pour la Chine avec la mission de Théodore de Lagrené, ministre plénipotentiaire chargé de conclure un traité commercial (1)

    - à l’instar de l’Angleterre et des États-Unis.

     

     

     

     

    Jules Itier réalisera les premiers daguerréotypes de la Chine, en 1844, mais aussi sans doute parmi  les premiers du Vietnam, de Singapour, de Manille, du Sri Lanka et d’Égypte.

     

     

    Le regard d’un ethnologue

     

     

    À son retour, il publie son Journal d’un voyage en Chine (2) en trois volumes, où il consigne ses études et observations. Observateur scrupuleux, son récit est riche d’informations utiles à la mission commerciale qu’il accompagne.

     

    Mais sa culture et sa curiosité l’amènent à dépasser largement ses fonctions. En effet, en plus d’un talent de conteur évident, Jules Itier donne à voir la vie quotidienne de la Chine à la manière d’un ethnologue.

     

    En racontant les conditions de ses prises de vue, il donne accès aux coulisses de ce premier reportage où l’on découvre des portraits, des paysages, des architectures et des “scènes de rue”.

     

    Malgré les contraintes inhérentes à la technique du daguerréotype, Jules Itier conserve une grande liberté quant aux choix de ses points de vue.

     

    Bien que n’ayant fait partie d’aucune société photographique, il est considéré par certains comme l’un des inventeurs du reportage photographique (3).

     

    Il rapportera de ses différents voyages des produits inédits ou peu connus comme le caoutchouc, la gutta-percha ou le sorgho.

     

    Il déposera aussi de nombreuses porcelaines de Chine à la manufacture de Sèvres avec de précieuses informations sur leurs procédés de fabrication (4).

     

    Sa demeure familiale du Veyras dans les HautesAlpes, se transformera en cabinet de curiosités regroupant ses prélèvements géologiques ainsi que de nombreux objets exotiques.

     

    Engagé dans la vie politique Fait chevalier de la Légion d’honneur en 1843, puis officier en 1846, il se marie cette même année à Grenoble à Henriette de Brémond, dont il aura deux enfants :

     

     

     

    Nommé directeur des douanes en 1848, il s’installe à Montpellier et continue sa carrière jusqu’en 1857 où il rejoint Marseille.

     

    Engagé dans la vie politique, il est conseiller général de Serres de 1848 à 1858, président du conseil général des Hautes-Alpes en 1848, et de nouveau conseiller général, pour le canton de Rosans, de 1868 à 1871. Il prend sa retraite en 1866 et se retire à Montpellier.

     

    Ses pensées s’orientent alors vers la philosophie religieuse.

     

    Il se propose même de réfuter, avec les données de la science, le matérialisme qu’il considère comme le plus grave danger de l’avenir.

     

    Mais il n’en a pas le temps et s’éteint à Montpellier le 13 octobre 1877, à l’âge de 75 ans.

     

     

    Sources lien - 

    http://www.museedelaphoto.fr/wp-content/uploads/2013/09/dossier_pedagogique_ji.pdf

     


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    Auguste François

     

     

    Les lettres de Monsieur le Consul ont toujours le teint frais et le verbe haut

     

    Voici un personnage hors du commun.

     

    Auguste François, né à Lunéville en 1857, est devenu consul un peu par hasard après avoir été résident de France au Tonkin.

     

    Son expérience la plus significative, il l’a vécue en Chine

    sous la dynastie Qing, dans les xian de Guangxi et du Yunnan. Il en rapportera un matériel volumineux, entre photographies et écrits, il tournera même quelques petits films qu’on considère comme étant les premiers témoignages filmés en Chine.

     


    Il existe une association (AAF) chez qui on peut trouver quelques renseignements mais la quasi-totalité de ses photos et de ses carnets sont aujourd’hui conservés au Musée Guimet ou au Musée du Quai Branly, donc inaccessibles au profane.

     

    Ce qui m’a tout de suite interpellé chez cet homme, c’est ces yeux clairs, perçants, ce regard, à la fois froid et espiègle, un tantinet frondeur, et une désinvolture raffinée, fusil à peine retenu dans un main, l’autre dans la poche.

