•  

     

    La Chine a inventé très tôt l'élevage des vers à soie, le dévidage des cocons et le tissage des soieries. On disait que Leizu, l'épouse de    l'empereur Huangdi élevait elle-même des vers.

     

    v03

          

    Les recherches des archéologues ont prouvé que le travail de la soie était connu depuis longtemps en Chine. Des débris de cocons trouvés sur un site    néolithique, dans le village de Xiyin, au Shanxi, montrent que les habitants de la région du Fleuve Jaune connaissaient déjà cet élevage.

      

    Des sculptures en jade représentant des vers à soie et   

    des écailles de tortues gravées des mots “vers à soie”, “mûrier” et“ soie” remontent à l'époque des Shang (environ XXIe-XVIe siècles av. J.C.). De cette époque, des lambeaux de tissus, restés    accrochés à des objets de bronze et à des armes retrouvés dans des tombeaux, mettent en évidence une technique de tissage déjà très complexe.

          

    Sous la dynastie des Zhou de l'ouest, on fabrique de belles étoffes brodées de motifs sombres ou en couleurs. Plus tard, furent inventés la faille    (tissu de soie à gros grains) et le brocart. A l'époque des Qin et des Han, le tissage et les techniques de teinture avaient fait de grands progrès. Certaines soieries de Han découvertes    comportent des motifs d'astronomie, des personnages et des figures géométriques en couleurs. Au XIXe siècle, dans le seul bourg de Shengze fonctionnaient 8000 métiers à filer.

          

     

          

    Dès l'époque Han, la soie chinoise et ses techniques se répandirent dans toute l'Asie et en Europe. Les hommes de l'antiquité donnèrent à la Chine    et à ses habitants le nom de “seres”, mot venant du grec “sere” qui signifie exactement la “soie” ou le “pays de soie”.

    On dénombre en Chine une dizaine de variétés de soie utilisées pour la confection de vêtements de qualité ou la décoration : crêpes, satins,    brocarts, mousselines, gazes… Toutes ces variétés se subdivisent selon leur décor et la technique de leur fabrication. Les soieries les plus anciennes, y compris celles des Han, sont des soies à    décor formé par la chaîne. Les soieries à décor formé par la trame étaient apparues à l'époque des Tang. Par la suite, le motif de chaîne prédominait et les gazes formaient l'essentiel de la    production.

          

    La Chine bénéficie de très bonnes conditions naturelles. Le nord, couvert de xilosmes, permet l'élevage du tussah. La Chine du sud est riche en    mûrier blanc, la production de la soie de Chine influence la consommation mondiale. En effet, la production de la soie grège représente 65 % de celle du monde, son volume d'exportation 85 % du    commerce mondial de la soie, le volume d'exportation des soieries 50 %. Jusqu'à présent, la Chine possède 1506 entreprises de soie qui se répartissent dans tout le pays, à l'exception de la    province du Qinghai et du Tibet. Elles emploient 800.000 personnes. Progressivement s'est formé tout un système autour de la soierie comprenant l'enseignement, la recherche, la production et la    technique.

          

    v05

          

    Une robe du XIXe

     

    En vue d'une meilleure performance, le secteur de la soie a introduit les techniques avancées et a importé une série de métiers à tisser modernes    pour remplacer les anciens équipements. En outre, cinq cents entreprises ont subi une transformation à des degrés divers afin d'améliorer la qualité des produits et d'enrichir la gamme.

          

    Les articles en soie constituent toujours un point important de l'exportation.

    Source : http://www.chine-informations.com

      

     
     

     


  •   

     

     

     

      

      

    La calligraphie chinoise désigne le "dessin" c'est-à-dire l'écriture des caractères chinois.

     

      

      

    ELEMENTS TECHNIQUES

    Outils et nomenclature

     

    La calligraphie extrême-orientale s'est forgée suivant les outils de base que sont l'encre, la pierre à encre, le pinceau, la surface-support (bambou et soie, puis papier). Les contraintes techniques et le passage du temps ont produit différentes évolutions et styles calligraphiques majeurs : Oracle, Bronze, Sceau, Scribe, Régulier, Semi-Cursif et Cursif. Les traces de ces « différents styles historiques » sont plus ou moins bien conservées selon les époques et les supports employés alors ; le papier et l'encre résistant mal au temps.

      

     

    Antiquité

     

    Ainsi, bien que l'écriture de ces caractères semble toujours s'être faite d'abord à l'encre, l'époque des inventions remontant à la chine archaïque (pré-impériale) et principalement connues par les gravures de caractères sur carapaces de tortues, c'est le style Oracle, ou les vases rituels de bronze gravé de caractères, c'est le style Bronze.

     

     

    CHINE IMPERIALE

     

    L'époque des grandes innovations englobe les dynasties Qin (-221/-206) et Han (-206/+220). L'époque des premiers empires est surtout connue par les gravures sur stèles, c'est le style Petit Sceau et par quelques soieries. Les styles postérieurs (époque médiévale chinoise) ayant laissés de nombreuses stèles ainsi que de nombreux papiers et soieries témoignant des styles Scribe, Régulier, Semi-Cursif et Cursif). La clarté des styles Scribe puis Régulier, les a destinés aux usages officiels, tandis que les rapides et efficaces styles Semi-Cursif et Cursif étaient employés pour les usages privés ou pour des jeux artistiques. Aussi, à la fin des Han (+220) les styles calligraphiques majeurs étaient déjà établis, sauf le Régulier, plus tardif. La pratique calligraphique se concentre dès lors sur ces styles majeurs, tandis que les artistes se donnaient plus de liberté.

     

    Suit l'époque de la diffusion de ces pratiques d'écritures aux régions limitrophes que représentaient le nord de la Chine, la proto-Corée, les Oasis du Tarim lors des 500 premières années de l'ère chrétienne. Suivirent le Japon médiéval montant, les peuples de Mandchourie, ceux des steppes, ceux du plateau tibétain (vers 640) et ceux du Vietnam qui acquirent un usage au moins temporaire des caractères chinois et de la pratique calligraphique. Les variantes japonaises et coréennes encore vivantes aujourd'hui.

      

      

      

    Pour apprécier les vidéos... cliquer sur le logo central de DEEZER - colonne de gauche - le fond musical du BLOG Sera supprimé... pour toutes les vidéos ...

      

      

    Usages

     

    On peut ensuite distinguer la pratique calligraphique mettant l'accent sur la maitrise, la solidité des traits, l'élégance de l'ensemble avec de grand maitres tel Yan Zhenqing, et l'art calligraphique mettant de plus en plus l'accent sur la création, elle doit surprendre et est souvent le cœur d'un ensemble décoré. La calligraphie est également souvent employée comme accompagnement des peintures chinoises, qui est un autre art séparé.

     

     

     

    INSTRUMENTS DU CALLIGRAPHE

     

    Le papier, l'encre noire, le pinceau calligraphique, et la pierre à encre sont les instrument essentiels pour la pratique de la calligraphie. Ces instrument sont connu sous le nom de Quatre Trésors du Studio ou Quatre trésors du Lettré. Le dessous de table en feutre noir, le presse papier, le porte pinceaux, le sceau et sa pâte à encre, entre autres, accompagnent cette liste d'instruments.

     

      

      

    Papier

     

    En Chine, le Xuanzhi, spécialité de la province de l'Anhui, est le papier favori, fait à partir du tartar wingceltis (Pteroceltis tartarianovii) ainsi qu'avec d'autres matériaux que sont la paille du riz, le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera), le bambou, le chanvre, etc.