     

    Et il sourit alors qu’il vient de sauver ses camarades du massacre. A cette apparence, on ne peut se dire que l’homme est un drôle, qu’il va nous entraîner sur les pentes scabreuses du calembour et du bon mot. Les lettres qu’il écrit à son ami Jean-Baptiste Beau en sont un bel exemple.

     

     

    Lettre d’Auguste François à Jean-Baptiste Beau, Wou-Tchéou-Fou, 2 janvier 1899

     

    Mon cher ami,

     


    En consultant mon calendrier ce matin, j’ai appris que nous étions au 9e jour de la 12e lune; j’ai vu ensuite que le jour était propice pour se raser la tête et coudre des habits, mais déplorable pour se couper les ongles des mains et des pieds, qu’on pouvait sans crainte construire sa maison et même y disposer la poutre maîtresse de sa toiture, mais qu’il ne fallait pas ce jour-là remonter sa pendule, ni consulter les esprits, ni manger du chien. Par contre, c’est un jour fameux pour prendre un bain et pour écrire à ses amis. Ainsi instruit de ce que je peux entreprendre dans cette 9ejournée de la 12e lune, je me suis dit : « Tu vas prendre un tube sérieux et puis tu écriras à cet animal de Beau, sans crainte de l’indisposer ou de l’ennuyer. »

     

    Si j’avais toujours consulté mon calendrier, j’aurais choisi les jours propices et j’aurais connu les moments opportuns pour dire que Gérard est une canaille, car bien évidemment c’est indiqué dans mon almanach.

     

    Or voyez comme cela se trouve, que ce 9e jour de la 12e lune coïncidait avec le 1erjanvier et en même temps, en suivant ma route sur ma carte, j’arrivais au dernier trait de carmin, c’est-à-dire le premier que je traçais l’an dernier en quittant Wou-Tchéou-Fou ; et en effet, le sifflement des vapeurs me confirmait que j’étais rendu dans ce port ouvert où je voudrais voir élever une statue à Gérard. La matière pour la couler ne manque pas ici et il aurait là une statue odorante et bien appropriée.


    Donc, mon cher ami, puisque nous renouvelons l’année, 

    « Kong-Chi, Kong-Chi ». C’est du chinois.

     

    N’allez pas vous méprendre sur le sens de ces deux vocables.

     

    Ce n’est pas une injonction que je vous adresse, mais des compliments et des souhaits que je  forme pour votre santé.

    Il en est donc qui s’appliquent au bon fonctionnement de vos intestins mais enfin, vous me connaissez trop pour penser que je les formulerai d’une manière aussi crue.

     

     

    in Aventuriers du monde,
    éditions L’iconoclaste, 2013

     

     

    sources /

    http://theswedishparrot.com/les-lettres-de-monsieur-le-consul-ont-toujours-le-teint-frais-et-le-verbe-haut-1/

     

     

     

     


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    Auguste François


    On doit à Auguste François (1857-1935) qui fut diplomate, explorateur et passionné de photographie, des images exceptionnelles : scènes de rue, de travail, portraits, paysages, qui figurent parmi les premiers témoignages photographiques en provenance du Paraguay,

    d’Extrême-Orient et surtout de Chine.

     

    Afficher l'image d'origine 

    Après des études de droit, Auguste François (1857-1935) débute une carrière diplomatique qui le mène au Ministère de l’Intérieur puis au Ministère des Affaires étrangères. En 1886, il se porte volontaire pour accompagner le physiologiste et homme politique Paul Bert au Tonkin.

    *

    Dès lors, les allers retours en Chine (entre autres pays) se succèdent. Devenu consul général de France, il est également nommé Délégué à la Commission du chemin de fer du Yunnan afin d’être en charge de l’organisation des négociations avec les autorités chinoises en vue de créer la ligne Laokay-Yunnanfu, reliant le sud de la Chine au nord de l’Indochine.

    Entre 1896 et 1904, il parcourt le sud de la Chine (Yunnan, Guangxi, Sichuan) et le Tibet Oriental, en passant par une descente

    complète du fleuve Yangtze.

     

     Afficher l'image d'origine

    Il laisse à son actif plus d’une centaine de photographies captant des moments de vie tant des chinois que des expatriés, des paysages grandioses, interrogeant les coutumes et la graduelle modernisation d’une Chine encore principalement traditionnelle.