      

    Le bâtonnet d'encre

     

    L'encre de chine est faite à partir de suie noire et d'un liant, afin d'être transformée en bâtonnet solide, qui doit être usé sur la pierre à encre légèrement imbibée d'eau. Le bâtonnet, tenu à la verticale, est frotté circulairement jusqu'à obtention de la bonne densité. Les encres liquides prêtes à l'emploi sont déconseillées : elles empêchent le débutant de comprendre la nature de la calligraphie et leurs ingrédients ne sont pas de la qualité nécessaire à la fixation de l'œuvre pendant le marouflage.

      

    La pierre à encre

     

    La pierre à encre est communément faite en une espèce de schiste. De couleur le plus souvent noire, elle sert à la fois de récipient pour l'eau, de râpe pour le bâtonnet d'encre, de surface permettant de lisser et réorganiser les poils du pinceau et finalement de récipient pour l'encre liquide ainsi produite. Il existe un nombre très large de sortes de pierres, certaines peuvent atteindre des prix considérables.

      

    Le pinceau

    Le pinceau chinois est un outil d'écriture très particulier, qui préfigure le stylo : seule sa pointe est utilisée alors que l'arrière de la touffe sert de réservoir. Tous les poils d'animaux sans exception servent ou ont servi à fabriquer cette touffe, dont la flexibilité permet des mouvements extrêmement libres, d'où la richesse calligraphique.

     Pinceaux de calligraphie de différentes tailles

    L'utilisation de pinceaux synthétiques contenant de l'encre permet seulement de pratiquer lorsqu'on est loin de sa table de travail.

     

      

     Cette fois, je vous présente un peu le caractère chinois, on sait que toute langue a d'abord existé oralement, et que  l'écriture est apparu beaucoup plus tard, en chinois, on utilise le "pinyin" pour prononcer les mots, mais  quand on écrit ou lit quelques choses, on emploie les caractères. Chaque  caractere correspond à une syllabe( pinyin), par exemple, 我( je, moi), prononcé "wǒ", vous voyez, il y a le ton, en gégéral, il y a quatre tons, si le ton change, le sens  change aussi, par exemple:

      

    mā(maman)  má(chanvre)  mǎ(cheval)  mà(injurier).               

      

    Au début, l'écriture est sur carapaces de tortue et sur os, on l'appelle" Jia gu wen". Elle date de plus de 3400 ans.    07012610388386.jpg               

      

    Beacoup de caractères ont été creés par les formes d'objets, les caractères qu'on utilisent maintenant sont après une longue  période d'évolution, voici une image qui

      

    vous montre l'evolution de caractère: j018.jpg               

    日(rì)le soleil    月(yuè) la lune    云( yún) le nuage   雨(yǔ) la pluie                  

      

    Essayez de deviner ce que signifie chauque caractère dessous? ^^(vous connaissez déjà, le premier est "le  soleil" et le deuxième est "la lune")

    438587545698.jpg

      

    Sources WIKIPEDIA

    PHOTOS GOOGLE



  • Zhou, bambou, caractère chinois stylisé.

     


    Le bambou : une plante très reconnaissable entre toutes !
    Il est donc normal de lui être quelque peu reconnaissant.

    Le bambou : comment ne pas le reconnaître ?

    Le bambou (Arundinaria bambusa) est une graminée qui possède la particularité de pouvoir dépasser plus de vignt mètres de hauteur et qui atteint parfois la taille exceptionnelle de quarante mètres.
    Mais il peut aussi être cultivé sur la table de votre salon dans ses espèces naines.
    Il pousse à l’état naturel dans les forêts tropicales marécageuses et a été acclimaté dans presque tout l’Extrême-Orient où il se reproduit désormais à l’état sauvage ou en semi-liberté. Le nom de bambou provient du malais " mambu " qui signifie littéralement " bois indispensable ".

    Ce furent les Portugais qui, les premiers, le firent connaître en Europe sous son nom actuel. Ils furent également les premiers à l’acclimater, en 1730, dans les serres royales de Setubal.
    En 1747 Mahé de La Bourdonnais l’implanta à la Martinique d’où il gagna les Antilles puis les Amériques où il prospéra naturellement.
    Bien qu’originaire du sous-continent asiatique, probablement des Iles de la Sonde, il fait désormais partie du paysage de la plupart des pays chauds et humides et est particulièrement présent dans toute l’Asie du sud-est.
    Certaines espèces sont parvenues à s’acclimater dans les régions plus septentrionales, particulièrement au Japon et jusque dans le sud de la France où il existe l’une des plus grandes bambouseraies d’Europe (*).

    Mais, si le bambou demeure très décoratif dans les parcs et jardins il n’en demeure pas moins une espèce d’une importance économique et culturelle essentielle à de nombreuses régions d’Asie où il est omniprésent.

    La Chine du bambou millénaire...

    Depuis des millénaires, les Chinois ont toujours fait preuve d’une grande ignéniosité et ont souvent été imités par leurs proches voisins.
    Les multiples avantages qu’ils pouvaient tirer du bambou ne leur ont pas échappé et celui-ci fait désormais partie de ce qui est réellement devenu indispensable à la vie de centaines de millions d’individus.
    Ce bambou est donc omniprésent sous de multiples aspects à tel point qu’il peut même passer inaperçu tant il fait partie intégrante de la vie de tous les jours...

     

    Le bambou, clé essentielle de l'écriture chinoise

    Cette importance est telle que le caractère bambou (Zhu) (racine 118 du dictionnaire classique) est, dans l’écriture chinoise, l’une des trois principales clés, ou racines, avec les caractères homme (Ren) et arbre (Mu), qui sont à l’origine du plus grand nombre de caractères composés.


    Le caractère Zhou (Chou ou Tcheou) : le bambou



    L’ancien sigillaire, très simple et explicite, représentait deux tiges verticales munies de feuilles tombantes.
    Cela impliquait une première constatation que le bambou n’est jamais seul et symbolisait naturellement une communauté, donc la base de la société et de la culture.
    Il fut donc, après l’os, le premier support de l’écriture antique.

    Le caractère bambou (Zhou) en tant que clé, donc partie constitutive d'un "caractère chinois" ou "sinogramme" se retrouve dans de très nombreux termes mais quelques uns sont significatifs :

    Une maiin tenant une baguette de bambou et donnant une leçon (Yao) à un enfant (Zi) signifie Jiao que l'on traduit généralement par éducation, enseignement, religion.
    Une main tenant un bambou signifie simplement une branche (Zhi)
    Un bambou tenu dans une main signifie pinceau (Bi)
    Deux bambous reliés signifient une tablette pour écrire (Ce) par extension un ouvrage
    Un homme, deux bambous, secoués : plaisanterie, rire, éclater de rire (siao) (rire en se secouant comme des bambous !)
    Deux bambous, réunir : Donner, offrit (Da)

    Et le bambou apparaît également das de nombreuses expressions populaires chinoises
    "Shiru Po Zhu" : briser tout obstacle comme on fend le bambou : victoire éclair, résultat obtenu rapidement
    "Xu Hou Chun Sun" surgir comme pousses de bambous après la pluie. Prolifération soudaine, surgir de
    partout
    "Di Lu La Ju" faire route dans une voiture (caisse ) de bambou : débuts difficile, être pionnier dans un domaine
    "Xiang You Geng Zhu" : avoir une image de bambou (dans la tête) : avoir un bon plan, martingale, coup infaillible.

    Les tablettes de bambou (Zhou Jian ou Tchou Chien) reliées permirent de transmettre l’intégralité des classiques de la Chine. Sans bambou point de Yijign (livre des mutations), de Daodejing (Traité de la Voie et de son Action), de Li Ji (Livre des Rites), de Shi Jign (Livre des Odes), de Shu Jign (Livre des Documents), de Chun Qiu (Annales des Printemps et des Automnes).


    Le Yijing fut gravé sur des tablettes de bambou réunies par des liens.
    Lorsque les liens disparaissent il est très difficile de remplacer les chapitres dans l'ordre !



    Sans bambou ni Laozi (Lao Tseu), Kongzi (Confucius), Mengzi (Mencius), Zhuangzi (Tchouang Tseu) ne nous seraient parvenus, ou auraient pris une toute autre forme dans l’organisation de la pensée.
    Ces tablettes de bambou jouaient, en effet, un rôle essentiel dans la mise en place des paragraphes et des chapitres ceci en fonction de ma manière spécifique dont elles étaient reliées entre-elles.
    Cette " écriture de bambou " est donc à la base de la culture chinoise et de sa transmission.

    Ce même caractère (Zhu) désigne également le premier instrument de musique, une flûte en bambou, qui, suivant la tradition permit à l’Empereur Jaune, Wangdi, de créer la
    " note jaune " qui fut à l’origine de la musique chinoise...



    Zhou, flûte de bambou à 8 trous - détail
    Coll. Georges Charles

     


    Le Zhou, ou flûte de bambou à 8 trous, l'un des instruments anciens de la musique
    classique - Zhou ancien appartenant à Georges Charles.

    Ecriture, histoire, littérature, philosophie, musique demeurent donc intimement liés au bambou qui, dans une certaine mesure, a donc participé au patrimoine universel de l’humanité au travers de l’immense culture chinoise et de son héritage.

    Lorsque le bambou concurrence l’acier...


    Les échafaudages bambous : plus solides que l'acier...et beaucoup plus rentables

    Cette civilisation du bambou ne se limite pas à un support d’écriture.
    En effet, jusqu'à nos jours, il est peu de bâtiments chinois qui n’aient été construits sans le concours de cette fameuse graminée.
    La structure tubulaire des tiges permet, en effet, d’obtenir une résistance exceptionnelle pour un poids somme toute limité.


    Un échafaudage de Hong Kong vu du bas !



    La construction chinoise a su, depuis plusieurs millénaires, profiter de cet avantage en utilisant le bambou tant dans les matériaux de constructions que dans la mise en œuvre de ces matériaux. Ce qui frappe toujours le visiteur étranger en Chine est que d’immenses buildigns puissent encore être construits avec des échafaudages en bambou.
    Que ce soit à Hong Kong, Shenzhen ou Shanghai, mégalopoles ultra-modernes, ces montages extraordinaires dépassent de loin tout ce qu’on peut imaginer dans le domaine de l’ignéniosité et de l’efficacité.


    Un échafaudage bambou de Hong Kong vu de la rue !



    Certains constructeurs, influencés par les méthodes occidentales les plus modernes, ont tenté il y a quelques années de remplacer ces échafaudages ancestraux par des matériaux et des techniques plus performants et moins anachroniques.


    Un échafaudage bambou de Hong Kong vu du haut
    Hôtel President 1974 photo G. Charles


    Cela a immédiatement multiplié le coût de la main d’œuvre par deux ou trois et notablement ralenti les travaux.
    Les concurrents qui avaient conservé leur fameux échafaudages de bambou ont vite profité de l’occasion économique évidente et raflé la plupart des contrats, à tel point que les commanditaires occidentaux, notamment les plus grandes banques et les hôtels internationaux leur ont rapidement confié la construction de leurs immeubles.

    Echafaudage bambou de Hong Kong vu de loin !
    Seules les grues ne sont pas en bambou !

     

    Plus vite construit à moindre prix demeure toujours un argument de poids même vis à vis des technocrates les plus bornés !
    De plus, l’humidité ambiante et la présence tout à fait habituelle des cyclones tropicaux prouva très rapidement que lorsque l’échafaudage de bambou se mettait à tanguer dans tous les sens, l’échafaudage en acier était déjà par terre depuis la veille, provoquant, de plus, des dégâts humains et matériels considérables.
    Bambous et bouts de ficelles valaient donc mieux que ferrailles et poutrelles.
    Cela était dur à admettre mais fut la réalité.
    Depuis, dans toute la Chine du Sud et dans tout le sud-est asiatique les bétonneurs de tous poils se le tiennent pour dit et font désormais la plus totale confiance aux spécialistes de l’échafaudage ancestral.
    Cela ne s’improvise pas et un simple manœuvre de ce type de constructions éphémères se doit de connaître une bonne trentaine de nœuds et ligatures essentielles dont certains ne pourront être défaits qu’avec un coupe-coupe chauffé à rouge.

     

    De la construction ancestrale à la décoration traditionnelle...

    Le bambou en tant qu'objet décoratif mais aussi indispensable à des centaines de milions d'asiatiques

    Mais, en matière de construction le bambou ne sert pas seulement à construire les échafaudages puisqu’il est toujours utilisé en Chine et au Japon en tant que matériau de construction moderne répondant aux normes antisismiques les plus strictes.
    En effet, il entre dans la composition de nombreux matériaux composites destinés aux charpentes, sols, cloisons des bâtiments les plus récents. Il se fait donc moins visible que de par le passé où bon nombre de constructions étaient principalement réalisées en bambou.
    Dans toute la Chine du Sud, en Indochine, en Cochinchine, dans toute la presqu’île malaise, dans le sud de l’Inde et jusqu’en Corée et au Japon il servait à la fois de charpente, de cloison, de couverture et était associé à d’autres matériaux comme le pisé, le torchis, le chaume de blé ou de riz, les palmes...

     

    Au Japon le bambou (Take) était traditionnellement utilisé comme élément principal des toitures des maisons rurales de la région de Musashi dont il demeure la caractéristique. Il était, et demeure, toujours très prisé pour les balustrades et palissades.
    Pendant plusieurs siècles, dans tous ces pays, il servit également pour la plupart des canalisations rurales et urbaines.
    Cet usage particulier est encore très caractéristique de l’approvisionnement en eau de la plupart des temples bouddhistes.
    La majorité des jardins Zen comportent encore ces fameuses canalisations de bambou très décoratives et souvent recherchées pour leur son propice à la méditation...

    Un proverbe Chan, école bouddhiste chinoise qui fut à l’origine du Zen japonais affirme " Il est facile de vivre sans viande mais difficile de se passer du bambou " (Su Dongpo). On dit également " facile à couper, impossible à casser ! ".
    Le bambou, en effet, se coupe et se fend bien et peut produire de multiples objets désignés, en Chine, comme " articles bambous " (Zhu Kung)


    Cage en bambou noir - Shanghaï 1930 - boutique de Wang Zemin
    Coll. Georges Charles



    Ils sont désignés par la formule " Zhu Tou Mu Xie " : sans grande valeur mais indispensables...
    Un inventaire à la Prévert ne suffirait pas à en dresser la liste.


    Boite chinoise en bambou et osier
    Shanghaï 1930 - boutique de Wang Zemin

    Coll. Georges Charles

    Il sert, bien évidemment, de multiples récipients dont le plus connu est le très classique pot à pinceaux en bambou (Bi Tong), l’un des huit trésors des lettrés, artistiquement taillé et sculpté.


    Plumier en bambou 1900 avec sapèques
    Coll. Georges Charles


    Dans les campagnes il est toujours très utilisé, brut, pour contenir les boissons les plus diverses : thé, vin de riz, alcool et sert à la confection artisanale de tonneaux et seaux.
    Taillé en biseau et suspendu il permet de confectionner des multiples supports de rangement dans les cuisines traditionnelles



    Les pots à pinceau en bambou qui servent aussi de mesure et de verres à boire !
    Coll. Georges Charles

     

    Ne parlons pas des étagères à multiples étages et petits meubles les plus variés ainsi que du mobilier, tables, chaises et autres cloisons mobiles caractéristique de toute l’Asie du sud



    Etagère japonaise XVIIIe laque et bambou
    Coll. Georges Charles

     


    Etagère japonaise XVIIIe détail laque avec tiges et feuilles de bambou
    Coll. Georges Charles

     


    Petit guéridon en bambou et rotin
    Coll. Georges Charles

     

    Il est utilisé comme support pour de multiples récipients et boites de laque destinés au transport des aliments et au rangement de menus objets familiers.