    LES LETTRES DE MONSIEUR LE CONSUL ONT TOUJOURS LE TEINT FRAIS ET LE VERBE HAUT

    Je ne m’en lasse pas.

     

    Monsieur le Consul Auguste François a toujours un bon mot à l’attention de ses amis.

    Le 13 avril 1900, il est question de cigare, un cigare qu’on traite d’une drôle de manière, un cigare qui lui sert d’embarcation.

     

    Lettre d’Auguste François à Jean-Baptiste Beau,

    Wou-Tchéou-Fou, 2 janvier 1899 

     

     

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    Voici un personnage hors du commun.

     

    Auguste François, né à Lunéville en 1857, est devenu consul un peu par hasard après avoir été résident de France au Tonkin.

     

    Son expérience la plus significative, il l’a vécue en Chine sous la dynastie Qing, dans les xian de Guangxi et du Yunnan.

     

     

    Portrait of old men smoking pipes, the length of the pipe showed the smoker's age and seniority

    La majorité de ses archives photographiques sont aujourd’hui conservées au Musée Guimet (Paris).

    Un train pour le Yunnan ou les tribulations de deux Français en Chine
    Afficher l'image d'origine
    Auguste François réside à Yunnanfu de 1899 à 1904.
    Rebaptisée Kunming en 1913, la ville fut fondée sous les Hans (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C.). Les murs d'enceinte furent construits sous la dynastie Ming (1368-1644). La ville comptait 50.000 habitants intramuros à l'époque d'Auguste François. Sa population actuelle dépasse six millions et demi d'habitants.
    © Auguste François

    *

     

    La Chine connait, en cette fin de siècle, une époque troublée.

    Portrait of a father wearing an official Qing Dynasty robe and holding his daughter

    Portrait of a father wearing an official Qing Dynasty robe and holding his daughter

     

     

    Golden Temple Park in 1901.

    The temple itself is actually made with incredible amounts of bronze—over 200 metric tons (221 short tons). It's an active Taoist temple, and is a destination for both worshipers and tourists. 

    View of Zhong Ai Square (忠爱坊), whose name comes from a literary work by Yunnan's famous calligrapher Sun Qingyan (孙清彦).

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    Auguste François (1857-1935), ministre plénipotentiaire, photographe passionné, a réalisé des milliers de clichés en Chine.

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    On doit à Auguste François (1857-1935) qui fut diplomate, explorateur et passionné de photographie, des images exceptionnelles :

    scènes de rue, de travail, portraits, paysages, qui figurent parmi les premiers témoignages photographiques en provenance du Paraguay, d’Extrême-Orient et surtout de Chine.

    Le personnage d’Auguste François à lui tout seul mérite d’être présenté : consul intransigeant, cartographe improvisé, homme d'action, épistolier de talent, c’est une figure et un destin empreints de romanesque que l’exposition nous donne envie de mieux connaître.

    Si on a pu voir en lui une sorte de misanthrope, ses photographies relèvent quant à elles d'un regard curieux et attentif à toutes les manifestations de l'activité humaine.

    172 tunnels ont été percés et 3422 ponts construits.
    Au final, 3.628 ouvrages ont été réalisés : viaducs, remblais, aqueducs, murs de soutènement…
    © DR

    Elle  a subi les deux Guerres de l'Opium

    (1839-1842 et 1858-1860) qui se sont conclues par les Traités Inégaux imposant l'ouverture de onze ports au commerce et une présence étrangère importante.

     

    Taken in 1900, photo shows the arhat in Qiongzhu Temple. The temple's most outstanding artistic (and perhaps spiritual) feature is the distinguished, finely crafted statues of the 500 Luohans (Buddhist Arhats, or 'enlightened ones') sculpted by the brilliant artist, Li Guangxiu. 

     

     Les deux ouvertures de part et d'autre du pont sur arbalétriers

    au kilomètre 111
    Ce pont métallique en arc à trois articulations est une première dans le monde entier. Il enjambe une gorge de 102 mètres au-dessus d'un affluent de la Nanxi.