    Zhu Tu Mu Xie - littéralement "sans grande valeur mais bien pratiques !"
    de gauche à droire : boite à riz osier et bambou ; tasses à thé en bambou dit pots à pinceau ;
    Bols à riz et à thé (Zhong) en bambou laqué ; bougie dans bambou ; diverses nattes et baguettes ;
    cuillère à riz ; pinceau en bambou pour wok ; boite à encens ; boite thaï à riz ; assiette en agloméré de bambou.
    Coll. Georges Charles

     


    Bambou et riz : diverses nattes dont des nattes à confectionner des rouleaux (sushi...)
    Pinceau de bambou pour le Wok ; cuillère traditionnelle japonaise pour aérer le riz cuit
    Baguettes et piquettes de bambou pour brochettes.
    Coll. Georges Charles

     


    La boite à encens ; détail (la partie centrale contient les pastilles de charbon)
    Coll. Georges Charles

     


    Boite à riz thaï : parfaitement étanche et laquée à l'intérieur elle conserve le riz au sec
    Coll Georges Charles

    Les tiges de bambou servent de carillon sonore aux portes d’entrée, produisant un son harmonieux lorsque le vent les remue.
    Cela éloigne les mauvais esprits et prévient de la venue d’un visiteur éventuel.
    Le bambou détaillé en fines lamelles sert à la confection des fameux rideaux de bambou (Tzu Lien en Chine Noren ou Sudare au Japon) qui, suivant la plus ou moins grande finesse de la taille servent de mobilier (cloisons) ou de support à la peinture ou la calligraphie.


    Encre de chine japonaise sur rideau de bambou (XVIIIe) Sandaro Momochi
    Coll. Georges Charles



    Ces rideaux, ou jalousies, de bambou sont, en outre, à la cuisine, indispensable à la confection de divers rouleaux printaniers ou impériaux et autres sushi.
    Ils constituent le support idéal pour les calendriers traditionnels ou publicitaires...
    Taillé un peu plus épais il se transforme naturellement en baguettes de table ou de cuisine et sert de manche aux pinceaux des calligraphes et des peintres.

    il remplace avantageusement le plastique dans la réalisation de stylo-billes et de feutres à bon marché qui se vendent par centaines de millions sur le continent et font le plaisir des touristes.


    Un pique fleurs original en bambou !
    Coll. Georges Charles

     

    Le bambou a été, en Chine, le précurseur de l'agloméré puisque depuis le XIe siècle des parcelles de bambou collées ensemble permettent, grâce à une laque résineuse, de confectionner des plats, des assiettes, des panneaux décoratifs et des isolants.




    Assiette en agloméré de bambou ; l'ancêtre des aglomérés et des contreplaqués !
    Bougie dans bambou ignifugé par méthode ancestrale.
    Artisanat du Vietnam.
    Coll. Georges Charles

     

    Le bambou a également été la matière première essentielle à la confection du papier, invention chinoise laquelle était indispensable à l’imprimerie inventée en Chine plusieurs siècles avant Gutenberg.
    Les premiers billets de banque émis le furent également en Chine, au huitième siècle, sur du papier issu du bambou !


    L'antique ordinateur chinois en bambou : le boulier chinois ou abaque




    Abaque chinois (détail) bambou noir (cadre et boules) bambou pahthère (tiges)
    Coll. Georges Charles



    Suivant les principes de l'attaque par le feu du stratège Sunzi (Sun Tzu), il suffit de glisser subrepticement des bambous verts dans un feu de camp pour les transformer en "bengalores" qui explosent, projetant des braises qui provoquent un incendie.
    Les premiers explosifs, servant aux feux d’artifice, furent également contenus dans des tubes de bambou.
    Ces mêmes bambous permettaient depuis le IVe siècle avant notre ère de confectionner des roquettes, ancêtres des fusées, utilisées à des fins militaires.
    C'est sur ce modèle antique que le Capitaine le Prieur, après un séjour en Chine pendant la "révolte des Boxeurs" , "inventa" les fusées Le Prieur qui furent utilisées à grande échelle pendant la Grande Guerre, notamment pour attaquer les ballons dirigeables ou captifs.
    Ces "fusées Le Prieur" étaient embarquées sur les aéroplanes d'époque et firentpreuve d'une grande
    efficacité !
    En Chine un pétard, indispensable à toute fête, se dit encore " Bao " (bambou vert), ce qui signifie par extension exploser ou proclamer.
    De nos jours, toujours en Chine, on proclame une loi ou un décret "en la faisant exploser comme un nambou vert" (Bao) !
    Ce qui implique que le secret doit être conservé jusqu'au dernier moment et que la proclamation doit surprendre tout le monde comme le ferait l'explosion d'un pétard !
    Au début du vingtième siècle les officiers occidentaux, Le Prieur en tête, se gaussaient de l'armée chinoise qui ne souhaitant pas utiliser de munitions utilisait le "Bao !" comme substitut à la détonation.
    Le régiment qui avait crié "Bao !" le plus fort remportait la manoeuvre !
    De nos jours le soldat chinois possède encore en dotation un magnifique parapluie en bambou et toile verte et il n'est pas rare que, si il pleut, les régiments entiers défilent parapluie ouvert !

     

    Oui, je sais, ce n'est pas un parapuie militaire mais une ombrelle civile !
    Mais la toge prime sur l'épée y compris en Chine.




    Ombrelle vue de l'intérieur (Nei) on n'en voit pas le sommet (Taiji) mais la
    construction !
    Bambou et papier de soie, comme l'éventail.
    Les lanternes traditionnelles sont fabriquées suivant le même principe.

    On peut ajouter qu’il sert toujours d’oreiller (Zhu Fu Ren) et de repose bras (Jen Zhou ou Tchen Chou) ou d’éventail indispensable à tout lettré.
    Si on passe en revue les objets décoratifs, les mobiles, les jouets, les cerfs-volants, les manches de la plupart des outils et jusqu’aux voiles des jonques on imagine assez mal qu’il puisse un jour être remplacé par un autre matériau offrant un meilleur rapport qualité-prix !

     

    La symbolique du bambou dans l’art d’Extrême-Orient...


    La peinture chinoise classique reconnaît sept catégories de sujets essentiels.


    Les sujets religieux traitant du Bouddhisme et du Taoïsme ;
    les portraits d’individus célèbres ;
    les montagnes et les eaux ;
    les oiseaux et quadrupèdes ;
    les bambous ;
    les objets manufacturés (poteries) et les arbres ;
    les fleurs et les insectes.

    Le bambou, à lui seul représente donc une catégorie à part que de multiples générations d’artistes se sont évertués à traiter de manière académique ou libérale.

    Le bambou possède un symbolisme très complexe !