     

    Jinma Memorial Archway which has been a landmark in Kunming

     

    Obligé de rentrer en France en mai 1908, Georges-Auguste Marbotte ne vit pas la fin de ce chef d’œuvre.
    © Georges-Auguste Marbotte

     

     

     

    Auguste François, né à Lunéville en 1857, est devenu consul un peu par hasard après avoir été résident de France au Tonkin.

     

    Son expérience la plus significative, il l’a vécue en Chine

    sous la dynastie Qing, dans les xian de Guangxi et du Yunnan.

    Il en rapportera un matériel volumineux, entre photographies et écrits, il tournera même quelques petits films qu’on considère comme étant les premiers témoignages filmés en Chine.

     


    Il existe une association (AAF) chez qui on peut trouver quelques renseignements mais la quasi-totalité de ses photos et de ses carnets sont aujourd’hui conservés au Musée Guimet ou au Musée du Quai Branly, donc inaccessibles au profane.

     

    Ce qui m’a tout de suite interpellé chez cet homme, c’est ces yeux clairs, perçants, ce regard, à la fois froid et espiègle, un tantinet frondeur, et une désinvolture raffinée, fusil à peine retenu dans un main, l’autre dans la poche.

     

    Et il sourit alors qu’il vient de sauver ses camarades du massacre.

    A cette apparence, on ne peut se dire que l’homme est un drôle, qu’il va nous entraîner sur les pentes scabreuses du calembour et du bon mot.

    Les lettres qu’il écrit à son ami Jean-Baptiste Beau en sont un bel exemple.

     

     

    Lettre d’Auguste François à Jean-Baptiste Beau, Wou-Tchéou-Fou, 2 janvier 1899

     

    Mon cher ami,

     


    En consultant mon calendrier ce matin, j’ai appris que nous étions au 9e jour de la 12e lune; j’ai vu ensuite que le jour était propice pour se raser la tête et coudre des habits, mais déplorable pour se couper les ongles des mains et des pieds, qu’on pouvait sans crainte construire sa maison et même y disposer la poutre maîtresse de sa toiture, mais qu’il ne fallait pas ce jour-là remonter sa pendule, ni consulter les esprits, ni manger du chien. Par contre, c’est un jour fameux pour prendre un bain et pour écrire à ses amis. Ainsi instruit de ce que je peux entreprendre dans cette 9ejournée de la 12e lune, je me suis dit : « Tu vas prendre un tube sérieux et puis tu écriras à cet animal de Beau, sans crainte de l’indisposer ou de l’ennuyer. »

     

    Si j’avais toujours consulté mon calendrier, j’aurais choisi les jours propices et j’aurais connu les moments opportuns pour dire que Gérard est une canaille, car bien évidemment c’est indiqué dans mon almanach.

     

    Or voyez comme cela se trouve, que ce 9e jour de la 12e lune coïncidait avec le 1erjanvier et en même temps, en suivant ma route sur ma carte, j’arrivais au dernier trait de carmin, c’est-à-dire le premier que je traçais l’an dernier en quittant Wou-Tchéou-Fou ; et en effet, le sifflement des vapeurs me confirmait que j’étais rendu dans ce port ouvert où je voudrais voir élever une statue à Gérard. La matière pour la couler ne manque pas ici et il aurait là une statue odorante et bien appropriée.


    Donc, mon cher ami, puisque nous renouvelons l’année, 

    « Kong-Chi, Kong-Chi ». C’est du chinois.

     

    N’allez pas vous méprendre sur le sens de ces deux vocables.

     

    Ce n’est pas une injonction que je vous adresse, mais des compliments et des souhaits que je  forme pour votre santé.

    Il en est donc qui s’appliquent au bon fonctionnement de vos intestins mais enfin, vous me connaissez trop pour penser que je les formulerai d’une manière aussi crue.

     

     

    in Aventuriers du monde,
    éditions L’iconoclaste, 2013

     

     

    sources /

    http://theswedishparrot.com/les-lettres-de-monsieur-le-consul-ont-toujours-le-teint-frais-et-le-verbe-haut-1/

     

     

     

     

    Canton : Riche négociant et ses commis faisant ses comptes avec un abaque, 1887, albumen print

    Cette situation a fait naître de violentes réactions contre les puissances étrangères (différentes révoltes populaires dont celle des Boxers en 1900), qu’Auguste François a eu à affronter durant son mandat.