    Le pousse-pousse et carillon en bambou : pour réveiller le chauffeur !
    Photo G. Charles prise à la Bambouseraie du Mandarin sept 07

     

    Le symbolisme lié au bambou

    Il est tout d’abord synonyme de " provenant des Indes " (Tien Zhu) donc de Bouddhiste et demeure donc très fortement attaché à cette religion puisqu’il est souple et bienveillant.
    Son cœur est " vide " (Muxin ou Mu Shin) et représente donc la modestie...
    Laozi dans le Daodejign (Tao Te Kign de Lao Tseu) n’affirme-t-il pas qu’il convient de " Vider le cœur et de remplir le ventre " ?
    Il n’en fallait pas moins aux anciens sages pour constater que la bambou respectait un principe taoïste.
    De leur coté les Confucianistes remarquent que ses feuilles s’abaissaient avec humilité vers le sol comme pour saluer la terre et que le bambou, bien que pliant devant l’adversité, se redresse toujours.
    Il demeure vert pendant la saison hivernale, signe de pérennité et de constance.
    Le bambou, le pin et le prunier sont donc considérés comme " trois amis au cœur de l’hiver ".
    On reconnaîtra donc un ami fidèle présent pendant les difficultés comme un " bambou en hiver ".

    L’image du bambou entouré de pousses représente, de la même manière, la piété filiale, fondement de la société confucéenne.


    Les pousses de bambou : heureuse descendance !



    Un " rejeton de bambou " désignera donc depuis des millénaires un fils capable de succéder à son père.
    Sa tige, elle même, parsemée de nœuds représente, mot à mot, l’intégrité personnelle. De nombreux peintres chinois virent dans le bambou secoué par le vent le symbole de la résistance à l’envahisseur tantôt Mongol, tantôt Japonais ou Occidental !

    Utilité, modestie, sagesse, courage, amitié, piété filiale, intégrité, résistance à l’oppression ne pouvaient que motiver les artistes les plus renommés et les poètes...


    La palanche de bambou, image de force, d'humilité, d'équilibre, de souplesse
    Elle sert toujours à transporter à dos d'homme, ou de femme, de lourdes charges
    C'est aussi l'arc (Gong) sans la corde : s'entraîner, entretenir (Yin) que l'on retrouve dans le caractère Tao-Yin
    Coll. G. Charles



    De ce fait les " Sept Sages du Bosquet de Bambou " (Zhu Lin Ji Jian ou Chu Lin Chi Chien) furent les chefs de file d’une poésie et d’une littérature non conformiste de tendance taoïste.
    La " poésie de bambou " (Zhu Chi Tzu) désigne donc un style particulier décrivant les mœurs populaires.
    Mais l’artiste chinois ne s’est pas borné à reproduire ou à chanter le bambou, la matière elle-même se prête au travail.

    Des racines de bambou on confectionne des sceaux aussi recherchés que ceux en jade ainsi que des objets décoratifs.


    Un belle racine, pardon rhizome, de bambou : un beau petit dragon noir !
    Photo G. Charles prise à laBambouseraie du Madarin



    Le bambou, lui-même, sert de support à de multiples sculptures.




    Bambou et papier de soie : l'harmonie de l'éventail (Zhou San)
    Coll. G Charles



    L'éventail fermé représentela Terre (carré)
    L'éventail ouvert représente l'Etre humain (triangle)
    L'éventail en mouvement représete le Ciel (cercle)
    Carré, Triangle et Cercle s'unissent au sein du Tao !


    Il est relaté, par exemple, qu’un certain Tchou Hao, surnommé Song Liou " était très versé dans les caractères sigillaires anciens et expert en gravures de sceaux et de sculptures.
    Il parvenait (sur du bambou) à graver sur un espace de moins d’un pouce carré un paysage, des personnages, de grands bâtiments, des oiseaux et des animaux. ".
    Un autre, Tchou Yin " grava l’image d’un Lohan (disciple du Bouddha) avec un rosaire aussi fin que le cil d’un moustique "...
    Les objets précieux gravés par ces artistes, souvent des repose-bras ou des pots à pinceaux, font partie des plus belles pièces de l’art chinois.
    Par ailleurs, une technique spécifique inventée sous l’empereur Kien Long (1736 1796) consiste à utiliser la fine pellicule recouvrant le bambou comme placage sur le bois.
    On nomme cette technique Zhou Wang (Tchou Houang) : bambou jaune ou peau de bambou.
    Elle est caractéristique de certains meubles ou de certains plateaux de cette époque et est souvent confondue, y compris par de nombreux antiquaires, avec de l’écaille de tortue.
    Il est de fait que cet empereur avait une amitié particulière pour cet animal et avait souhaité que l’on puisse trouver une matière capable de remplacer l’écaille très prisée à cette époque et particulièrement par les occidentaux.
    Ce qui fut fait.
    Mais il s’agit plus d’une curiosité sans suite que d’un art à proprement parler.

     


    Plus prosaïque mais bien pratique et légère : la canne de bambou
    Shanghaï 1930 - boutique de Wang Ze Ming
    Coll. G Charles

     

    Et en plus il se mange...


    Le bambou et la cuisine chinoise...japonaise et asiatique

    Les pousses de bambou, pour beaucoup d’occidentaux, demeurent synonyme de cuisine chinoise, donc d’exotisme.


    Les fameuses pousses de bambou viennet d'être récoltées
    Les amateurs éclairés apprécieront celles-ci !

     


    De sympathiques pousses de bambou prètes à la cuisson dans un bouillon de poule noire



    Elles accompagnent donc de nombreux plats dont le porc aux pousses de bambou et aux champignons noirs demeure le chef de file incontesté dans le hit parade de la gastronomie asiatique en Occident !
    Ces pousses de bambou, issues de jeunes bambous, se présentent sous un aspect conique et se commercialisent le plus souvent en conserve ou en saumure.
    Croquantes mais non fibreuses si elles sont de bonne qualité, elles possèdent une petite saveur métallique caractéristique surtout due à la conserve !

    Ces feuilles de bambou vietnamien serviront de papillotte pour faire cuire du poulet dans du lait de coco !
    Photo prise à la Bambouseraie du Mandarin

     

    En Chine et au Vietnam elles se consomment fraîches et sont particulièrement appréciées avec les fameuses abalones qui ne sont autres que des ormeaux.


    Un simple repas mais avec des pousses de bambou fraîches !



    Elles s’utilisent également dans les soupes et servent à confectionner de multiples condiments macérés.
    Ce que l’on sait moins est que les très jeunes pousses de bambou, à peine grosses comme le petit doigt, valent leur poids d’or et sont servies lors des plus grands banquets où la plupart des occidentaux les confondent, d’ailleurs, avec des pousses de soja qui, quant à elles, ne valent pas grand chose.


    Du bambou braisé, des pousses de soja mungo, du boeuf et quelques ciboules
    Ce n'est pas un repas d'empereur mais beaucoup mieux que cela !
    L'Empereur Jianlong (Kien Long) qui se plaignait de manger des plats trop compliqués et froids aurait probablement apprécié.

    Le bambou sert également à confectionner quelques boissons fermentées et des alcools blancs réputés dans certaines régions, notamment dans le Zhe Jiang (Tche Kiang), le Foujian (Fukien) et dans l’île de Hainan.
    Au Vietnam et en Thaïlande certaines feuilles de bambou d’une espèce large servent à confectionner des papillotes de cuisson apportant une saveur très particulière à l’aliment, le plus souvent du riz gluant auquel on mélange de la viande, des légumes hachés et des épices.

     


    Le vinaigre de bambou est un remède très apprécié des Chinois en hiver mais il n'est pas encore arrivé en Occident !
    Et en plus il est délicieux !



    Le bambou est également utilisé à des fins médicales, particulièrement une résine issue de la tige du bambou tabashir femelle qui est un puissant reminéralisant le Dianzhouwang (Tian Tchou Hoang) en chinois, le tabashir en indien aussi connu comme bamboosil.
    On extrait actuellement cette résine du bambou en broyant celui-ci mais traditionnellement, suivant la pharmacopée chinoise classique, il s'agit d'une concrêtion ressemblantà un produit minéral que l'on trouve à l'intérieur de la tige.
    Elle est très utilisée en médecine classique pour chasser le Yang du méridien du coeur et les glaires (Chamfrault Tome III P. 85).
    Donc dans le traitement de nombreuses affections cardiaques.
    Cette utilisation dépasse donc, et de loin la simple indication thérapeutique occidentale de produit reminéralisant vendu, à prix d'or, en gélules.
    L'écorce de la tige agit sur le méridien de l'estomac et peut être utilisée finement broyée comme un exfoliant doux.
    De nombreux produits de beauté traditionnels, en Chine du sud et au Vietnam, utilisent cette poudre pour "rendre la peau douce comme de la soie".
    Les pousses fraîches de bambou (Zhusun ou Tchou Suen en chinois ; Takenoko en japonais ; Bup Mang en vietnamien ; Nomai en Thaï) sont de saveur douce et de nature fraîche et agissent en profondeur sur les méridiens des Poumons et de l'Estomac).




    Des pouses de bambou à la vapeur : une saveur qui peut se suffire à elle-même !
    C'est presque un dessert.

    Le fond d'artichaut peut aller se rhabiller.




    Pousses de bambou et algues : on est au Japon !
    C'est tout de même autre chose que les faux sushi industriels.

     


    Les très indispensables boîtes en bambou pour la cuisson à la vapeur des Dim Sum !
    Comment, pour un Chinois du Sud, s'en passer ?
    Rien ne remplace la saveur inimitable du bambou qui a bien servi.
    Une boite en bambou bien culottée est déjà un trèsor et un secret de cuisine.

     

    Pour en savoir plus

     

    Japanese homes and their surroundigns par Edward S. Morse éditions Tuttle. (1983)
    Réédition d’un grand classique datant de 1887... et qui ne sera jamais surpassé sur ce sujet précis. L’usage, notamment, du bambou dans la construction et l’art populaire japonais.

    Arts de la Chine par R. Soames Jenyns et William Watson Editions Office du Livre.
    L’un des rares ouvrages occidentaux, traduit par Daisy Lion-Goldschmidt, une référence à elle toute-seule, présentant les " arts mineurs " comme les émaux, les laques, les bois... et les bambous.

    Le jardin japonais par Irmtraud Schaarschmidt-Richter Editions Office du livre.
    Kolossal ouvrage sur le fameux jardin japonais... et quelques bambous en situation.
    Le Zen (... et le Shinto... ) matérialisé dans son essence fondamentale.

    Pour en voir beaucoup plus :

    La Bambouseraie Pra-France
    30140 Andiuze
    Tél 04 66 61 70 47

    L’une des plus grandes bambouseraies d’Europe...
    Nombreuses sortes de bambous dans un milieu naturel reconstitué... des bambous nains aux bambous géants de plusieurs dizaines de mètres.
    Artisanat traditionnel à base de bambou en provenance de la bambouseraie et du monde entier... Une réelle curiosité que nous envient les asiatiques et une réussite issue de plusieurs dizaines d’années d’acharnement et de travail quotidien.
    A ne manquer sous aucun prétexte lorsque l’on passe dans la région.

    Nous avons visité et nous vous recommandons

    Les Bambous du Mandarin

    Montauroux (Gorges de la Siagne - limite Var Alper maritimes)

     


    Vous êtes arrivés !

    La bambouseraie dui Mandarin : Cliquer ici

    La bambouseraie, qui fait partie d'un ensemble "Les Jardins du Tchan" a été créée il y a quelques années par Simon Crouzet avec la participation de Olivier Collin.

     


    La bambouseraie du Madarin

    Elle se situe dans la partie médiane des Gordes de la Siagne, à la limite départementale du Var et des Alpes maritimes. Elle est donc facilement accessible à partir de Cannes.

     


    Un jardin Tchan...la version chinoise du Zen japonais

    Les bambous, de nombreuses espèces, permettent la mise en valeur de jardins d'inspiration Tchan (Shan), qui est la version chinoise du Zen, et d'espaces d'inspiration taoïstes.

     


    Un ancien porche dans la bambouseraie

    Il est donc possible, grâce à des sentiers aménagés, de se promener, de méditer, de se reposer dans cette bambouseraie qui se situe à flanc de coteau, au bord de la Siagne, l'une des rivières encore sauvages réputée pour sa faune aquatique et pour sa flore spécifique.

     


    Un petit bambou géant âgé de trois semaines !
    Le bambou peut pousser de 75 cm par jour.
    On peut donc littéralement "entendre pousser le bambou"
    En collant son oreille sur un gros bambou et en le secouant paisiblement on croit entendre la pluie tomber
    On dit alors que le "bambou pleure". Il pleure pour appeler la pluie !
    "Vent dans les bambous" indique que la pluie ne va pas tarder.



    On y découvre, ainsi plusieurs espèces de bambou allant du bambou nain au bambou géant en passant par le bambou noir de l'Hymalaya ou le curieux bambou "néon" (holocrysa) dont les très fines nervures restituet une lumière qui semble provenir du bambou lui-même.


    Le fameux "bambou-néon" (holocrysa) semble presque fluorescent.
    La lumière semble énaner de l'intérieur de la tige, phénomène que l'on retrouve dans certains jades, dans certaines laques, dans certaines perles et dans les eaux du Fleuve Jaune (fleuve aux sables d'or).
    C'est le symbole de la sagesse et d'une "douce lueur provenant de l'intérieur" comme l'évoque le chapitre XV du Daodejing (Tao Te King) avec la notion, toujours mal comprise, de "turbide" (Zhuo) qui s'oppose à limpide (Qing).

     

    Sans oublier des bambous "panthères" qui présentent l'apparence d'un camouflage militaire parfaitement adapté à la jungle, des bambous dont les feuilles sojnt utilisées en Extrême-Orient pour la cuisson des aliments en papillotes, des bambous d'Hiroshima aux feuiles si particulières et uniques de par leur dessins assymétriques.


    Le bambou noir, presque violet, très utilisé en décoration des objets chinois évoque le Shanghai des années 30 !




    Le bambou-panthère camouflé à la Rambo évoque la jungle du Vietnam !

     


    Le paisible bambou de l'Himalaya, par contre, incite à la méditation


    Les magnifiques feuilles, pas une se ressembleà une autre, du bambou d'Hiroshima

     


    Le bambou du Bouddha, une curieuse déformation très esthétique !

     


    Le bambou bicolore est presque un bambou carré !

     


    Une carpe Koï Yin/Yang en bordure d'un bassin
    Les premières représentations symboliques du Taiji représentaient deux poissons enlaçés.

     


    Le bambou est normalement droit (Zheng) : d'ou l'expression Zhou Zheng : droit comme un bambou !
    Mais il peut aussi être courbe ! "La règle est droite, la vie est courbe !" disent les Chinois.
    Et ils ajoutent généralement vis à vis des Occidentaux "Les paroles trop carrées ou pointues blessent les oreilles qui sont rondes, arondissez vos paroles et tout ira déjà mieux !"
    En gros : "ne nous fâchons pas pour si peu !"

     


    De l'eau, du bambou, un bouddha n'est pas l'image de la sérènité ?
    "Une grenouille. Un vieil étang. Plouf ! Quel vacarme !"
    Poème Koan de Basho.



    La visite peut être autonome ou guidée.
    C'est aussi divers instruments de bambous, fontaines vbasculantes, petits ponts, canalisations, mobiliser d'extérieur ainsi qu'un boutique proposant un artisanat de bambou.
    En été les Jardins du Tchan proposent également la possibilité de découvrir les bienfaits du massage chinois (An Mo ou Ngan Mo) ou japonais Shiatsu.