     

    Extrême Orient Anam - anonyme - groupe d'enfants - ca 1890 (coll JCB)

    Extrême Orient Anam – anonyme – groupe d’enfants – ca 1890 (coll JCB)

     

    View of Jinma Gate. Note the telegraph pole standing in front of the archway, showing Kunming attempting to enter the modern age.

    Investi d’une mission diplomatique, Auguste François est aussi un observateur attentif du monde qui l’entoure.

     

     

    Dignitaries welcoming the newly appointed Qing Dynasty governor-general of Yunnan.

     

     

    Ces remarquables photographies reflètent son intérêt pour les populations qu’il côtoie, sa curiosité sans jugement pour les coutumes et modes de vie autochtones.

     

     

    Photos from the collection of Auguste François (1857-1935), who served as French consul in south China between 1896 and 1904, during which he spent several years in Kunming. The photos have been provided by Kunming resident and private collector Yin Xiaojun (殷晓俊). GoKunming thanks Yin Xiaojun for providing us a glimpse of Yunnan at the beginning of the 20th Century.

    Year: 1902

    A une époque où peu de voyageurs se hasardent à l’intérieur des terres, Auguste François, en véritable aventurier et ethnologue, photographie des cérémonies, des scènes de vie, des costumes et des événements dramatiques ….

     

     

     

     

     

    Ses clichés nous montrent une face ignorée de la Chine d'alors, découverte loin des sentiers battus, et sont le reflet de son émotion humaine et esthétique devant des paysages grandioses et des hommes, si différents de lui.

     

    «Auguste François brandissant deux léopardeaux», circa 1900 – 1904, gelatin silver glass plate negative


    Le personnage d’Auguste François à lui tout seul mérite d’être présenté : consul intransigeant, cartographe improvisé, homme d'action, épistolier de talent, c’est une figure et un destin empreints de romanesque que l’exposition nous donne envie de mieux connaître.

     

    Afficher l'image d'origine

     

    1 Un diplomate-reporter : la Chine au quotidien

    Auguste François a observé les scènes caractéristiques de la vie quotidienne chinoise : les rues, les travaux agricoles, les petits métiers.

    Afficher l'image d'origine

    Les photographies et a fortiori les films rapportés de ses missions dans l'Empire du milieu par le diplomaté lunévillois Auguste François sont d'une valeur inestimable.

    *

    Auguste François : diplomate-éthnologue

    D'abord envoyé au Tonkin en 1896-97 Auguste François va ensuite passer 8 ans en Chine où il va négocier la concession du chemin de fer du Yunan. 

     

    Portrait of a solemn mother, with what appear to be bound feet, holding her infant son.

     

     

    Celui que l'on va surnommer le Mandarin blanc est passionné par un art naissant : la photographie. Il va réaliser des milliers de clichés d'une Chine encore très loin de toute influence occidentale.

     

     

    Les remarquables photographies du consul Auguste François sont un témoignage rare sur les coutumes et modes de vie chinois à l’aube du XX° siècle, alors que la Chine connait une époque troublée.

     

    Diverses guerres l’ont privée de territoires et ont affaibli sa souveraineté nationale,  l’obligeant à s’ouvrir aux puissances coloniales étrangères et suscitant ainsi de violentes réactions xénophobes (différentes révoltes populaires dont celle des Boxers en 1900).

     Afficher l'image d'origine

    A une époque où peu de voyageurs se hasardent à l’intérieur des terres, Auguste François, en véritable aventurier et ethnologue, photographie sans se lasser cérémonies, scènes de vie, costumes, et événements….

     

    Ses photographies reflètent son intérêt pour les populations qu’il côtoie, sa curiosité sans jugement pour les coutumes et modes de vie autochtones.

     

    Elles manifestent une volonté de faire partager un réel amour d’une Chine proche et lointaine, source de réflexion.

     

     

    "Pont de bois" d'Auguste François

     

    Le plus souvent, en s'intéressant à des sujets en apparence d'une grande banalité, il révèle leur beauté étonnante !!

    Imaginez que seulement 6 ans après l'apparition du cinématographe, il va réaliser des petits films au Yunan qui sont des "exclusivités" extraordinaires puisqu'à l'époque, les Chinois n'avaient pas d'appareils photos et encore moins de caméras.