    Il est possible, bien évidemment, d'acheter des plans et de se faire utilement conseiller sur le choix du bambou idéal à votre terrain et à votre environnement.

    http://jardindutchan.free.fr/topic/index.html

    http://jardindutchan.free.fr/bambouseraie/index.html

      

    sources SUPER BLOG - http://www.tao-yin.com/acupuncture/phytotherapie_bambou.html


  •   

      

      

    Au XIXe siècle, cette petite ville devient le plus grand centre bancaire de Chine. Elle ne saura pourtant pas s'adapter à la modernisation économique amorcée en 1860.

     

    Son patrimoine architectural témoigne d'une gloire passée.

     Afficher l'image d'origine

    Longtemps délaissée des circuits touristiques, la ville, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco en 1997, révèle une architecture et un pan de l'histoire chinoise assez peu connue, celle des marchands et banquiers du Shanxi.

     Afficher l'image d'origine

     

     

     

    Du XVe au XIXe siècle, Pingyao est un des pôles du commerce et de la banque. Célèbres sous le nom de Jin shang (marchands du Shanxi), ou encore Shanxi piaohao (banquiers du Shanxi), trois communautés de marchands-banquiers coexistent dans la province, celles de Taigu, du district de Qi et de Pingyao, les plus anciennes.

     

    IMG_2480.jpg

     

    La plus vieille banque de Chine

     

    Si les fortunes les plus spectaculaires se développent au XIXe siècle, la base de ces activités monétaires lucratives est posée dès la dynastie des Ming entre le XVe et le XVIIe siècle.

     

    Le développement du commerce au Shanxi provient d'accords passés entre le gouvernement impérial et des particuliers pour l'approvisionnement des troupes militaires aux frontières septentrionales.

     

     

     

    En effet, peu de temps après la reconquête du territoire sur la dynastie mongole des Yuan, les dirigeants Ming décident d'installer des colonies militaires chargées de défendre le pays contre les incursions des Mongols. Celles-ci s'implantent, entre autres, au Shaanxi (régions de Suide et Yulin) et au Shanxi (régions de Datong et de Taiyuan).

     

    Leur approvisionnement, en grain notamment, coûte fort cher au gouvernement impérial.

     Afficher l'image d'origine

    C'est pourquoi l'Etat s'en remet à des marchands locaux qui reçoivent en échange des licences d'exploitation d'une partie du monopole national sur le sel.

     

     

     

    Après avoir livré grains et autres denrées, ces marchands obtiennent un billet qui leur permet de retirer une certaine quantité de sel des mines se trouvant sur la côte sud-est. Ils peuvent ensuite le revendre dans des marchés officiels avec un bénéfice substantiel.

    Afficher l'image d'origine

     

    Ce système assez simple les transforme rapidement

    en « colonies de marchands » (shangtun), qui pratiquent la mise en culture des terres par des travailleurs à gages afin de produire sur place le grain des garnisons.

     

    La contrepartie de la part de l'Etat est toujours d'octroyer des licences. Ces colonies se mettent petit à petit en place à partir de l'ère Xuande (1426-1435), et sont très rentables pour les marchands.

     

    IMG_3567.jpg

      

    Vers 1450, les colonies militaires sont progressivement abandonnées. Le système du « grain contre sel » devenant l'unique manière d'approvisionner les frontières, les prix ne cessent de grimper.

      

    A la fin du XIVe siècle, la plupart des transactions s'opèrent en nature, et l'essentiel des ressources de l'Etat provient de l'impôt en grain. Dès le début du XVe siècle, l'usage des lingots d'argent commence à s'imposer dans les régions côtières du sud et de l'est du pays. La pression est si forte que l'administration accepte progressivement les paiements en argent pour les tributs des provinces en 1465, pour les impôts des producteurs de sel en 1475 et en échange des corvées des artisans à partir de la fin du XVe siècle.

     

    De la même façon, dans le système d'échange de sel, les transactions ont lieu à partir de 1492, non plus en grain mais en lingots d'argent. A partir de cette période les marchands du Nord commencent à s'installer dans d'autres régions pour y développer d'autres activités commerciales. Ils fondent des comptoirs jusque dans les zones limitrophes de la Chine : c'est ainsi qu'en 1727 ils sont signalés en Mongolie et aux frontières de la Sibérie où les trafics de fourrures et de tapis contre des briques de thé et des soieries sont florissants. La signature du traité sino-russe de 1792, leur ouvre la porte d'un immense territoire à travers la ville de Kratcha, où se concentrent les comptoirs.

     

    Ces activités se développent durant la période féconde et stable des ères Kangxi (1662-1723) et Qianlong (1736-1796) de la dynastie des Qing. A cette époque, les flux financiers augmentent considérablement. Les marchands du Shanxi participent à cette prospérité et à la mise en place progressive d'un marché intérieur et extérieur chinois. Ainsi se répandent des proverbes tels que : « Partout où il y a des moineaux, il y a des marchands du Shanxi. » A la fin du XVIIIe siècle, certains d'entre eux commencent à s'intéresser aux boutiques de change et de crédit. Ce sont les fameuses « banques du Shanxi » qui feront la prospérité de Pingyao. Leur apogée se situe au XIXe siècle. A cette époque, quarante-trois des cinquante et un piaohao (boutique de moyens de paiement) du pays appartiennent à des personnalités originaires du Shanxi et vingt-trois d'entre elles ont leur maison mère à Pingyao.

    IMG_3589.jpg

     

    La plus ancienne - peut-être celle qui inventa le système - est la Rishengchang (Prospérité et Soleil levant), ouverte sans doute entre 1821 et 1838. A l'origine, au milieu du XVIIIe siècle, c'est une maison de commerce spécialisée dans les colorants et les pigments. Son fondateur, un certain Li Zhenghua, installe la maison mère à Pingyao et ouvre des antennes d'abord à Pékin, puis dans certaines provinces du sud du pays. Les risques liés aux transports de fonds entre les localités et les coûts des sociétés de protection des transferts poussent le directeur, Lei Lütai, à mettre en place un système de billets de crédit qui peuvent être honorés dans les différentes succursales de la compagnie. Bientôt, d'autres marchands de Pingyao demandent à bénéficier de ce service, qui devient indépendant de la compagnie de colorants pour devenir la première banque de Chine.

     

    La Rishengchang prospère rapidement. En 1850, il existe dix-huit succursales dans tout le pays et cinq nouvelles sont ouvertes en 1886. La ville de Pékin, à elle seule, en compte quatorze. D'autres marchands du Shanxi suivent ou accompagnent cet exemple. Ils abandonnent leur commerce de soieries ou de thé pour se lancer dans la banque et l'on voit, progressivement, certains se lancer directement, sans l'appui préalable d'un commerce. Avant 1850, dix maisons se partagent l'activité mais leur nombre ne cesse d'augmenter : quatorze en 1861 et jusqu'à trente en 1883. En 1900, on compte des succursales de banques du Shanxi dans près d'une centaine de villes de Chine et de l'étranger : principalement en Corée, au Japon, en Mongolie et jusqu'en Russie.

      

      

     

     

      

      

    Les clients, dans leur majorité, sont des particuliers. Mais les banques du Shanxi travaillent également avec l'Etat chinois. En effet, à partir des années 1860, elles sont chargées de récolter une partie des impôts provinciaux et de les faire parvenir à Pékin. Plusieurs révoltes internes, comme celles des Taiping (1850-1863), rendent en effet la circulation des fonds très dangereuse et aléatoire. En 1861, sur les sept millions de taels attendus, l'Etat n'en reçoit qu'un seul. Il autorise les autorités provinciales à faire appel aux banquiers du Shanxi, dont la réputation de sérieux est déjà bien établie.