     

    Canton : Cheong Loong, Conserverie de gingembre, no date, albumen print

     

    2  Un diplomate-ethnologue :

    La Province du Yunnan, où Auguste François exerce l'essentiel de son activité diplomatique, compte une grande diversité de populations (25 « minorités »). Il y trouve donc naturellement beaucoup de sujets originaux de photographies d'individus, ou de groupes.

    Canton : Les remparts à l'ouest de la ville, 1887, albumen print

     

    Hong Kong : maison privée, sur Queen's road, 1887, albumen print

    3 Paysages                 

    Deux types de paysages sont particulièrement représentés dans les photos

    d’Auguste François : l'élément minéral, (au Yunnan, en particulier, bordés par le Tibet, avec des reliefs impressionnants) et l'élément aquatique.

     

    Canton : la pagode à cinq étages (Zhenzai tower) au nord des remparts, 1887, albumen print

     

    4  Voyages, explorations, excursions

    Auguste François a été amené à effectuer de nombreux voyages : d'abord pour rallier ses postes excentrés aux confins de l'Empire, puis pour remplir ses fonctions de Consul.

    Il a également mené des explorations pour compléter les informations cartographiques lacunaires dont disposaient les Français.

    Canton : la rivière et le port vu de la rive droite du quai Fati (Huadi), no date, albumen print

     

    Les photographies de cette section permettent de saisir les conditions de voyage à cette époque.

     

    Afficher l'image d'origine

    5  Diplomate : portrait d'un consul de terrain                                  

    Quand le Ministère des Affaires Etrangères nomme Auguste François Consul Général Honoraire Délégué au Chemin de Fer à Yunnanfu, sa tâche est d'organiser avec les autorités chinoises les négociations en vue de créer la ligne Laokay-Yunnanfu.

     

    Shanghaï : la Pagode Longhua (?), 1887, albumen print

    Occupant un poste excentré, aux contours politiques mal définis, ce consul de terrain doit faire preuve d'une capacité d'adaptation de tous les instants et a agi en éclaireur de la diplomatie franco-chinoise.

    Au tournant du siècle, la Chine subit des pertes territoriales conséquentes après la Guerre sino-japonaise.

    Période émaillée de multiples séditions xénophobes, dont la plus célèbre est la révolte dite « des Boxers » qui éclate en Mai 1900 et conduit au siège de Pékin (les « 55 jours de Pékin »)

    Passage du pont suspendu de Luding Qiao (Sichuan) sur le Dadu He, circa 1886-1904, gelatin silver glass plate negative

     

     

    Au Yunnan, des mouvements similaires se propagent également et Auguste François doit faire face à plusieurs sièges.  

    Porteur de bois, no date, gelatin silver glass plate negative

    Les autorités Chinoises sanctionnent durement les meneurs de la révolte : ils seront décapités et leurs têtes exposées à la vue de tous.

     

    Porteurs de thé au Sichuan, 1903, gelatin silver glass plate negative

    La France voulait affirmer sa présence économique et géopolitique en construisant une voie de chemin de fer reliant l'Indochine française (Vietnam actuel) à la Chine pour contrer l'influence britannique.

     

    Etape de la route du Tonkin à Kunming, circa 1886-1904, gelatin silver glass plate negative

    Ce grand projet posa des défis multiples : obstacles montagneux colossaux, difficulté d'acheminement des matériaux, conditions de travail extrêmes pour les ouvriers, choc culturel pour les traditions de la population locale.

    Chemin pierreux en descente, file de porteurs, vallée avec champs en terrasse à gauche, no date, gelatin silver glass plate negative

     

    Le chemin de fer du Yunnan reste symbolique des relations diplomatiques France-Chine tissées il y a plus d'un siècle. Il traverse des paysages exceptionnels.

     

     

     

     

     

     

    Une prise de conscience de ce que représente ce patrimoine a conduit à proposer le classement de la ligne de Chemin de Fer Yunnan-Vietnam au patrimoine mondial de l'UNESCO lors du forum de Kunming de Mars 2013.

     

     

     

    tes1


    Si on a pu voir en lui une sorte de misanthrope, ses photographies relèvent quant à elles d'un regard curieux et attentif à toutes les manifestations de l'activité humaine.

     

     

     

     






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