      

      

    Entre 1872 et 1893, ils acheminent 30 % de ces impôts au trésor central. Une partie des fonds gouvernementaux est déposée dans les piaohao afin d'être utilisée par les autorités provinciales. Cette proximité avec le pouvoir permet aux banquiers du Shanxi de développer leur activité de banque commerciale à plus grande échelle : prêts aux gouvernements locaux, émissions de billets, financements divers, etc. Il arrive que les piaohao fassent appel aux capitaux dormants d'autres banques pour investir dans de petites activités.

     

    La solidité financière acquise par les marchands du Shanxi depuis les XVe-XVIIe siècles leur permet de se lancer dans cette activité bancaire là où d'autres, à la même époque, auraient sans doute échoué.

     

    L'ancienneté des maisons de commerce et leurs réseaux très solides participent sans doute à cette réussite.

     

    Les activités de billet au porteur ou de lettres de change existaient avant les banques du Shanxi. Utilisés depuis la dynastie des Tang (618-907), des documents gouvernementaux, les feiqian (monnaie volante), permettent de prélever la somme indiquée dans n'importe quel trésor provincial.

      

     

      

      

    Afin de faciliter les échanges, des boutiques de change font leur apparition à Pékin vers la fin du XVIIe siècle. Celles-ci, dans un premier temps, honorent les lettres de crédit puis elles s'adaptent aux différences entre les marchés du nord de la Chine, utilisant de la monnaie de papier, et les provinces de l'Est et du Sud, ne jurant que par les piastres d'argent. Des boutiques de change apparaissent à Shanghai dès les années 1775-1780 et dans les autres provinces à la même période. L'habitude de manipuler de l'argent liquide, de se servir de billets de change et de crédit leur permet de se diversifier assez aisément tout en restant dans une activité connue.

     

     

     

    De très vieux billets de banque chinois

     

    De plus, dès la fin du XVIIe siècle, certains marchands se laissent tenter par des activités d'usure et d'hypothèque à haut rendement financier. En 1664, alors que plus de vingt mille monts-de-piété existent en Chine, près de quatre mille sept cent appartiendraient à des marchands du Shanxi, leur permettant ainsi de disposer de capitaux supplémentaires.

    Le développement des marchés intérieurs et des échanges de marchandises durant la période Qing, l'amélioration des réseaux routiers ainsi que la stabilité nationale participent grandement à l'émergence et au développement des piaohao au milieu du XVIIIe siècle.

     

      

      

    Le monopole de la province du Shanxi et de Pingyao ne se trouve amoindri qu'à la toute fin du XIXe siècle, lorsque certaines boutiques de change du sud de la Chine commencent à ouvrir des succursales hors de leur province : le Zhejiang à partir de l'ère Tongzhi (1862-1875), le Yunnan et le Jiangsu (1883), puis plus tard le Jiangnan. Malgré tout, le Shanxi reste prédominant dans le secteur des transactions financières. Dans les années 1910, quarante-neuf des soixante piaohao appartiennent à ses natifs.

     

    A la fin du XIXe siècle, le marché financier chinois est contrôlé par trois institutions différentes, chacune spécialisée dans un secteur. Les piaohao de Pingyao et du Shanxi contrôlent les transferts de fonds domestiques ; les banques locales ont le monopole des créances du marché intérieur chinois ; les banques étrangères, celui des ports ouverts et concessions et celui du financement de l'import-export.

     

    Progressivement, la situation évolue. En 1897, l'Imperial Bank of China, première banque moderne de Chine, est inaugurée à Shanghai. Sa création est rendue nécessaire par l'évolution des besoins d'investissements industriels que connaît le pays et que les institutionsexistantes ne peuvent satisfaire. En effet, alors que la Chine est confrontée aux crises militaires avec les pays occidentaux, des réflexions au plus haut niveau de l'Etat sont menées pour moderniser l'économie chinoise.

     

    Dès les années 1860, un mouvement appelé Yangwu, ou « mouvement des idées à l'occidentale », est initié par des officiels. Des arsenaux et des chantiers navals sont créés. Dans les années 1870, un nouvel élan est donné à la création d'entreprises par des entrepreneurs privés chinois qui cherchent à investir dans des manufactures, des lignes de chemin de fer, etc. La situation financière de l'Etat central ne permet pas de débloquer des fonds : des crises monétaires (fuites d'argent, choix de l'étalon argent et non or), des crises intérieures et les indemnités pour les deux guerres de l'Opium (1839-1842 et 1858-1860) et autres traités internationaux, rendent impossibles des financements de ce type.

     

    Les piaohao ne répondent pas non plus aux nouveaux besoins de ces entrepreneurs privés. Leur problème tient notamment à leur taille limitée : la plupart appartiennent à un propriétaire unique ou à une association de propriétaires. Leurs capitaux sont limités et dispersés dans les succursales du pays. De plus, basés à Pingyao au Shanxi, les banquiers ne sont pas au contact des centres économiques du Sud et ne sentent pas l'évolution du pays qui entretient des relations avec les compagnies étrangères des ports ouverts. Enfin, ces banques du Shanxi et de Pingyao, peut-être plus conservatrices, n'investissent pas dans les projets industriels.

     

    La banque Rishengchang de Pingyao fait faillite en 1914 après quatre-vingt-dix ans d'existence. Les autres banques de la ville subissent le même sort ou déménagent. Pingyao tombe lentement dans un sommeil profond. La petite cité, difficile d'accès, n'est plus adaptée aux évolutions de l'économie chinoise du XXe siècle. C'est, paradoxalement, ce qui sauve la cité des bouleversements architecturaux modernes et nous permet aujourd'hui de visiter un ensemble resté quasi intact d'entrepôts, de maisons de commerce et de prêt, de banques et de propriétés particulières. Phénomène assez rare pour justifier son classement au Patrimoine mondial de l'Unesco.

     

      

      

    D'après un article de : www.historia.fr

      

      

     


  •   


    Pendant plus de 1 000 ans, les mères chinoises ont enveloppé les pieds de leurs filles de bandages serrés afin de les rendre aussi petits que possible. Cette mode a fait son apparition en Chine en l’an 950 de notre ère.


    pieds bandes Chine



    Prendre son pied


    A l’origine c’était une coutume des courtisanes de la cour impériale qui gagna progressivement toutes les classes sociales. Favorisée par l’éducation chinoise, où la soumission et le conformisme social sont très importants, cette tradition se perpétua de génération en génération.

    pieds bandes Chinois





    Le bonheur est dans le pied

    Les chinois sont alors persuadés que de cette atrophie dépend le prestige de la famille. A leurs yeux, une jeune fille qui n’a pas de petits pieds ne pourra jamais trouver un mari qui fasse honneur à sa famille.
    La taille du pied, avec les petits souliers deviennent un véritable critère de beauté.


    pieds bandes Chinois






    Podophiles chinois


    Le pied en Chine, est la partie du corps la plus sensuelle. Comme peuvent en témoigner les manuels érotiques chinois qui cataloguaient toutes les manières possibles d'utiliser les pieds bandés, considérés comme des zones érogènes. On peut également y voir un moyen de restreindre la liberté des femmes car, devenues adultes, leur démarche ne pouvait être que lente et difficile.

    pieds mutiles Chine





     

    Il est évident que ce n’était pas le pied pour les jeunes filles. Non seulement étaient-elles privées de leur liberté de mouvement, mais elles devaient aussi subir d'atroces douleurs.

    Les édits impériaux de 1902 interdisent la déformation des pieds. C’est alors un grand pas pour la condition des femmes chinoises... Mais, il faudra attendre 1911 et la naissance de la République pour que des mesures efficaces soient prises. Aujourd’hui il est très rares de rencontrer une femmes à petits pieds, ou alors c’est tout à fait naturel.... 

     

      

      

      

    Via Dinosoria






    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires